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HAREM OF CORRUPTION  :: Palais privés :: Les appartements :: Michal Slovan

Chained. Ft Michal

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✥Arrivée dans l'Harem » : 29/10/2018
✥Coup de fouet » : 83

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Re: Chained. Ft Michal
Ven 21 Déc - 11:28


    T'attends la suite, le regard sensiblement habité par une lueur indéfinissable. T'attends une explication, incapable de comprendre la subtilité de sa réponse. ‘y a forcément une suite à sa phrase, que tu te dis, parce qu'elle ne fait aucun sens à tes oreilles. Il va t'apprendre où est la différence entre être pédé et aimer les hommes, c'est sûr, parce qu'y a que lui qui la voit, alors t'attends, silencieux, patient, qu'il te la souligne.

Mais ça vient pas. Il dit rien. Il te laisse en plan avec ça et dans ta tête ça fait comme s'il avait voulu t'enfoncer une brique en mousse. Encore une fois, Melvin Meyer joue avec les mots et ne se donne pas la peine d'acter. Là, il ne se donne même plus la peine de justifier.

Tu fouilles son regard tant qu'il garde les paupières ouvertes, en quête d'un éclaircissement plus sensé que ce que tu es capable d'interpréter tout seul — t'as pas l'éducation pour comprendre et te figurer la chose autrement que dans le sens binaire et conventionnel : t'es vieux jeu, plein des clichés et de la discrimination des pays pauvres. La précision des fils colorés dans ses iris te laisse entrevoir qu'il est pourtant très sérieux et que la nuance est importante. Il se fout pas de ta gueule, non. C'est sûr que non. Et ça te rend encore plus con que tu ne l'es d'ordinaire : tu dissones.

Parce que tu vois, là, dans les coutures en léger dégradé de bleu qui serpentent autour de sa pupille, que c'est vrai. Tu le sens dans ses cheveux et sur la dureté de tes ongles collés à son cuir chevelu. Il a la tête chaude, bouillante, et tu captes qu'y a un véritable secret caché dans sa boîte crânienne et l'assurance d'avoir raison. Il te le dira pas et cette certitude t'impressionne — tu veux pas savoir, en fait ; tu veux plus savoir : tu te dégoûtes par petits bouts ; tu crains soudainement d'être un de ces hommes, dans les yeux d'un autre homme, possiblement plus importants que n'importe quoi d'autre. Ça te rasseoit dans ton estime personnelle et ce culte du corps qui t'habite. T'as moins la volonté de faire le beau, d'un coup — tu te sens devenir le chasseur avec lequel la proie joue et tu refuses, catégoriquement, qu'il perçoive ton trouble.

Doucement, tu desserres les doigts, de la méfiance toute fébrile te collant à la peau. Si tu bouges trop, tu te sens partir loin. Tu t'épargnes, alors, et te rends un peu de souplesse pour te stabiliser. Tu le vois qui ferme les yeux, fatigué, épuisé, las peut-être. T'aimes et t'aimes pas cet abandon qu'il montre.

Tu te mets à rire. T'éclates spontanément. C'est net, franc et grandiloquent sur ton visage et dans l'air. Le silence vibre avec ta voix. T'as la face qui s'éclaire d'une joie frivole, sincère et authentique — non, non, tu le libèreras pas, bon ou mauvais sang.

« C'est pour ça ! Que tu t'exclames, frappé par une révélation qui te fait magnifiquement briller les pupilles. Le vert et le gris scintillent de facétie et tes lèvres s'étirent d'affection.
T'as bloqué sur moi ! T'as tellement bloqué sur moi ! » T'écarquilles les yeux, les pupilles dilatées de liesse. Tu peux pas être plus ivre d'enthousiasme. Tu retires ta main et la juche sur son épaule, pressant salement les doigts avec sentiment et complicité mal mesurés entre ses os. Tu lui broies le cartilage.

HAHAHAHAHA ! HA HAHAHAHA ! HAHAHA HA — tu ris et expires en même temps, puéril comme un enfant de huit ans qui se moque des gens amoureux.

« À la seconde où je suis entré dans votre ferme, t'as flashé sur moi ? C'est ça ? J'ai trouvé ? J'ai trouvé ! C'est pour ça ? C'est pour çaaaa… ! »

Ta seconde main lui prend l'autre épaule et tu le secoues, le regard fin et cauteleux louvoyant sur ses paupières. Tu le secoues, taquin, et en l'agitant comme pour le réveiller ou lui rendre de l'énergie, tes pieds croisés tapent dans son ventre.

« Putain ! T'es complètement fêlé comme type ! Tu m'as suivi jusqu'ici ? Comme ça ? Parce que je t'ai fait bander méchant et que je t'ai offert un pass ? Tu m'as pris au sérieux et tu te fais passer pour Melvin ! OH MOJ BOŽE ! TO JE TO ! »

Tu hausses la voix et t'immobilises, le regard noyé dans le sien. Tes doigts s'envolent et tu frappes dans tes mains, joignant les paumes en étendant le dos, le nez droit, et t'appuies la tranche de tes doigts sur le coeur de tes lèvres.

T'as tout compris.
Tout.

‘y a pas d'autres vérités pour toi et ça se voit dans tes yeux. T'as pas besoin qu'elle soit très intelligente, la réalité. Tu veux juste qu'elle soit, et celle-ci est plus vraie que de ne pas être pédé et d'aimer les hommes. T'ouvres la bouche, une fossette délictueuse te trouant la joue et le bord des lèvres comme les babines d'un chat gourmand. Tu t'enfonces les dents dans la pulpe des index et te réserves une seconde de malice silencieuse.

« ... Tu me veux pour maître ? Ton regard luit, rusé, malin comme un diable sournois qui se sait démasqué et qui ne craint pourtant rien. Tu redescends les mains et l'ombre de tes cils obscurcit la clarté de tes iris. T'es hautain ; ton ton change : t'es sexuel — pas sensuel : sexuel.
Tu veux que je te prenne ici ? »



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
✥Coup de fouet » : 88

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Re: Chained. Ft Michal
Sam 22 Déc - 4:39


Chained.



Ce mec, c'est un taré.
Y a rien qui l'fait changer de cap. Et Melvin, il adore ça. D'un coup, chacun de ses cris l'achèvent de coups de massue partout sur son corps. Ce n'est pas la tonalité qui l'inquiète, c'est ce qu'il pense, et c'est la manière qu'il a de l'exprimer. Pour toucher Melvin, il faut soit utiliser la violence et la méchanceté, soit la vérité. C'est une âme morte, Melvin. Genre.. comment dire. Il y a tellement d'âmes mortes sur cette terre, mais Melvin, il est vraiment mort. C'est comme si.. rien, absolument rien, ne lui faisait vraiment peur. La peur, elle naît de la terreur que l'on a de la mort. Si on a peur, c'est qu'on a peur de la douleur. Ou qu'on a peur de mourir. Voilà son raisonnement. Il a peur de mourir. Mais il a encore plus peur de vivre.

La liberté, elle se trouve juste derrière les barrières de la peur.

Ses yeux flamboyants et clairs se posent sur Michal. Il encaisse sans broncher, il accepte, absolument tout. C'est devenu plus facile d'un coup. On sait pas pourquoi, mais Melvin est revenu. Il va rien dire, il va tout comprendre, tout acquiescer. Il va l'écouter, simplement. Comme d'habitude. Puis ensuite, il posera ses conclusions. Il va pas chercher loin, ça sert à rien. Ceux qui parlent trop, c'est ceux qui ont le plus l'habitude de parler avec les murs. Michal est fort pour ça. Parler parler parler, toujours. Parler. Et le visage de Melvin, au contact de ses mains, et de ses mots aussi, le suit du regard à chaque fois et ne dit absolument rien.

Il va sagement attendre que l'autre bouffon ait fini de déblatérer ses conneries. Il a toute la nuit, toute la journée même. Ça y a pas de problème, il a du temps. Puis d'ailleurs, Michal a pas l'air d'avoir besoin qu'on lui réponde, il se répond à lui même. Il a l'air d'avoir des réponses plus pertinentes que n'importe quelles autres. Pendant qu'il parle, le jeune homme déglutit avec plus d'entrain - le regarde avec plus de considération dans les yeux : Il est là, et il le sait. Il a plus l'air paumé, juste attentif. C'est probablement ce qui rend les hommes fous : l'ignorance. Il ne l'ignore pas, mais il ne lui répond pas non plus. Il est baisé ce mec, putain.

Il n'est toujours pas Melvin.
Michal a raison, le gosse va lui montrer qui est Melvin.

Ça a déjà commencé. La partie est lancée, le dé rebondit sur le plateau. Les cartes face contre la table. La fumée des clopes pour l'ambiance - le rhum a côté, l'argent qu'est compté. Son monde est un casino géant, et tous n'en sortent pas gagnants.
.... Mais les gagnants dans l'histoire.... Sont-ils ceux qui partent, ou ceux qui restent ? Là est toute la contradiction. Un homme peut il être heureux de se complaire et de se noyer dans les Ténèbres d'un autre, ou est-il simplement trop aveuglé pour réagir autrement ?
Avec Melvin, on pourrait tout faire. Il exhibe fièrement sa gueule d'ange, tout fier, il le regarde sans même sourire.


Mais là. Mais là.
Chopé par le cou sans même que Michal ne l'touche.
Ses yeux sont comme ceux d'un chiot docile et excité qui s'apprête à recevoir sa bouffe. Sa respiration s'accélère, sans qu'il ne sache pourquoi. Tu veux que j'te prenne ici? Ces mots, ils rythment son coeur. Qu'importe le sens de sa question, ça l'fait vibrer. Ça l'tiraille de l'intérieur, ça lui noue les entrailles - en bien, en mal, entre les deux. Y a sa langue qui s'assèche, son corps qui frisonne. Ce sont pas de bons frissons. Clairement, ça lui fait peur. Il a l'impression que la douleur arrive, alors qu'elle est pas encore là. Il a pigé les deux sens. Mais il en retient qu'un seul, et bizarrement, c'est pas celui qu'on peut penser.

Ici, chez lui.
Avec lui.
Toujours avec lui.

Un maître, enfin. Un toit. Même s'il aurait préféré rester libre. Lui, et juste Michal.
Il va pas s'mentir. Michal lui fait de l'effet. Seulement, Melvin se connaît assez bien pour savoir que si son cerveau n'a justement pas retenu le second sens de sa question, c'est parce que ce n'est pas ce qu'il souhaite actuellement. Du moins... pas maintenant. Là, il veut juste boire. Manger. Avoir les mains libérés. Dormir. Putain, dormir. Dans une énorme couette, et un énorme coussin. Dans sa tête, c'est une apocalypse silencieuse. Ses neurones s'entrechoquent, ses cheveux s'hérissent de peur sur sa nuque. Il a les yeux qui piquent, les muscles qui se crispent et lui font mal. Tout son corps est terriblement fatigué.

- Oui. Prenez moi. S'il vous plaît.

D'un calme déconcertant, d'un ton morne et sans vie, cependant ponctué d'un brin de reconnaissance, il lui répond. Il n'essaye même plus de se libérer, il attend la suite. Elle sera violente, c'est certain. Manque plus que le contrat et la plume: puis le pacte est signé et officiel. Mais ces deux gars là, z'ont pas l'air d'faire des affaires comme ça. Hm, non non. Pathétique. Donner sa parole, c'est prendre le risque de tuer son honneur deux fois. La première, d'abord en la donnant et en s'engageant à se vouer à quelqu'un d'autre. La seconde, en s'engageant à la perdre. Quoi d'plus prenant ? Melvin est prêt à pactiser avec le diable, s'il sait que ça peut être captivant. Dans une vie comme la sienne, alors qu'il n'attend plus rien que ce que sa propre existence lui a déjà donné, la mort n'est que la dernière étape de son parcours. La douleur est un passage. Elle passe. Quoi qu'il arrive. Elle passe mais ne disparaît pas.

Il sait, que ça va faire mal. Parfois, il ne pourra pas lutter contre, et il se laissera aller, dieu seul sait de quelle manière. D'autres fois, il faudra qu'il la gère. Pour l'instant, un peu de calme. Il ferme les yeux, très calmement, le silence de la pièce revenu, lui faisant extrèmement de bien. Cette fois, il n'a pas envie de le rompre, il a juste envie d'en profiter. Il n'a plus l'envie de le provoquer, ni même d'aller plus loin, trop loin: la bosse dans son caleçon diminue lentement de volume. Maintenant quoi qu'il se passe, il ne fera rien d'autre que l'écouter, du moins pour aujourd'hui. Disons que so euphorie est terminée pour la journée.

Il est tout à lui.

- Je vous écoute.

Il ne lui a pas donné d'ordres, du moins, pas vraiment. Non, juste.. il l'écoute. Il est prêt à obtempérer. Prêt à l'écouter.

Prêt à obéir.
Prêt à se 'soumettre'. Pas mentalement, mais un peu, juste un peu.

Stockholm.

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✥Arrivée dans l'Harem » : 29/10/2018
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Re: Chained. Ft Michal
Dim 23 Déc - 12:57


    Oui. Prenez moi. S'il-vous-plaît. Oui. S'il-vous-plaît. Prenez moi. Ton hilarité se calme au son de ces mots. Ils te viennent d'une façon agréable et te lèchent l'oreille avec délice. Comme des notes tout droit sorties de la flûte d'un charmeur de serpent, ils s'immiscent dans ta tête, effleurent plus que ta conscience et te font danser l'égo. Ta virilité se flatte, amoureuse, et pantèle en réponse. Il pouvait pas mieux parler. Quelque part, il t'apprivoise et te sort de ton panier en osier : envoûté, ton gros Moi se régale ; séduits, tes yeux se délectent. Tu lui as déjà pris bien plus que ce qu'il peut t'autoriser à déguster modestement et ce en ne faisant rien. T'en es sûr. Plus que d'en être sûr, tu le vois sur son visage et dans la subtilité de ses expressions qui changent grandement. Il est tout à toi. Il t'est entièrement disposé. Pire : il t'écoute et, parce qu'il ferme une nouvelle fois les yeux, parce que tu as senti le frissonnement de sa peau et la manière qu'il a de se détendre sous ta paume, la grandeur de cette vérité t'étire et t'allonge les nerfs. T'es parcouru d'un courant électrique initié par l'abandon de ses sens entre tes mains.

Il t'écoute de tout son corps et plus profondément encore. Il t'écoute de tout son être, que tu te figures, le feu de ton euphorie campant tes yeux. T'aimerais le brûler vif et te fasciner de voir qu'il est immunisé à tes ravages, ou tout le contraire.

Tu aimes qu'il ne te regarde plus et tu aimes la souplesse du grain de sa peau sous tes doigts. Tu le préfères comme ça : dévoué, sans savoir trop à quoi ; fidèle prêt à tout donner en échange d’un rayon de soleil, même timide. Tant pis si ça n'est que la poussière de sa chambre close qui brille : il te veut, toi et tes attentions, peu importe dans quel sens, du moment qu'il peut t'interpréter dans tout ce qui l'entoure et dans tout ce qu'il ne contrôle pas.

Il ne contrôle rien du tout. Toi, tu contrôles tout. Mais en fixant ses paupières sagement vissées l'une à l'autre, tu réalises combien il serait bon d'ouvrir les étaux et les carcans et de vous noyer ensemble dans ce qu'il y a de plus grand — ta verge te tire et s'étire en même temps que tu décroises les chevilles et que, le retenant dans tes mains, les remontant avec chaleur le long des angles de son cou, te laissant glisser à terre, effleurant dans le mouvement son menton, sa gorge et son torse de ton entrejambe, tu considères toutes les possibilités qui se présentent désormais à toi avec un imbécile pareil à tes pieds.

Tu hais les homosexuels et tu as énormément de choses à faire regretter aux hommes obnubilés par le trou du cul des autres. C'est la première fois, ici, qu'un de ces obsédés rongés par une faim vénérienne avide vient se perdre de lui-même dans tes rets. Quel plaisir.

Il t'appartient déjà et il ne le sait pas. Tu l'as déjà pris et il y a consenti depuis le début. De quoi est-ce qu'il a conscience et qu'est-ce qu'il sait déjà de toi sont des questions que tu ne cherches plus à résoudre : la sobriété et la prudence meurent ce jour, réduites en lambeaux entre tes mains qui cajolent et enserrent affectueusement le cadre de son visage. Il est laid — c'est un homme, tu ne peux pas le trouver beau — et il est beau — c'est une victime qui capitule, à genoux entre celui qui l'accuse d'être coupable et sa tombe.

Grand, le retenant contre ton bas ventre ardent, les muscles enflés, tu t'enorgueillis de sa résignation et de sa soumission. Il y a des mots magiques qui marchent sur toi comme des sortilèges, qui te magnifient la peau et t'abâtardissent l'âme. Tu t'aimes trop pour résister à la suprématie qu'il te propose de prendre, quand bien même elle serait fallacieuse. Tu te complais quelques secondes dans la scène et, aussi longtemps qu'il garde les yeux fermés, tu te projettes dans son esprit, prêt à en dérégler la coordination, prêt à en corrompre la morale et à en souiller l'âme. T'es prêt à lui faire regretter son entreprise.

Tu entrouvres les lèvres, un abominable sourire peint en coin, tous les vices s'étoilant dans tes pupilles. Tu chasses religieusement la fatigue qui ronge ses pommettes.

Et tu exiges :

« Supplie-moi de le faire. »



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
✥Coup de fouet » : 88

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Re: Chained. Ft Michal
Lun 24 Déc - 19:33


Chained.



Supplie moi de le faire.

Les paupières de Melvin se rouvrent, et dans un mouvement répétitif, tente de se fermer sans y parvenir - se baissant et se remontant lentement en léchant la courbe de ses yeux. Il a conscience de chaque partie de son corps, il les sent toutes quand elles sont en action. C'est probablement dû à la douleur, et à chacun de ses muscles endoloris, chacune de ses blessures qui ont fini d'enfler et qui durcissent sous sa peau. Les mots de Michal sont une torture bien pire que les autres.
Supplier quelqu'un ? Non, ça, jamais. Bien sûr que non.
C'est mort, c'est archi mort.
La supplication, c'est quand on a plus rien à perdre d'autre que la vie, et que cette dernière n'est justement plus entre nos mains. Melvin considère la situation: elle est pathétique. Il ne connait ce mec que depuis quelques heures - et par le plus grand des hasards, il se trouve que c'est précisément ce mec qui, on ne sait pas trop comment, réussit maintenant à avoir une certaine emprise sur lui. C'est sérieux, là?

Est-ce que c'est vraiment sérieux ?

Et lui, comme un con, comme une feuille, qui se laisse porter par le vent. Il décide de lui obéir. Michal a l'air conquit, si bien qu'il se dit que se foutre de sa gueule risquerait de le mettre dans une colère qu'il n'a absolument pas envie d'affronter. Il a pas envie de l'énerver. MAIS BORDEL DE DIEU, le SUPPLIER ? Pourquoi faire ? Le tortionnaire croit-il simplement que quelqu'un comme Melvin, sait supplier ? Melvin ne supplie pas, et même que les supplications ne doivent probablement pas exister quand elles n'ont pas lieu d'être. Il réfléchit à cette question: Et pourquoi ne pas continuer à jouer, un peu ? Pourquoi diable Michal veut-il tout entasser d'un coup dans la même heure ? Melvin le regarde et essaye de décrypter un tel empressement.

Il doit être honnête. C'est clair que Michal n'aime pas les mensonges, et pourtant, il est un mensonge en lui même. Quelques mèches rebelles retombent devant les yeux de Melvin, qui en respirant par le nez, a l'air plus éteint. Sa respiration est presque inexistante. Il réfléchit et se questionne en regardant Michal, sur les véritables bonnes raisons qui peuvent le pousser à faire ça.

Il est beau, ok.
Il le .. désire ? Ouais. Ok.
Il est flippant, ok.
Il l'a attaché et frappé ? Aussi.
Il peut lui faire plus encore? Bien sûr que oui.
Et y a pleins d'autres merdes. Vraiment. Qui sont confirmées.

Mais s'il avait vraiment voulu le tuer, ou même lui faire plus de mal qu'il ne le pense, ne l'aurait-il pas déjà fais ? C'est comme avouer un meurtre qu'on a pas commis. Melvin ne se voit pas supplier alors qu'il ne le peut pas. Alors va falloir trouver un compromis. Un truc qui assure à Michal, autant qu'à lui, que ça peut bien se passer. Il a pas l'air très papier et crayon ce mec, tout est dans la pratique et l'action. C'est peut être ça le problème. Parce que Melvin est nul part. Alors autant être honnête.

- Je peux pas. J'suis désolé mais c'est contre moi.

C'est certain que ça ne passera pas. Les tigres ne pactisent pas avec les loups. Il prie pour que Michal ne s'énerve pas. C'est déjà assez compliqué. Pour favoriser le dialogue et l'inciter à réagir de la même manière, il ne voit pas d'autres manières.. quoi que, fuck.. entrer dans son jeu, ou juste obéir.. mais, c'est fatiguant.. Le cerveau de Mel a pas la force, c'est juste lui, lui et sa "fierté" de merde.
Il est pas seul dans ce cas, et c'est censé le rassurer. Mais rien. Rien.
Devant lui, il a juste Michal et sa gueule de con.

- Mais j'vais vous obéir. M'obligez pas à vous supplier...
monsieur. S'il vous plaît.


Pour une fois, ses dernières paroles tintèrent comme une supplication. Pour supplier quelqu'un, faut en avoir plus rien à foutre. Mais là, il a juste besoin, tout tout au fond de lui, de se sentir un minimum bien. Son corps est épuisé. Son esprit encore plus - de se retourner, encore et encore, de se torturer tout seul. Il ne peut plus pleurer. Il ne peut plus craindre, et fuir. Michal est la seule personne, actuellement, qui lui confirme. Pourquoi, réagit-il donc comme ça, devant lui ?

A t-il seulement peur, de tomber avant l'heure ?
Il n'a pas .. peur.. de tomber, non. Ouvrir les yeux chaque matin, c'est déjà un coup de matraque. C'est ça qui l'assassine.


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Re: Chained. Ft Michal
Mer 26 Déc - 10:46


    Tu retiens le temps et chaque seconde de silence qui s'intercale entre ses battements de paupières. Ses cils te chatouillent le bout des pouces et tu te dis, sans jamais cesser de caresser la finesse de la peau creusée sous ses yeux, qu'il réfléchit à la meilleure façon de te satisfaire. Tu es persuadé qu'il va s'y mettre et qu'au fond de lui Melvin Meyer a enfin compris où sont ses intérêts. Obéissance, soumission, respect, fidélité… il pourrait faire un bon esclave si ces voeux se formulent aussi bien dans sa tête que dans la tienne.

Mais tu ne veux pas d'un bon esclave. Et tu ne veux pas d'un mauvais esclave non plus. Tu sais pas bien ce que tu veux, à vrai dire, si ce n'est assouvir tes lubies pulsionnelles et combler tes manies tantôt impulsives, tantôt compulsives, et les idées malades qui en découlent. Si aujourd'hui tu acceptes d'être tendre et de considérer Melvin comme un martyr convenable, demain tu ne verras peut-être plus en lui que la plus médiocre des personnalités. Sans intérêts, sans caractères, il peut être un poids duquel tu ne veux pas t'encombrer, ou un attachant complice avec lequel tu peux explorer tous les crimes et laisser court à bien plus que de fades banalités. Il peut tout devenir, pour toi, tant que tu désires tout faire, autant que ne rien être d'autre qu'une charge dont tu refuseras bien vite la responsabilité. Tu te lasses, te frustres, t'impatientes et tu te réjouis, t'enthousiasmes et te projettes avec un éréthisme et une absurdité sans pareils. Tu es incohérent, paradoxal et déraisonnable : malavisé est celui qui pense pouvoir te deviner et se dépeindre un portrait de toi sans avoir incessamment à retoucher la base.

Il ne peut pas. Il est désolé. C'est contre lui — tu comprends pas, ça dissone encore entre tes oreilles : supplier est la chose la plus naturelle qui soit selon toi. C'est comme pisser, chier, boire et respirer : les animaux réclament pour de la bouffe et l'être humain implore tout au long de sa vie pour entendre et trouver raison. Qu'est-ce qu'il ne peut pas ? En quoi c'est contre lui ?

Tu bronches pas une seule fois. L'incompréhension te glisse dessus et se fixe à l'intérieur de ton crâne, quelque part, et mentalement tu laisses une épingle, une note, pour te rappeler de ça. Tes mains se font plus légères sur sa peau et ton sourire moins net. Qu'est-ce qu'il te déçoit. Qu'est-ce qu'il est bête. Il bute déjà sur les branches qui mènent au parcour et il se paie le luxe de le faire avec une sincérité déconcertante. Il a vraiment pas de race et, une fois encore, tu sais pas dire si Melvin Meyer est un ingénu, un intrépide ou un complet crétin.

Mais mais mais mais... ‘y a trop de mais dans ses phrases et ‘y a trop de contradictions. Tu l'entends très bien, la petite note suppliante qui se glisse sur sa langue et la manière gourde qu'il a de te regarder. Il est harassé, épuisé et toi tu veux déjà plus le lâcher. Il ne dormira pas tant que tu n'auras pas ce que tu veux — il dit qu'il va t'obéir et te demande déjà de faire des efforts ; il dit qu'il peut pas supplier et te demande déjà de le considérer plus que tu ne le souhaites.

Le rond de tes pouces vient s'arrêter pile sous ses paupières inférieures et doucement attoucher l'arête de son nez. Tu te sens terriblement puissant en forçant sur l'angle de ses mâchoires pour lui faire catégoriquement redresser la tête. Tu penches la tienne et tu te vois pesant, homme prééminent sur l'homme, au-dessus de lui. Un sentiment singulier d'invulnérabilité et de virilité exacerbées vient te chercher les entrailles pour fleurir sur tes épaules, ton front et ton torse comme un invraisemblable laurier césarien, inconditionnel et impérieux.

« Tu vas m'obéir ? que tu répètes, la voix précise et sûre d'elle. La question paraît à peine dans ton ton : c'est à la fois une certitude, une affirmation et un ordre, et une mise au défi, une incrédulité et de la suspicion. Il y a un flottement durant lequel tu fouilles scrupuleusement ses yeux. Tu ne retiens que le fait qu'il ne t'obéit pas en refusant de supplier — et l'excuse est trop mauvaise.
Obéis-moi, alors. Supplie. »

Tes mains glissent encore et quittent son visage pour prendre possession de toute sa tête. Tu étends et plaques tes grandes paumes sur ses joues et agrippes de tes doigts ses oreilles. Il a l'air grotesque et pitoyable, la peau écrasée de cette façon entre tes mains lourdes, et fragile autant que plein d'une arrogance que tu t'inventes plus que tu ne la vois. Tu rassembles les phalanges autour le cartilage moue de ses lobes et tu tires, doucement d'abord, pour lui confirmer que la réponse ne te plaît pas, et tu te cambres pour te ramener davantage contre lui. Tu te sens devenir tellement… mauvais.

« Melvin Meyer n'est pas un garçon très timide dans mes souvenirs. Il aime se donner en spectacle et séduire son public. Toi, t'as besoin d'encouragements. Je vais te tenir la main, Aladdin, et tu vas répéter après moi. Tu sussures, la langue comme un serpent cherchant à captiver et engourdir sa proie. Tu te penches encore sur lui et tes os dansent dans ton dos, agitant l'immense tête de loup qui y gronde. Il ne peut pas la voir. Tu lui offres un sourire encourageant.
Répète : Monsieur… Trigger… » Tu attends qu'il s'y mette, et fais une place à sa parole entre chacun de tes mots. À chacun de ces mots, tu hausses magnifiquement les sourcils, pour les appuyer et en soulever la simplicité. Parce que c'est très simple de suivre ta voix lorsqu'elle se fait duveteuse et suave.

« J'implore… »

... votre gentillesse et votre bonté. Je vous supplie, Monsieur, de me prendre auprès de vous et de faire de moi le plus dévoué des esclaves.



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
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Re: Chained. Ft Michal
Ven 28 Déc - 0:59


Chained.



Michal trouvera toujours un moyen.
Il trouvera toujours un moyen de le soumettre ou de l'attraper de sous le tapis, c'est obligé.
Obéis-moi, alors. Supplie.
Ses dents se serrent et grincent. Il le méprise, rien qu'en cet instant, de jouer sur les mots. Il essaye de ne pas trop y penser, et se répète que ce n'est pas parce qu'il supplie verbalement qu'il se plie mentalement aussi. Alors vaut mieux ne pas provoquer le diable. Dans le futur, il est aura toujours le temps de se rattraper. Et si ce n'est pas demain, alors le jour qui va suivre. Rentre dans son jeu, Mel. Donne lui ce qu'il veut. C'est aussi simple que dire bonjour, mais aussi compliqué que dire adieu. Pourtant, le jeune homme décide de lui faire plaisir.

Séduire son public.
Un garçon qui n'est pas timide.


C'est pas faux. C'est même très vrai. Beaucoup, trop vrai.
Oh oui, Mevin Meyer aime se donner en spectacle, et quand on lui pose la question - pourquoi tu fais si rarement la fête ? -, il assume très fièrement que c'est parce que c'est grâce à lui qu'elles s'animent toutes. Michal s'en rendra rapidement compte quand, même dans l'agonie, ou même dans le chaos, il enflammera ses propres ténèbres, et celles de Michal d'une seule lueur. Ce gars, c'est une symphonie. Révoltée et dangereuse, dans laquelle beaucoup ont prit tant de plaisir à se complaire et se noyer dans le passé.

Aujourd'hui, il n'étonnera pas Michal en lui désobéissant. Il va faire mieux. Pour l'instant, il va lui obéir. Secrètement, au fond de son coeur, il prête serment. Au nom de n'importe quel dieu, mais par-dessus tout, à son nom. Si par mégarde, il en vient à se dénigrer, alors il se rappelera. Melvin n'a pas qu'une parole - mais quand c'est le cas, il faut savoir qu'il ne l'oublie jamais. Comme le dragon est attiré par l'or, et est prêt à vivre toute une vie pour protéger son trésor, lui tient sa parole jusqu'à sa mort.

Alors il va lui obéir.

Déterminé, il lui lance, sans même répliquer, le plus grand des défis: vas-y, supporte moi. Transperce moi de toutes tes lames, prend moi de court, et fais moi tien, si seulement cela est possible.

-Monsieur Trigger, je vous implore, votre gentillesse et votre bonté. Je vous supplie, Monsieur, de me prendre auprès de vous et de faire de moi le plus dévoué des esclaves.

Il veut le sentir jouir entre ses mains, l'entendre jouir dans ses oreilles, le voir jouir sur le sol. Il veut que Michal soit étonné, réellemment emmerdé d'avoir son coeur entre ses mains, et son corps à sa merci. S'il refuse de se soumettre, et que ça l'embête, alors il va jouer avec la seconde carte: qu'a t-il à gagner s'il lui obéit, sans se sentir pour autant, épris de Michal? Tout. Sans doute succombera t-il, c'est même une évidence. Cependant, Melvin est plus rusé que lui. Il sait vraiment mentir. Et il sait vraiment ce qu'il veut : une chose que Michal ne peut pas directement lui offrir. Et c'est la seule chose qu'il veut sincèrement, et qu'il assume de désirer plus qu'aucune autre chose.

Même si c'est probablement faux, Melvin a moins à perdre que Michal. Il ne suffit pas simplement de regarder leur classe sociale - mais également d'étudier le personnage. Mel' s'en fout, littéralement. Là il s'en fout moins, parce qu'il y a l'autre enfoiré qui le déstabilise, mais en soit, faut l'voir dans la vie de tous les jours. C'est un phénomène, une armure en glace, une statue de cire. C'est affreusement stressant.

Et maintenant...
V'la que Michal est la première personne qu'il rencontre et qui, seulement quelques heures après, ou plutôt, quelques jours, réussit à vraiment saisir ce qu'il peut bien être. Ce n'est que le revers de la médaille. Il en sait pas plus sur lui et pour le moment, c'est ce qu'il y a de mieux, vraiment.
Le tortionnaire peut bien croire ce qu'il veut, mais il se rendra rapidement compte de l'impact que ça a d'avoir un gosse comme Melvin Meyer dans ses pattes. Il va morfler, il va morfler tellement fort.

- Et maintenant ?

Il espère que Michal passera à la case suivante. Qu'enfin, ils pourront avancer.

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Re: Chained. Ft Michal
Ven 28 Déc - 14:24


    « A AAAAaaaaahm… » T'exultes, la voix haute jetée hors de ta gorge d'une contraction du ventre, et ton geignement de plaisir résonne profondément depuis ton diaphragme. Il part de tes abdominaux qui se relâchent d'un coup et se fait formidable gerbe de jouissance et délectation mélangées. T'as tendu le cou pour l'offrir au vide, le nez redressé pour expirer la plénitude de ton triomphe jusque sur les encoignures du plafond, et t'as fermé les yeux d'allégresse. Tu éjacules en vocalises indécentes et dedans on peut entendre l'orgasme que l'obéissance de Melvin Meyer te provoque dès le dernier mot répété. Quelle mise en scène parfaitement synchronisée...

On pourrait presque chercher les spasmes de tes muscles si tu n'étais pas déjà en train d'exagérer la chose. Les doigts possessivement accrochés à ses oreilles comme aux cordes d'une balançoire, les jambes bien écartées de part et d'autres les siennes, le bassin collé à son cou, il est évident que tu singes la fulmination d'une éjaculation irrépressible, qui te fait un bien absolu et inconstestable, qui libère ton sexe du feu et de l'acide invisibles qui se sont engorgés d'une extrémité à l'autre de ton membre. La pornographie, tu la consommes à outrance, si bien qu'on pourrait se demander où sont les caméras en cet instant de grâce théâtrale et se dégoûter de la disproportion de ta réaction.

« Hahahaha… aaaah… Mmmh… » Tes poumons se gonflent et se dégonflent avec joie et ta langue pointe pour allécher tes lèvres. Tes prises s'adoucissent comme tu redescends de tes cimes imaginaires et rouvres les yeux sur l'esclave qui t'appartient désormais. Pleinement. Totalement : il est à toi et ça ne fait plus aucun doute dans ton esprit qui pétule et pétille ni, du reste, dans ce regard plein d'excentricité passionnée et conquise qui le lèche comme ta langue le bord coupant de tes incisives. Avant de disparaître, purement et simplement. Pour toute dernière affection, t'as déplacé le poids de ton corps sur tes jambes solides et la fermeté de ton membre fébrile s'est peut-être frottée à l'épaisseur de son cou chaud.

Et maintenant ?

« Et maintenant tu m'appartiens.  Tu le flattes, tendrement, d'une petite succession de tapes taquines et mesquines qu'on réserve aux bons garçons qui rapportent la balle.
Tu vois que tu peux le faire. Ça n'était vraiment pas compliqué, hm ? Quel… gentil et adorable garçon tu es… » Tu te plies, reculant les reins, pour amener tes lèvres sur l'arc des siennes. Sensuellement, ta main glisse vers le bas et prend son menton. Tes doigts en caressent la pointe et se referment dessus. Tu l'embrasses, tout en faisant semblant de le faire, le galbe humide de ta bouche s'appuyant dans l'ombre de son nez.

Tu mérites un oscar, rien que pour ça, ou des coups de fouet, pour te faire aussi facilement suppôt du serpent : il n'y a rien de tendre, dans cette attention, si ce n'est la cautèle, et rien d'aimant, si ce n'est le vice qu'elle incite.

« C'est d'accord… que tu murmures, te reculant rien qu'à peine pour pouvoir lui voir les yeux, je te prends et je ferai de toi la plus précieuse des choses. Tes phalanges s'affirment et pivotent sur son menton pour ramener sa bouche plus près de la tienne. Comme ça, tu peux sentir son souffle, ou lui le tiens, et la scène de votre rencontre se répète encore — mais, cette fois-ci, tu te l'appropries et la salis : l'émotion n'est pas la même ; tu le défies et le provoques, avec ses propres armes, et le jeu devient mauvais.

... Tant que tu me supplies de le faire. Tous les jours. Je préfères ce ton là à celui de tafiole excitée que tu as pris. Ça me plaît mieux. Acquiesce. »

Bien. Très bien. Tu l'aimes bien, ce Melvin Meyer. En détaillant l'émotion dans ses yeux, tu te sens avoir de meilleurs sentiments à son égard. Peut-être bien, oui, qu'il peut t'offrir plus que n'importe qui dans le monde, pour peu que tu lui commandes. Cette possibilité te dilate déjà les pupilles : tu peux tout lui commander — tu te redresses, le libérant pour rattacher tes mains au rebord de la table, contre laquelle tu t'appuies sagement. Pendant quelques secondes, tu l'admires autant qu'on admire le médium encore vierge de travail d'une oeuvre d'art. Tu lui offres un sourire calculé pour sous-entendre qu'il a gagné ta confiance et un peu plus que ça.

« T'as de la chance. J'aime assez ta coupe de cheveux, même si elle te donne un air vraiment… tu tends une main et peignes les mèches sur sa tempe, le coin de la bouche retroussé en cherchant le mot, négligé. Coiffe-toi tous les jours, à partir de maintenant. »

La bonne blague : tes cheveux à toi partent dans tous les sens, les boucles électrocutées et sauvages emmêlées n'importe comme dans l'air — faut pas croire : t'as pas oublié qu'il a les mains attachées et que la requête ne fait pour l'instant pas de sens ; pour l'instant, c'est tout à fait normal. T'es fasciné, profondément en toi-même, et tu calcules les prochains coups. T'essaies d'assassiner sa patience et tu sais pas que t'en as bien moins que lui. Tes doigts se prennent d'affection pour le geste, se perdent et se retrouvent distraitement dans sa tignasse sale.

« Je vais te trouver un vrai nom. Aladdin, ça n'est pas très… flatteur. D'autant plus que tu n'es pas un de ces bougnoules bédouins à la queue plus petite que la langue… pas vrai… ? Hm… » Tes doigts s'arrêtent sur son front pour éprouver sa peau. Tu la tires, en arrière, puis tu lui déplaces la tête dans un sens, dans l'autre, l’inspectant et le vérifiant brièvement avec indifférence, comme s'il pouvait posséder quelque part une étiquette pour t'inspirer un nom — mais c'est déjà tout vu.

« ... Melvina. Tu t'appelleras Melvina. Puisque t'es pas vraiment Melvin et que t'es complètement pédé, haha, ça nous fait un bon compromis, pas vrai ? Acquiesce. Et supplie-moi de t'appeler Melvina. »

Tu montres les dents, les doigts s'enroulant à la racine capillaire de son front, pour tirer son visage entre tes jambes, là où il fait le plus chaud, et lui coller le nez sous l'éminence de ton caleçon. Comme ça, tu peux voir ses yeux, ou lui les tiens, noirs, rieurs, et te caresser à son visage sans risquer une bêtise de sa part — tu le fais pas, tu bouges pas : tu ouvres une jambe, t'enfonçant la tranche de la table dans la chair de la cuisse, le sourire perdu dans l'expectative. Ah, il a voulu vérifier. Et il a voulu jouer au plus malin. Il faut qu'il assume. Tes dents sortent, comme tu loves et forces très consciemment ta langue sur les parties tranchantes, encore, et resserres inexorablement ton emprise sur sa tête. T'as la connerie qui te moire les pupilles et avec elle un excès soudain de tension.

Qu'il se noie sous toi ! Qu'il disparaisse et réclame encore ! Qu'il regrette et que ça ne soit jamais suffisant !

« Qu'est-ce que t'attends pour me supplier de te laisser me lécher les boules en guise d'excuses, Melvina ? »



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Sam 29 Déc - 2:15


Chained.



Michal est malsain. Flatteur et malsain.
La tape sur sa joue le fait tréssailler. Il réprime un air de dégoût et ne fait que reculer sa tête avant de se concentrer: à la moindre faute, il peut bien se retrouver avec l'épée de Damoclès qui pointe sa nuque et dieu seul sait quand est-ce que Michal daignera l'ôter de ce poids là. Probablement jamais. C'est là tout le problème avec cet homme. Il peut très bien s'amuser à torturer quelqu'un avec un bout de chiffon, et ça, Melvin fait bien de ne pas le zapper. Il ferme les yeux et savoure le plaisir des lèvres de Michal sous son nez. Un peu et il tourne la tête pour provoquer la rencontre avec les siennes. Il apprécie la poigne sur son menton, et ne se trouve plus le courage de le défier encore une fois. De toute façon, même en ne le défiant pas, il le provoque. C'est tout l'art d'être Melvin Meyer: s'il ne provoque pas les choses, il fabrique leur contraire.

Acquiesce.
Et docilement...

- Oui monsieur.

Il hoche la tête une fois, comme un bon chien dressé. Ce n'est pas facile de se plier quand on a jamais été chien de sa vie. Melvin n'a jamais été l'esclave de personne avant Michal - tout espère à croire qu'il ne le deviendra jamais vraiment - il était et est celui de la vie. Le pire fardeau de la mort, c'est la vie. Et le contraire est-il possible ? Avons nous réellement conscience de notre existence éphemère quand on se concente de survivre pour une fin si médiocre ? Seuls ceux qui ont marché dans la brume opaque, sur les chemins de feu d'un enfer pire que le Tartare, se rappellent.

Il se rappellent qu'il n'y a rien dans la vie de pire que d'avoir l'impression que la mort nous attend sur le seuil de notre porte à chaque fois qu'une emmerde nous tombe dessus. Ils savent, quelle est partout, même cachée et liquide dans le creux d'une petite cuillère, ou celui de notre paume. Tout peut nous tuer, et pourtant, jusqu'à ce que l'heure arrive, rien ne nous touche vraiment.
Pour Melvin, il y a pire que mourir. Vivre.
Non, exister, tout simplement.

Vivre, c'est rare. Quel humain vit vraiment, les ailes déployées et le coeur libre ?

Se coiffer. Il se coiffera. Ce n'est pas compliqué, si ce n'est que ça. Le frôlement de ses doigts sur son front le rend docile. Les yeux levés vers le ciel, il l'observe et l'écoute. Si Michal savait tout ce qu'il peut faire de Melvin, et tout ce que Melvin peut le laisser faire : non pas par volonté, mais par résistance. L'indifférence face à toutes épreuves est redoutable. Elle est le signe d'une profonde blessure que personne n'a guérit, et les effets néfastes du destin. Il y a des entailles qui ne se referment jamais et qui continuent de saigner jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien dans un corps que les organes pourris et les os.

Un jour, une mère a dit que son fils s'appelerait Melvin Meyer.
Et depuis, il s'appelle Melvin Meyer - ou alors Melvin, ou Mel, ou Meyer, tout court.
Aujourd'hui pour un autre, il est Melvina. Et il est Melvina pour un homophobe tout craché, qui caractérise les hommes qui aiment d'autres hommes comme des gamins dont la virilité a été bafouée et salie. Se trimballant en string, avec les ongles roses et la voix perchée. Melvin n'est rien de tout ça, et l'idée que Michal veuille le dénaturer l'emmerde assez beaucoup. Il ne dit rien et encaisse comme à son habitude. Il ne dira pas toujours rien, mais il ne dira pas toujours.

Après tout à ses yeux, Michal a juste vraiment peur. Une peur sombre et discrète qui s'est imprégnée de son coeur et qui l'a noircit. Si ce n'est pas ça, qu'est ce que c'est ? Il existe des hommes réellement méchants et dont l'âme n'a été éraflée qu'une seule fois, et à la naissance.

Bien, Melvina alors.
Ridicule, humiliant, futile et mesquin. Il estime que son visage est assez défoncé pour aujourd'hui, et opine du chef. La suite lui tord les tripes. Il est vil Michal, encore plus que la vipère d'Ève. Il charme et mord à la cheville, et le temps qu'on se baisse pour fumer le serpent, le poison s'est déjà répandu partout dans notre corps. Supplie moi de t'appeler Melvina. Il le prendra à l'envers.

- Je vous en prie, appelez moi Melvina.

Le jeune homme se redresse en mimant l'homme qui va mourir. C'est vrai. On ne supplie que par peur de souffrir ou de mourir. Son honneur et sa fierté sont misées sur le tapis plus qu'autre chose. Il sait que Michal a plus d'un tour dans sa poche pour l'enfoncer plus bas que terre. Il est déjà en train d'étouffer, et c'est ce qui va l'endurcir et lui donner la force de continuer. Non tu ne sais pas ce que ça fait de mourir, Mel. Pour le moment t'étouffes, c'est tout. Qui lui avait dit ça, déjà ?

Son dos se plie alors qu'il esquisse une vive grimace de frustration. Ses poings se serrent - il sent son échine qui grince comme du métal et qui se tord comme une corde. Il l'entend souffrir et crispe la mâchoire sous la pression de sa main. C'est rien, comparé à tout le reste. Tout ça, c'est pas grave. La douleur de sa peau qui se tire, de ses ligaments qui se tendent, est éphémère à côté de la boule d'acier qui compresse son coeur en étant tout écrasée au fond.

- Appelez moi Melvina.. Je vous en - prie.. Appellez moi ainsi...

Il ferme les yeux et imagine une grande étendue verte que nul ne peut traverser en une seule vie. Il s'y rue, la fend en deux, la traverse en courant comme une furie. Il pense a l'air frais claquant contre ses joues, aux rayons du soleil qui caressent sa peau ou la pluie qui la mouille. Il se dit qu'un jour il ira là bas. Et même Michal n'y sera pas aussi beau.
Oui, il ira là bas, il se perdra dans les champs et fuira dans les forêts.

Sous les soubresauts de son coeur, il sort la langue et se la mordille sauvagement. Les boules de Michal n'ont plus l'air si délicieuses d'un coup et avec rage, il tente de se défaire de son emprise. Oh il lui léchera les boules s'il veut, mais seulement si à son tour, il accepte de se prêter à quelques unes de ses demandes.

- J'le ferai, seulement si vous me détachez les mains.

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Re: Chained. Ft Michal
Dim 30 Déc - 15:51


    C'est tout de même plus agréable lorsqu'il écoute sans marchander son obéissance. Melvin te surprend, de part la bonne volonté dont il fait preuve et, durant les quelques secondes qu'il passe à te supplier et à acquiescer, mieux que tu ne pouvais l'attendre, tu rêves, tu t'extasies, tu profites des belles notes de sa bouche.

Tu te vois au vingt-sixième étage d'une tour à Bangkok, assis sur le rebord d'une table comme celle sur laquelle tu te tiens, le soleil en biais de ta carcasse détendue, et entre tes mains cajolantes il y a une Melvina prête à tout pour quelques billets. Ce qu'elle en fera n'a pas la moindre importance tant qu'en y pensant elle te satisfait.

Tu obtiens toujours ce que tu veux. Tout de suite ou plus tard, en totalité ou à moitié, tu obtiens toujours. Si ce n'est pas par la force, c'est par l'épreuve d'endurance : ce matin, dans le soleil levant du désert d'Arabie, quelqu'un vient d'abandonner sa lutte contre le sable pour t'offrir un petit joyau en échange d'un peu d'eau. Melvin Meyer est mort et, sur sa langue, le nom de sa résurrection vibre magnifiquement. Il le prononce bien mieux que toi et ça te met du sang dans l'âme ; ça te fait trembler les chairs et ça réveille un monstre qui n'a soif que de son propre plaisir.

Il te flatte terriblement l'égo, même si tout est feint. Il est un très bon acteur, même s'il oublie vite son texte, son rôle et son costume — c'est pas grave ; plus rien n'est grave : à chaque feuille du scénario qu'il jette, tu lui en donnes une autre, plus claire, mieux écrite. S'il peut paraître qu'il te force à t'adapter, tu consens en fait délibérément à le faire : Melvin est encore un enfant, qui ne comprend pas tout, qui ne devine pas tout, qui oublie vite tout ce qu'il cède de lui-même pour récupérer rien qu'un peu de sa liberté d'expression. Tant qu'elle te plaira, tu la lui concèderas. Mais aussitôt qu'elle gâchera ton film…

« Je t'ai ordonné de supplier, Melvina. T'as tiqué, claquant la langue sur ton palais, et t'as retiré ta main sous son agitation. Tu la gardes haute, calme, et tu restes plein de contenance. Tu souris toujours — il est impossible qu'il te déplaise, on dirait — et le fixes dans une attitude conciliante.
Alors supplie-moi pour que je te détache les mains. Il faut que tu me supplies, sinon je ne t'entends pas, et si je ne t'entends pas, je ne peux pas le faire. »

Il y a trop de douceur et de condescendance dans ta voix : on dirait l'un de ces mauvais professeurs, qui aiment vraiment les enfants et, mieux que les enfants, leur crédulité facilement achetable avec des bonbons ou une bonne fessée. Melvina ne souhaite certainement aucune de ces deux choses, mais tu ne doutes pas d'avoir les moyens de le corrompre à bas coûts lui aussi.

« Lève-toi et recule, que tu ordonnes aussitôt l'orgueil comblé. Elle est si bonne, cette symphonie de s'il-vous-plait et de monsieur que tu penses bien ne pas t'en lasser. T'as la bite dure, sans la moindre honte, et t'es obligé de temporiser de ta main, de faire attention en te levant, pour apaiser son énervement. Il te sucera jamais, mais la possibilité était attrayante.
Tourne toi, face contre le mur. J'ai besoin d'aller chercher quelque chose pour desserrer le lien. Je veux pas que tu bouges, tu m'entends ? Ne bouge pas. »

À peine, tu t'éloignes, contournant la table sans lui faire dos, pour t'assurer son obéissance. Tu ne vas pas le menacer : ton ton laisse entendre l'absolue interdiction et l'importance dont elle relève. Tu recules, prudemment, un sourire aberrant aux lèvres, sans le quitter des yeux. T'aimerais disparaître vraiment, te faire invisible, juste pour voir s'il se discipline aussi facilement que ça.

« Pas bouger, pas bouger ! Je prends la pince… et je retire tes menottes. »

T'exagères. T'exagères tellement. Tu fais même pas la moitié d'une demi-douzaine de pas que tes mots s'accompagnent déjà du glissement d'un tiroir. La commode est dans le salon, à deux ou trois mètres de lui, et tu joues comme s'il allait t'exploser à la figure à chaque foulée.

« C'est bien Melvina. C'est très bien. Tu es… vraiment… parfaite comme ça. On va très bien s'entendre tous les deux… »

Superficiellement, tu fouilles le fond du tiroir avant d’oser te tourner. Tu vois tout de suite la pince et la récupères dans ta main gauche. Tu jettes un coup d'oeil par-dessus ton épaule et refermes prudemment les doigts qu'il te reste sur un autre objet qui n'a que trop peu souvent servi. Te retournant calmement, tu reviens vers lui, la démarche sereine, admirant la qualité et la propreté de ta trouvaille.

« J'ai jamais eu d'esclave avant, ni de fanboy, mais j'ai rien contre les nouvelles expériences — ne bouge pas, reste là, j'ai la pince, tends les bras, s'il-te-plait, je veux pas te faire mal — et toi ? »

Ton ombre se mélange à sienne, comme tu te dresses derrière lui et effleures son avant-bras du fer épais. Tu ne sens même plus sa chaleur ni la fraîcheur du carrelage : tu boues, tu frémis, dedans c'est l'effervescence. T'en peux plus de mijoter et de te laisser cuisiner par cet enculé de giton qui fait trop bien semblant.

Toi, tu veux plus faire semblant.

Alors, tu fais pas semblant de dresser la pince, par exemple, et tu fais pas semblant de l'écraser lourdement au coin de sa tête.

Cette feuille-ci du scénario est la plus claire.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Mer 2 Jan - 1:38


Chained.



On ne joue pas avec le feu. Michal est une flamme ardente qui danse élégamment dans son âtre: c'est la plus belle et la plus brûlante de toute. Et Melvin aime se brûler en la frôlant de trop près. Malheureusement pour lui, il a en face, un adversaire de taille. La pire des vipères, la pire des piqûres. Il va devoir le supplier, dans n'importe quelles circonstances. Il va devoir l'implorer pour aller aux toilettes, ou l'implorer pour lâcher un soupir. C'est trop lui demander, mais encore faut il savoir ce qu'il se passe dans sa tête à ce moment là: il va le faire, assurément. Même qu'il va le faire à chaque fois, sarcastique et fier. Si ce n'est que ça, c'est pas grand chose. Il en faut tellement plus pour faire succomber Meyer.

Il ne le supplie pas, et obtempére immédiatement à son ordre. De nouveau il est debout et sent ses jambes flageolantes qui manquent de peu de ployer sous l'effort. Il fait quelques pas et se présente au mur. Il relève la tête, très sage, et garde le silence tandis qu'il entend son... "maitre" qui s'extasie derrière lui. Ne plus le voir le trouble légèrement, mais il prend également cette minute de répit comme un moyen de s'intérésser à autre chose que sa sale gueule. La pince et les menottes, sa libération et tout l'bazar derrière, c'est trop soudain. Il n'est pas serein mais n'en reste pas moins soulagé de "passer à autre chose". La face plate et lisse sous son nez devient la chose la plus intéressante à ses yeux.

- Je vous implore... de me détacher les mains, monsieur. Monsieur. Trigger., qu'il dit, d'une voix volontairement sensuelle et chantante. Un sourire vient même le trahir. Là, au coin de la lèvre.

Jusqu'au moment où la voix de Michal ne devient plus qu'un sifflement à ses oreilles qui résonne en harmonie avec ses acouphènes. La fatigue, la grosse fatigue. Cette dernière devient pesante et désagréable. Un haut-le-coeur vient secouer son torse tandis qu'il lutte contre sa furieuse envie de vomir en entrouvant les lèvres pour ne plus avoir à affronter l'acidité qui emplit sa bouche. S'il gerbe, va y avoir de la bile partout et rien que de sentir cette merde sur son menton va lui foutre des vertiges. S'il ferme les yeux, il a peur de tomber. Et s'il les garde ouvert, il a peur de sentir sa vue déconner.

Docile, il tend les bras en arrière. Être libre de ses mouvements devient le cadet de ses soucis. Il peut très bien réussir à pioncer debout... comme les chevaux... tant qu'il ferme l'oeil sans devoir combattre une horse de rebellions corporelles intérieures. C'est couru d'avance. Melvin est trop faible physiquement pour pouvoir échapper à tout ça. Sur le mur plat se reflète l'ombre d'un monstre, et il pose ses yeux sur elle. À ce moment là, il comprend: il va en baver, et les muscles de ses bras se détendent, se relâchent, et il attend juste le dernier coup.

Meyer est un radar. Si quelque chose le menace, il le sent. Ça pue comme une bonne vieille pizza au four. Putain elle sent fucking bon cette pizza. Mais là, il veut juste dégueuler et tente d'oublier l'odeur de la bonne pâte et du jambon sur le dessus. Ici, il aura pas de pizza. Et toi? Un très léger rire s'extirpe du fond de son gosier mais ne traverse pas la moitié de sa gorge. Il est crevé ce rire. Crevé, jaune, et amusé. Ses paupières s'affaissent doucement.

- Moi non plus...

C'est tout ce qu'il trouve à dire. Y a rien d'autre à dire. Il a trop parlé. Généralement, il faut traverser l'Atlantique pour l'entendre prononcer un seul mot en dix minutes. Melvin c'est le gars qui parle jamais pour rien, ou jamais pour ne rien dire. S'il parle, c'est qu'il a du vrai à balancer. Et en repensant à ça, il se remet en question. Michal est spécial ouais. Il a un truc qui l'attire, mais il a pas encore ce truc, là, ce putain de truc qui fait qu'il est totalement aveuglé.

- De toute façon...

Et il n'y aura pas de toute façon. Le coup est fort et soudain. La pince s'abat sur son crâne et le lui entaille sauvagement. Le corps n'est pas prêt, l'esprit encore moins. Il papillonne tristement des paupières, et tente dans un dernier effort inconscient, de reculer. Son pied se plie et atterrit juste derrière l'autre dans un mouvement étrange de la cheville. Tout devient plus malsain : plus rien n'est contrôlé, ni la chute lente de son corps qui tombe en arrière, ni les pas à reculons de ses pieds qui cherchent une accroche, une position stable pour rester debout. Puis il se laisse tomber en arrière sans pouvoir rien y faire. Sa respiration sifflante s'accélère, son coeur aussi. Il se rappelle qu'il en a un.

Maintenant il n'y a plus de vertiges, plus de petites étoiles. Tout est clair et limpide, même quand il sent qu'il tombe d'un immeuble de 22 étages. Le carrelage doit être plus confortable que n'importe quel matelas qu'on pourrait lui proposer. Et là, ses paupières ne cherchent plus à se fermer. Il est bien. Il est juste bien. Il n'y a plus de nuages, plus de soleil. Juste la sensation du sang froid qui s'écoule de sous sa tête, qui vide son corps, et celle de chuter dans le vide. Le monde est un tourbillon et il laisse la douleur l'envahir. Il ne lutte plus. Il tombe du ciel, littéralement.

- ... C'pas grave..., lâche t-il dans un souffle.

Non c'est pas grave, Mel.
C'est pas grave tu sais.
C'est pas grave de tomber.




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Re: Chained. Ft Michal
Jeu 3 Jan - 13:51


    Baisser de rideau. Langoureusement, presque, tu le vois s'affaisser sur lui-même, sans tout à fait résister ni totalement se laisser aller, et cette petite force du corps là, qui se retrouve doucement rappelée par l'attraction terrestre, te tire un sourire enchanté. Il n'y aura pas de rappel.

C'est beau, un corps qui se vautre, qui perd conscience de ses forces, qui s'éteint spontanément, comme laissant s'échapper son âme et son intelligence vers le ciel en même temps de rejoindre la terre. T'aimerais que ça t'arrive. T'aimerais parfois qu'elle te prenne, cette désertion fataliste, comme une donation au vide, véritable abnégation du Surmoi, qui ne laisse plus que le Ça dans son alanguissement le plus sincère. Il ne subsiste plus rien que le vaisseau calme, au repos véritable, en attente d'abandonner sa part de l'Atma si elle est pure. Pourquoi tu ne sombres pas, toi ? Pourquoi tu ne dors pas si bien ? Parce qu'elle n'est pas pure, ton âme, et qu'elle ne se réunira jamais avec celle de l'Univers.

Tu le rattrapes, suivant la chute, et fais bonne réception de sa carcasse dans tes bras. Tu plies les genoux, lâchant la pince coupante sur le carrelage en l'étendant devant toi, souple, le calant sur et entre tes cuisses pour le regarder un moment. Il n'a pas l'air plus choqué que ça — non, il est très serein et toi t’es aussi froid que la nuit qui l'emporte : tu presses les doigts dans le moelleux de sa gorge, juste sous sa mâchoire, et comptes les pulsations de son coeur. Ce calme là ne fait pas peur. Il n'est pas angoissant. Il t'évoque la plénitude et, pour la deuxième fois depuis que tu as ce macaque entre les mains, sourd et aveugle, muet et entièrement asservi, tu réalises encore que c'est la meilleure façon que vous avez de vous entendre. La différence avec la première fois que tu l'as assommé ne tient qu'au fait que, aujourd'hui, tu l'as sciemment fait.

Et ça, c'est terrible : parce que tu n'as alors aucune raison de culpabiliser ; parce que tu ne ressens ni colère ni joie, ni peine ni euphorie, parce que tu te vois, et tu te vois bien ; parce que tu te sens, et tu te sens bien, sans le soulagement ou la frustration, sans le bonheur ou la rancoeur. T'es juste là, plein de toi, gavé jusqu'aux oreilles de tes possibilités, sans gêne, sans honte, en possession de tous tes moyens, plus grand que tout, retrouvé et seul avec toi-même. Tu ne joues plus.

Il aurait dû deviner et prévoir. Est-ce qu'il l'a vu venir ? que tu te demandes, remontant les yeux sur les luisances sombres dans ses cheveux, là où la plaie doit être éclose, incertain de la réponse. Tu tiques, chassant la question, te coinçant la chaîne du dernier objet qu'il te reste autour du poignet et, passant les mains sous ses aisselles, tu pousses sur tes pieds et tes jambes pour le relever. Il est lourd, mais pour une fois il te pèse moins sur les nerfs de la tête que sur ceux des épaules. Ta fébrilité devient tout autre chose.

Tu réfléchis plus : t'es mécanique, machine experte qui traîne à terre son fardeau jusqu'en direction des escaliers. Sur le palier, tu t'arrêtes, amorces prudemment le dénivelé, le remontes et le tires contre toi pour t'assurer une prise ferme autour de son buste.

Un âne. C'est un âne, mais tu n'en revêtiras pas la peau. Son odeur te berce le coeur, tu te tâches le menton de son sang sans t'en rendre compte, un gouffre grouillant sous la peau. Il ne faut jamais t'écouter. Il ne faut jamais te plaire. Il ne faut jamais te chercher : on prend le risque de te trouver, de se perdre, de se défigurer, de se faire avaler. On ne meurt pas des morsures franches de tes crocs, Serpent : on se laisse empoisonner par ta langue en devers et on finit asphyxié sous ton ventre.

Combien de fois t’as traîné un corps vide avant ? L'expertise te revient facilement dans les membres alors que ses pieds cognent derrière les tiens lorsque tu dévales les marches. Un nombre incalculable de fois. Tellement, en fait, que t'as pu te permettre d'apprendre à d'autres. T'es sûr que quelque part sur ton territoire, loin d'ici, on fait la même : on tase, on étrangle, on couvre une tête d'une cagoule et on fait disparaître le visage à jamais dans l'obscurité d'un bâtiment confiné.

Il aurait dû savoir et il aurait dû comprendre : chaque fois que tu as ignoré une demande, ça n'était que pour mieux lui demander autre chose ; chaque fois que tu lui as concédé, tu lui as pris autre chose, en plus grande importance. Les mains, c'était trop — tu lui prends un autre membre, si tu lui rends ses mains, et plus qu'il ne pourra jamais se souvenir.



    Il y a d'abord le bruit de ses os lorsque tu l'étends dans la faïence, comme un nouveau né dans un berceau.
Il y a ensuite le bruit de l'eau et l'éclatement des gouttes à ses pieds, la noirceur des salissures dans lesquelles il a trop marché, et la vapeur chaude des jets du sauna qui s'élève.
Il y a la complaisance et le plaisir de découper son caleçon et d'enjamber le rebord de la baignoire pour te baigner et le baigner avec toi.
Il y a le gant que tu passes méticuleusement, le gel qui sent le jasmin et la vanille noire, et le peigne qui ramasse, ordonne la folie de sa tête endormie.
Consciencieusement, tu le laves.
Il y a du sang, des cailloux et de la poussière qui se mélangent à la mousse.

Puis il y a ce masque aux formes bien faites, en latex souple, avec de grands yeux bleus, un nez droit, des oreilles rondes et une bouche immensément ouverte. En le lui mettant, tu lui interdis la vue. Tu lui prends son identité, aussi, en refermant le cadena dans la chaînette tendue sur sa nuque.

On dirait une poupée gonflable géante, prête à avaler le sexe d'un dromadaire, et ça te fait mourir de rire. La petite robe de mousseline, apanage des martyrs féminines, finit ce grotesque personnage qui t'attire beaucoup plus de sympathie — assez pour lui préparer un repas et le ramener au salon ; assez pour l'attacher au pilier de la table avec une chaîne plus longue, assez pour prendre le temps de fabriquer la scène d'un déjeuner qui n'a de normal que le bol et le contenu.

Il va se réveiller, à un moment ? Quand ? Tu l'observes, le regard doux, profitant du calme, la joue appuyée au poing. Tu pioches discrètement une groseille dans son bol et l'éclates sous tes dents, satisfait de toi et de la représentation. Sa tête ira bien, puisque t'es bien dans la tienne — tu regardes tes montres et te lèves, tranquille, pour aller te préparer aussi. Dix heure arrive.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Ven 4 Jan - 12:26


Chained.



Y a quelque chose de lourd qui pèse sur sa tête. Quelque chose de vraiment très lourd, qui doit pas être la. C’est un truc qu’il l’gène.. ouais c’est vraiment dérangeant. C’est l’impression de ne plus ressembler à rien, et d’être victime de son mal être. Un mal être aussi bien visible à l’intérieur qu’à l’extérieur. Y a rien de pire que cette sensation de ne plus avoir de corps. Et pourtant, ça sentait relativement bon. Meyer ouvrit si brusquement les yeux qu’il crut sentir ses cils qui se cognaient contre le masque revêtu. Il bug sévèrement en ne voyant plus rien, absolument rien, et essaye de frotter ses yeux.

Ses mains se cognent contre le masque, et il comprend. Il comprend enfin. Son souffle s’arrête. C’est comme dans les voitures. Il fait noir, c’est renfermé, et il peine à respirer au moment où il tire sur ses chaînes, en se rendant compte qu’il est de nouveau attaché. Ça fait peur, c’est tellement flippant. Il comprend enfin que Michal rigole vraiment vraiment pas et qu’il vient de lui foutre un premier coup de poing. Il sent le tissu de la mousseline sous ses doigt qui l’horripile littéralement, et dont il essaye de s’éloigner alors qu’il en est habillé.

- Non non.. non.. pas ça...

Il peut lui prendre ce qu’il veut, mais pas sa possibilité de respirer. Aveugle, ou muet, il l’est déjà dans un sens puisque même dans les profondeurs du tartare il n’y a personne pour l’écouter crier. Il paye, voilà tout. Ce n’est qu’avant goût.
Michal. Est. Un. Fucking. Taré.
Les larmes ne doivent pas couler, non non surtout pas - Et pourtant, c’est comme quand on passe un gant humide sur notre joue: on ne sent plus que la fraîcheur de l’eau sur nos pommettes. Il aimerait bien ôter ce masque, et se met à tirer dessus, littéralement. Seulement, il est attaché à son cou comme celle d’une barbie au plastique.

Estomaqué, et choqué, étrangement, ultra choqué - Et ici, le mot prend tout son sens et toute son importance, il lâche des hoquets de terreur en se recroquevillant sur sa chaise. Aveugle et à moitié étouffé, il ne peut plus voir Michal - Son Dieu, La gueule à claques, l’homme qui le frappe rien qu’avec son sourire . Il ne le verra pas arriver s’il essaye de le mordre.


Ça va le rendre fou.

- Libérez moi.. j’vous en prie.. non.. je veux pas.. libé-rez.. m-moi...

Ses sanglots secouent le crochet et la chaîne du cadenas qui se met à tinter. Il est prêt à tout faire, là, et c’est bien ce qui lui fait peur. C’est pas l’idée en soit de rien voir qui l’ennui, c’est de ne plus le voir lui , ou encore, de ne plus voir la vipère si elle s’approche de lui. C’est l’idée de perdre peu à peu entièrement le contrôle. De rage, il tire sur ses chaînes et manque de faire tomber le bol.

- Monsieur.. où êtes vous ? Vous êtes encore là ? Je vous vois plus..

Entre deux déglutition, il cherche Michal des mains - Viens, prends moi dans tes bras, juste pour me rassurer, et même si c’est faux, et même si c’est pas vrai . Prends moi que je te serre. Que mes lèvres collent à la commissure des tiennes et que je te dise ces mots tout bas, pour te rappeler qu’il n’y a que moi.
Ces mots, là, que Mel entend parfois dans ses rêves. Entre quelques sanglots, deux supplices, il les lui dira..

Fais c’que tu veux. Mais tu ne me prendras jamais mon âme.

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Re: Chained. Ft Michal
Dim 6 Jan - 15:18


    T'as cette chanson qui te revient souvent dans la tête lorsque t'es de bonne humeur. La première fois que tu l'as entendue, tu crois bien te souvenir que t'étais dans ta Volga V12, véritable bijou que tu possèdes encore aujourd'hui, isolé à l'écart de la route, à quelques kilomètres de Mirišta, garé devant la falaise de la naissance des bouches du Kotor, où le bleu du ciel se mélange au bleu de la mer.

T'avais belle vue sur la Lastavica, inhabitée, et son fort, de la taille de l'île, complètement abandonné dans le soleil paradisiaque et les vagues calmes de l'Adriatique. Entre 42 et 45, il se dit que ce petit oasis de 0,032 kilomètres carrés a servi de camp de concentration aux italiens. Ça n'est pas qu'une rumeur, à vrai dire, et si tu te tenais là le 4 Juin 2006, très exactement dans ton souvenir, ça n'était pas pour fêter l'indépendance toute récente de ton pays, ni pour commencer à pleurer la rupture politique avec la Serbie, qui serait annoncée le lendemain, ni pour fomenter contre ce salop de Marović, ni pour nourrir du reste la curiosité morbide qu'ont les jeunes gens pour les horreurs perpétrées par leurs grands-pères — le tien était prêtre, et s'il te fallait t'horrifier de ses actes, il aurait fallu te rendre à l'église et t'asseoir une nouvelle fois sur les bancs de l'école religieuse, pile où il s'est fait sauter la tête, c'est-à-dire au-dessus de la tâche d'acide qui a grignoté la cervelle explosée de son étudiant préféré.

Ce que tu étais venu faire à Mirišta n'a strictement rien à voir avec tous ces événements, quoique tu les transportes toujours un peu sur toi, en héritage moral ou génétique, ce qui explique certainement une quantité de choses abracadabrantes, comme le fait que tu te sois rendu à Mirišta le 4 Juin 2006, non pas pour baiser ta femme sur la banquette arrière, quoique qu'elle était là, mais pour capter une fréquence radio pas encore passante à Tivat.

Et la première chanson que tu as entendu, en clair, c'est ce tube de 85, que tu n'as jamais pu écouter auparavant pour des raisons évidentes, puisque le groupe était britannique et osait s'appeler Dead or Alive. Ça a été la plus grande révélation de ta vie — après le fait que les femmes peuvent tomber enceintes du jour au lendemain, évidemment, et que les nouveaux nés ressemblent davantage à d'anciens morts, et que la libido de deux parents d'un enfant de trois ans s'éveille bizarrement devant un paysage bucolique — et, de ce fait, le début d'une nouvelle vie.

You Spin Me Round n'est pas ta chanson préférée par hasard et si elle te revient si facilement en tête pendant que tu te coiffes, les doigts et le peigne soigneux dans tes boucles qu'il te faudrait couper, c'est parce qu'elle t'a fait réaliser qu'il était tout à fait possible de s'exhiber avec un style grotesque, qui se fiche complètement des standards, et de s'épanouir dans l'exubérance. Ce que tu fais magnifiquement depuis le 4 Juin 2006, encouragé par l'indépendance du Monténégro, la séparation politique avec la Serbie, ce connard de Marović et ta curiosité tout de même morbide pour les horreurs perpétrées par ton grand-père.

Sifflotant dans ta salle de bain, l'humeur adoucie par la fragrance de jasmin et de vanille noire et la moiteur toute confortable dans laquelle baigne la pièce, tu te prépares, la mine heureuse et guillerette en repensant à la débilité totale du clip et des chanteurs. Lorsque tu sors de là, t'es habillé d'un maillot de sport, dans le dos duquel figure en lettre capitale « LEGION » et d'un sarouel mince, qui te moule les jambes jusqu'à mi-cuisse et s'étoffe étrangement en biais sur ton aine. Jamais, vraiment jamais tu ne te feras l'affront de porter le large — tu ne fais pas de sport pour t'habiller d'un sac, de la même manière que les femmes ne font pas de la chirurgie pour cacher leurs gros nibards sous des vieux pulls informes. Tu fais un détour par ta chambre, pour récupérer ton sac et le remplir d'affaires de rechanges, et chopes ton sherwani par le col avant de te jeter ton keffieh sur l'épaule, nécessaires de sortie, et de remonter au salon, chantant gutturalement les quelques notes méconnaissables de cet air cancéreux. Tout de suite, tu regardes Melvina.

Elle — il — a bougé et tu te retiens de rire, absolument, en revoyant cette tête absurde. Ton sourire s'étire sans que tu ne puisses le maîtriser et, avec lui, la déception de le trouver encore en train de sangloter. S'il aime souffrir et jouer, n'aurait-il pas dû kiffer ta surprise ?

« Tu manges pas ? »

La déception et la surprise s'entendent dans ta voix, plus naturelle que tout à l'heure. T'approchant de la table, tu viens poser ton sac de sport en face de lui pour le détailler. Tu vois qu'il a touché au masque, comme les yeux sont partis de travers et que le nez s'est plissé. Il ne peut pas te voir, c'est certain, mais la prudence te coule dans les membres à chacun de tes gestes. Pour ne pas faire de bruit, pour préserver ta bonne humeur, t'évites les gestes inutiles en nouant ton keffieh à ton cou. C'est plus simple d'être soi-même quand celui en face n'est personne et, aussi étrange que cela puisse paraître, sans avoir les yeux aguicheurs de ce petit bâtard d'italien prêts à te deviner la peau, tu te sens parfaitement refait de toi-même.

Oui. Oui, c'était peut-être ça, le problème : le regard. Son regard, avec toi dedans, comme un reflet faussement embelli par la lumière autour du miroir, qui soulignait trop bien les fissures de ta mascarade. Comment pourrais-tu être qui tu veux si Melvin Meyer, rien qu'en te regardant, t'invite à devenir qui tu es ? S'il ne peut plus te voir, tu ne peux plus te voir, et de ne plus le faire t'ôte de la conscience le seul et unique jugement qui importe pour toi : le tien.

« C'est du fromage blanc, du muesli, des baies rouges et des bananes. C'est difficile d'avoir des groseilles et de la canneberge fraîches, tu pourrais faire un effort. C'est pour te faire plaisir. Tu finis le noeud sur ta nuque en relevant le menton pour entamer d'enfiler ton manteau. Pourquoi tu trouves la scène belle, et pourquoi tu trouves que vous êtes bien assortis, malgré son attitude, tu saurais pas parfaitement le dire. Tu défroisses tranquillement la soie. S'il parle, tu prends soin de l'ignorer, pour le moment.
Si c'est du Nutella que tu préfères, il va falloir faire un trait dessus. Tu veux de l'aide pour attraper la cuillère ? »

Est-ce qu'il est possible de se foutre davantage du malheur de quelqu'un ?
Certainement : t'as la délicatesse de ne pas noter son accablement et de ne pas relever la pitié qu'il fait. T'es pas si méchant et humiliant que ça, en fin de compte. Tu pourrais rire, et le pointer continuellement du doigt, en le forçant, par exemple, à danser et à acter de manière délurée et légère, comme ces imbéciles de britanniques à moitié pédés.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Mar 8 Jan - 2:49


Chained.



Sa voix lui noue les entrailles. Lui chope les organes, et les tord comme le chiffon qui sert de déstresseur quand il se trouve sous notre main et qu'il n'y a que lui pour nous faire croire qu'en essayant d'le casser en deux, on va s'calmer. Il sent le sac qui se pose sur la table, et relève tout bêtement sa tête vers Michal. Il ne peut pas le voir mais il sait, oh dieu de merde, il sait, que Michal est en train d'le dévorer des yeux en jubilant à l'intérieur. Un peu plus et il est certain d'le sentir éjaculer dans son repas tellement cette situation doit lui être plaisante. Alors il se tait. Il se calme. Il connaît les bases de Michal, il sait que la vipère ne lâchera pas sa cheville tant qu'elle n'aura pas aspiré tout l'poison. Ses mains retombent à plat sur l'bois de la table, tremblantes comme si elles venaient de recevoir un coup violent.

Il ferme les yeux. Et il imagine. Il imagine, de nouveau, les champs et les blés. La mousse sur le sol. La rivière entre plusieurs rochers, le chant des oiseaux dans les cimes. Il se calme. Docile, sage, calculateur, rusé. Il se calme. Oppressé, bouffé de l'intérieur, trop, trop trop mal pour oser faire quoi que ce soit d'autre que d'écouter son propre silence. Sa jambe trésaille et tremble toute seule à son tour. Il a mal. Il a tellement mal, pour son égo et son honneur. Et même s'il s'en fiche, ouais, fuck, il y pense parfois. Pour l'instant, ce ne sont que les nuages avant l'orage. Ça va arriver, ça va arriver.

Sois sage, Melvin. Calcule. Respire, et calcule.
Tout ça, c'est rien d'autre que le Karma.
Accepte le, et ça passera plus vite.


Il tend son index et son majeur pour sentir le dos de la petite cuillère, dont la fraîcheur le fait légèrement frissonner. Il la prend, puis déglutit pour s'assurer qu'il a encore de l'air, et qu'il peut encore respirer. Il peut, c'est bon, il peut. La porcelaine, ou l'espèce de matière dure qui encercle son visage et qui l'encastre n'est pas encore arrivé à bout. Il peut encore.. cet filet d'air.. là.. Putain, il est là. C'est bon. Tout va bien petit ange. Garde ton calme, tout ira bien.. - mais s'il parle, et que ça coupe toutes les entrées ? Cette idée le terrifie, plus que le fait de se sentir prisonner d'un mutisme imposée.
Et pourtant, il faut qu'il lui montre.

- Non. Merci, monsieur.

Le chien se couche sagement aux pieds de son maître. Il l'a dit, il l'a pensé: c'est fini pour aujourd'hui. Il ne désobéira plus. Il est sincère, il est fucking sincère. Parce que, le masque, c'est une chose. Qui dit qu'il ne finira pas littéralement, la tête dans le mur ? Les poils de ses bras s'hérissent à cette idée. La robe que Michal lui a enfilé le gratte affreusement et pourtant, au moins il se dit, qu'il est face au soleil, peut être, et que lui ne se moquera pas. Alors il l'imagine, caressant sa peau, comme un beau matin de printemps, ou la mordant, un midi d'été. Il pense.. à ça. L'Italie. Oh mon dieu, l'Italie et la spiaggia. La spiaggia, le sable fin, l'eau qui s'écrase contre les rochers. L'odeur des fleurs, et les fruits dans leurs arbres.

Et il respire.

Nouvelle déglutition. Il pense à la spiaggia. Tout va bien. La peau eraflée de sa plante de pied, sur le sable de soie. Bientôt, il y retournera, et tout ira bien. Le beau diable qui s'est pointé à côté de lui, Michal, devient plus doux, plus calme et plus appréciable dans son imagination. Il doit apprendre à l'apprécier pour... enfin. Qu'importe. Il redresse lentement la tête, faisant cliqueter les chaines de ses menottes, et celle qui se trouve autour de son cou. Il ramène la cuillère près du bol, il essaye de plus penser. Il a comprit que Michal s'apprêtait, et dieu seul sait quand il reviendra.
Lui, l'attendra.
Que peut-il faire d'autre, de toute façon ?

Il ne dormira pas. Pas comme ça. Il aura trop peur de s'étouffer pendant la nuit, si par le plus grand des miracles, il réussit à fermer l'oeil. Et par la vérité de dieu, même s'il.. veut, peut être, quelque part, mourir, dans son subconscient, pas là. Pas maintenant.

- Merci pour le repas, monsieur.

Même au travers du masque, Michal peut entendre les éclats d'une voix qui s'est brisé, et qui n'a pas finit d'exploser en sanglots. Elle est cassée, rouillée, - et douce, purée, si douce. C'est la voix de Melvin, le reflet dans la glace, le murmure de ses prières.
Un jour, il priera pour Michal.


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Re: Chained. Ft Michal
Mer 9 Jan - 15:29


    Tu passes la seconde manche, les yeux rivés sur lui. Il doit entendre que tu te prépares, essayer de deviner ce que tu passes sur tes épaules, chercher avec ses autres sens la position de tes grandes mains sur la matière et de tes longs doigts sur les boutons. Tu prends un certain plaisir à préciser chacun de tes gestes et à ressentir, toi aussi, tous les détails que tes sens peuvent capter.

Que tu es vil. Que tu es malfaisant. Sans plus un sourire, sans plus être pressé de partir, tu lisses les fleurs brodées qui te coulent de l'épaule, comptes chacun de tes boutons en les refermant le long de ta taille, le souvenir de sa main s'animant sur ton torse dans l'autre sens collé à la pulpe de tes doigts. T'as pas oublié, non, et tu t'amuses délicieusement en mettant trop d'attention dans la science du boutonnage. Il ne peut pas te voir — l'affirmation s'imprime dans ta tête en répétition — et ça te donne envie de te rendre désirable. Juste pour le jeu. Juste parce qu'il ne peut pas jouer avec toi. Juste pour l'emmerder profondément et te donner du plaisir. Tu ne serais pas aussi sensuel ni ton regard aussi enflammé si le spectateur avait les moyens de comprendre le spectacle. Melvin Meyer ne comprendra jamais rien : pour lui, il y a un silence pesant, le froissement des tissus et ta respiration discrète quand tu entreprends, avec une concupiscence toute empruntée, de te caresser le bas ventre, le torse et l'épaule, refait de prestige que tu es dans ce costume de prince. Il peut être en train d’imaginer n'importe quoi, se dire un tas de choses à ton propos, prier sa mère et son père de venir le chercher, regretter de t'avoir voulu, jamais il n'empruntera aussi bien ta tête que toi la sienne : t'aimes te faire croire, tout de suite, que derrière son masque de doll il chiale, il tremble, il en peut plus de s'être obsédé par toi. Tu te dis, pour toi-même, qu'il aime ce qu'il se passe et que la pire des choses que tu puisses lui faire c’est qu'il ne se passe rien.

« Il faut que je te regarde manger… ? » que tu demandes, gardant toute intérieure la considération de ses réponses.

C'est marrant comment les « monsieur » lui viennent soudainement plus facilement sur la langue. Les « merci » te font frémir et grossir l'orgueil, si bien que tu te sens obligé d'épousseter plus que ton épaule, ta hanche et ta cuisse aussi. Est-ce que ce ne serait pas mieux que ce soit lui qui le fasse ? Est-ce que tu n'as pas envie, finalement, qu'il te lèche vraiment… ?

Il faut que tu te calmes. Tu t'embrases tout seul en exagérant et, plus vite que tu ne le penses, ton petit jeu de séduction puérile et vaine te piégera toi-même. Tu bouges, soupirant lourdement pour dégager une somme d'exaspération et de frustration mêlées qu'il ne faut pas trop laisser évoluer ensemble. Tu vas à la fenêtre et tires les rideaux opaques qui ne laissent bientôt plus filtrer qu'un trop mince trait de lumière sur le carrelage du séjour. Tu te retournes et l'observes dans le noir, grattant du pouce ton poitrail, pile au niveau de la poche intérieure. Il a mis sa main là et tu te sens traversé par le fantôme de la mélancolie. Il vient, avec son pinceau, sa toile et sa palette, te dépeindre une drôle d'expression dans le gris et le vert des iris. Il faut que tu cilles et détournes les yeux pour balayer l'image et ignorer ce qu'elle évoque. Il faut que tu te grandisses et relèves le menton pour retrouver ta futilité d'acteur. Pendant ces quelques secondes de battement, elle a vacillé et tu t'es senti attiré du mauvais côté de la ligne.

Tu n'as pas de pitié, Junior. Tu n'aimes pas les hommes, encore moins les jeunes hommes. C'est la blague de l'habiller en femme qui te fait vibrer le coeur, c'est tout. C'est la meilleure blague de l'année.

Le pas nonchalant, tu vas piocher tes chaussures que t'entreprends vite de mettre. Plus la peine de jouer aux cons : tu dois partir et, en récupérant ton sac sur la table, t'oublies, volontairement, de lui annoncer ton départ. Tu l'ouvres et en sors l'un de tes téléphones que tu cales à l'horizontale en face du jeune homme. Tu le branches au chargeur et lances l'enregistrement vidéo. T'as tellement pas confiance.

« Tu veux un verre de jus de quelque chose avec tout ça ? ‘y a du pain grillé, aussi. »

Il n'y goûtera pas. Tu te tournes une dernière fois vers lui et viens tirer la chaise. Pour lui faire croire que t'es là, que tu le veilles, et débarrasser le champ de la caméra.

« Buon appetito”, comme on dit chez toi » est la dernière chose que tu dis, révérencieusement, avant de te reculer à pas de loup et de t'évaporer graduellement dans les escaliers.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Ven 11 Jan - 4:07


Chained.



Regarde moi manger Michal.
Bouffe moi des yeux, comme un bon caviar à 500 balles le kilo, s'il faut.
Regarde moi avec le regard que tu souhaites, avec autant de désir que ce que ton coeur te dicte de faire, regarde moi avec amour, haine, ou les deux mélangées, regarde moi comme si tu aimais me regarder, regarde moi de la manière dont tu le souhaite.
Mais regarde moi comme jamais tu ne m'as regardé auparavant.


Il n'y a aucun mot qui sort de la bouche de Melvin. Il n'y a rien à dire, parce que le silence est plus beau encore, en cet instant, que n'importe quelle symphonie de Beethoven. Alors il se tait et le laisse s'aplatir sur la baraque comme une énorme caisse en fer que l'on transfert d'un porte conteneur sur le quai d'un port. Il est lourd, imposé, mais pas si désagréable que ça. La peur et la fatigue semblent avoir irradiées la soif. C'est vrai, depuis des heures et des heures, qui se comptent maintenant en jours, il n'a pas avalé la moindre goutte d'eau, et son corps s'y est tristement habitué. Pourtant, il se meurt à l'intérieur. C'est l'arrêt lent et silencieux d'un appareil, d'un organisme qui s'éteint après un temps trop long pour son usage. Le mécanisme ralentit, les chaines dégraissent, les poulis ralentissent, et le coeur suit le même rythme. C'est triste, c'est tellement triste de finir comme ça.

Et puis c'est encore plus triste de s'imaginer que l'organisme en question s'y attendait: Melvin s'attend à mourir de cette façon, à s'éteindre aussi lentement que le fil d'un cierge qui peut brûler des mois et des mois avant de ne plus éclairer aucune ombre. Tragiquement, il laissera les Ténèbres l'engloutir. Il le sait, parce que c'est déjà ce qui est en train de se passer. Buon appetito. Bon appétit, Melvin. Bouffe bien ta robe qui te gratte, commence par les pans, finit par les froufrous. Bouffe bien la porcelaine de ton masque qui t'arrache la nuque, et croque chaque morceau pour te faire saigner les gencives et te péter les dents. Finis par ce qu'il y a dans ton assiette. Par la vérité de dieu, il serait prêt à avaler n'importe quoi, pourvu qu'on lui retire cet accoutrement. Pourtant, il capitule sur l'instant. Il bafouille, se perd sur l'imprévisibilité du départ de Michal, qui est parti une fois, et lui seul sait quand il reviendra.

- Merci monsieur.

Sans compter que maintenant il se sent observé, pire qu'observé même: capté, enregistré, pris sur le fait sans même rien faire. Il a senti le mouvement de bras du tortionnaire qui s'est penché en posant le téléphone sur la table. Il se rappelle de cette voix, tout à l'intérieur de lui, qui sait ça: "Même les yeux fermés, le cerveau peut capter quand une autre personne vous observe." Il le sait parce qu'il a été tant de fois observé, dans son petit village. Si les gens ne le fixaient pas, c'était les murs, les lampadaires, les arbres même, les balustrades des balcons.
Silencieux, il capte peu à peu la situation. Bientôt, de nouveau, il va se retrouver seul avec sa solitude et ses démons, qui profiteront du fait qu'il est à moitié aveugle pour lui faire la peau par derrière. Sous ce masque il fait déjà assez noir, et la nuit ne tardera pas à arriver à la fin de la journée. Et le pire, c'est que l'homme essaye de lui faire croire qu'il va rester là. Ici. Melvin est pas con, il est vraiment, vraiment pas con. Dans son propre chaos, il finit toujours par retrouver un chemin qui l'emmènera plus loin encore dans le brouillard, mais au moins, même s'il s'arrête, il se remettra tôt ou tard à marcher.

Il l'écoute descendre les escaliers, les dévaler comme s'il s'échappait de son enfer, le laissant en solitaire à travers la fumée d'Hadès et de son Tartare. Il déglutit difficilement, n'osant pas bouger, n'osant même pas respirer. Il a la sensation que le moindre souffle trop bruyant qui viendrait s'écraser contre la porcelaine pourrait réveiller n'importe quoi. N'importe qui. Purée, il est pas du genre à flipper sa race. Mais là, c'est trop. En plus d'être spontané et franc, autant pour ce qu'il est que pour ce qu'il fait, Michal ne réfléchit pas trop.Il paraît même qu'il réfléchit moins encore que Melvin, qui a perdu cette tendance là, et il faut savoir que le coeur de Melvin bat au rythme de toutes les interrogations qu'il a pu se poser dans sa vie, et non pas grâce aux piètres et si peu nombreuses réponses qui ont pu le satisfaire.

Melvin est un être qui n'est pas satisfaisable. Quand il a A, il veut B, quand il a A et B, il veut C, quand il perd B, il veut conserver le A et le C, quand il a le D en plus, il veut retrouver le B, et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de lettre dans l'alphabet. Le silence revient, et il essaye de l'accepter. Michal n'est plus dans l'appartement, il n'y a plus que les fruits, la chaîne qui se cogne contre le rebord de la table, et la porcelaine qui écrase sa tête. Lui et ses démons intérieures. Comment diable peut-il réussir à fermer l'oeil sans avoir peur de s'étouffer dans son sommeil ?
À tâtons, il cherche subitement son verre en se rappelant qu'il a soif. C'est un vrai jeu de passe-passe. La fatigue ralentit ses gestes, il fait de son mieux pour repérer la place de chaque objet. Ne faire, ne serait-ce, qu'effleurer la courbe de la banane et ou les baies dans le bol, lui donne l'eau à la bouche. L'eau à l'esprit aussi visiblement, puisque la banane est trop bien pliée, paraît trop bonne et désirable au toucher que de sales images s'imposent derrière la barrière de ses paupières. Ses pensées divaguent à droite et à gauche en cherchant vainement la vision qui réussira à le calmer et à le rassurer alors qu'il est aveugle de ses propres gestes même avec les yeux grands ouverts.

La banane doit être aussi douce que la verge de Michal.
Aussi épaisse et ferme que l'intérieur de sa cuisse..
Aussi longue que sa langue qui s'amuserait à parcourir toute la longueur de son bras.


De son pouce, et de son ongle, il en gratte distraitement la peau avant de la lâcher sur la table. il entame son repas dans un silence de plomb, avale le fromage blanc, croque les baies qu'il réussit à gober assez facilement. Contre toute attente, il déguste la banane : commence par la devetir de sa robe de gestes fébriles mais très calme, puis la mange toute entière, gros bouts par gros bouts. Le mélange de tous les aliments qui se suivent dans sa bouche sont une explosion de saveur.
Au lit, ce qui est excitant, c'est de se faire prendre en acceptant de perdre le contrôle : le bandeau autour des yeux, qui d'autorité, t'impose l'aveuglement, impose également une distance existante entre le dominant et le dominé. Mais la bouffe c'pas pareil. Là, il a faim, il s'en rend compte au fur et à mesure qu'il commence à entamer son bol de muesli. Il a faim et il mange en face à face avec un bout de porcelaine. Et il s'emmerde.
Il prend son mal en patience, prend du recul, en profite pour se calmer et de détendre. Mais il s'emmerde, très clairement.
Si bien qu'il décide de garder un peu de muesli pour plus tard, et cherche le jus de pomme. Ses mains tâtonnent dans le vide avant de tomber sur le verre. Il est vide. Propre et sec.
La déception lui laisse un goût si amer dans la bouche qu'il se met à paniquer. Jusque là, ça allait. La nourriture, délicieuse, les baies, acides mais rafraichissantes. Mais il a soif, bon dieu de merde. Il a tellement, tellement soif.

Il tire sur ses menottes, en essayant de se relever, et prend également en compte la taille de sa chaîne: il ne peut même pas faire le tour de la pièce. Sa prison s'étend de la colonne, jusqu'à la table, et c'est tout. Pas un centimètre de plus. Niet. Il repose le bout de son cul sur la chaise et souhaite attraper ses cheveux entre ses mains pour les tirer - il n'y a que la porcelaine et son énorme tête qui manque de s'éclater par terre. La boule dans sa gorge grossit : il aimerait pleurer et crier à Michal de revenir. Le désir de geindre, de supplier une goutte, un semblant de gentillesse ou encore un lit de soie matérialise dans son esprit et à ses côtés, la silhouette élancée et fier de Michal. Mais elle n'est pas là. Ce n'est qu'une illusion.
Même lui, est une illusion.



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Re: Chained. Ft Michal
Dim 13 Jan - 15:31


    Lorsque tu reviens, huit heures se sont écoulées. Il t'a fallu huit heures, environ, pour défouler et calmer la bête tordue et tendue qui t'habite la peau. Elle n'est pas docile du tout, cette créature ; ni le fouet ni l'amour, ni la récompense ni la punition ne la font ployer le dos. Elle n'est pas très humaine, quand bien même elle a tes traits ; elle est malsaine et dévergondée, avide et increvable. Si elle te fout la paix trois quarts d'heure, elle revient, plus virulente, pendant cinq demi-heures : elle en veut plus, jamais moins, et t'aliène complètement. Huit heures, c'est le temps qu'il te faut pour t'épuiser et l'épuiser avec toi. Si elle est toujours là, jamais bien loin, elle s'est rétractée dans un coin de ta tête, essaim d'abeilles qui tourbillonne sereinement, obsédé par autre chose que l'ivresse du nectar des fleurs.

T'es exténué lorsque tu reviens. Complètement à l'ouest, t'as le regard éteint et les muscles harassés. T'as trop fait pour ne pas penser à ton retour ; t'as dépensé plus de calories que tu n'en possèdes et tes jambes tremblent, claquées, comme le reste de ton corps, ruiné. T'es encore marqué de coups, fourbu de douleurs, et t'as l'esprit aussi rompu que l'âme brisée.

Fallait pas que tu rentres en étant encore capable de réfléchir ; fallait pas que tu reviennes faire face à ce petit bâtard de Melvin Meyer sans avoir défoncé la gueule à l'appréhension et à l'ombre qu'il soulève dans ta tête. Il est hors de question qu'il t'atteigne, encore, et vienne toucher les petits morceaux branlants de ton personnage — une chose qu'il fait trop bien, sans efforts ; une chose qui excite trop les abeilles et qui les rend particulièrement agressives.

Tu te galtes dans l'escalier, le pied maladroit, l'équilibre précaire, en voulant avaler trop vite les marches. Un grognement sec et des mots inintelligibles remplacent le sifflement guilleret qui annonçait ton retour. Peinant à te relever, tu inspires de douleur, groggy de fatigue. On dirait que t'es saoul, schlass, et de savoir qu'il est que dix-huit heure, qu'il fait encore plein jour dehors, n'aide certainement pas à embellir le tableau. T'es défait, tu pues la sueur, le chlore et le cuir, le parfum de femme et le sperme autant que la cyprine. Tu glousses, en venant t'échouer sur la chaise dans un mouvement trop lent et trop lourd, et en abandonnant tes bras marqués d'encre et de rougeurs, tes quatre-vingt-onze kilos de viande font geindre le verre.

Quelle gueule, quand même. Quelle gueule ça lui fait, ce masque de poupée à l'expression constamment effarée. Il a deux bouches, une immense et une toute fine, et il suffit que tu prennes le temps de regarder comment la plus grande met en valeur la plus petite pour que tous efforts soient réduits à néant. T'as voulu oublier qu'il est là, ce mec, ce pauvre mec, juste là sous le costume grotesque, et il suffit juste de deux secondes à te fixer sur sa bouche pour te faire encore battre le cœur. Tu peux pas deviner l'expression qu'il a, en dessous, et si c'était rassurant, si ça paraissait une bonne idée, maintenant, ça te frustre. Est-ce qu'il dort ? Est-ce qu'il est mort ? Est-ce qu'il fait semblant ? Est-ce qu'il est encore vivant ?

« C'est ta faute, que tu murmures, posant doucement la tête sur le verre froid. Ça fait du bien ; ça fait tellement du bien, la glace, la solidité, le silence et l'obscurité tamisée après la fournaise et la tempête de sable griffant.  
Tu dois être tellement fier de ton petit manège… t'as eu ce que tu veux, pas vrai ? Je t'ai donné ce que tu voulais… »

Tu parles et ta voix est ailleurs, songeuse, à moitié absente. Tu parles pas vraiment, alors : t'extériorises tes pensées telles qu’elles, le regard entre deux expressions de dégoût et de défaite. Ouais, t'as perdu. T'as perdu, parce que les filles que t'es allé voir t'ont pas permis de te libérer comme tu le voulais. Elles avaient pas les yeux assez bleus ; elles avaient pas les cheveux assez courts ni la poitrine assez discrète.

« Je sais pas si je serai un bon maître, tu vois, parce que pour en être un, faudrait déjà que je maîtrise ce qu'il se passe… mais je maîtrise rien, mon pote, je maîtrise tellement… tellement… rien… »

C'est la dépression. Les oasis se sont asséchés, il n'y a plus d'étoiles dans le ciel et le soleil n'a plus le sourire qu'on lui dessine quand on est enfant. T'es dans un low profond et, à l'intérieur de ton thorax, tu sens à peine les battements brutaux qui cognent contre la cage. Faut que tu remettes de l'ordre dans tout ça.

À peine, tu redresses le nez et le regardes. L'attention que tu lui donnes et aussi lourde que la tension derrière tes dents. Connement, instinctivement, tu fixes les grands yeux en silicone.

« J'aime pas les mecs. Je veux que tu le saches et que t'arrêtes de suggérer le contraire. Je te vois faire, je te vois très bien faire, avec tes petites expressions de lécheur en manque. Mais j'aime pas les mecs, d'accord ? C'est des femmes que je veux baiser. Des femmes. F.E.M.M.E. Alors… alors soit tu joues… le jeu selon mes règles, à partir de maintenant, soit tu… Tu vas vraiment passer la pire période de ta vie, parce que j'ai pas fini de te faire regretter le coup du couteau, et tout le reste. D'accord ? »

Ta main se pose brutalement sur la table pour appuyer le point et la barre de cette conclusion — qui n'est pas tout à fait honnête, qui n'est pas exactement franche, qui est, encore, un mensonge, quoique sans doute moins éhonté que les autres.




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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Jeu 17 Jan - 3:23


Chained.



Les bras de Morphée ont fini par emporter le gosse camouflé derrière le masque de porcelaine. Alors que la peur rongeait la profondeur de son coeur et qu'il sentait que celui ci se vidait petit à petit de toute sa force, et de toute ses particules, le rideau s'est baissé. D'abord, ça été lent et douloureux. Lutter contre la fatigue, c'est comme lutter contre une douleur qui est si profondément enfoncée en nous, qu'elle ne fait que devenir poids et lourdeur sur nos épaules. Dormir, quand on est fatigué après une journée de travail, c'est quelque chose de normal, finalement. Certains luttent, d'autres pas. Dormir, après le sport, ou un effort justifié, c'est tout aussi normal.

Mais dormir quand on est constamment épuisé, et que c'est notre âme qui demande un lit et un peu de douceur, ce n'est pas dormir. C'est sombrer. Dormir quand c'est notre esprit qui déraille, et notre coeur qui manque un battement à chaque micro-seconde, ce n'est plus dormir. C'est revivre un petit peu. Ça fait tellement de temps que Melvin n'a pas dormi.
Aujourd'hui non plus, il n'a pas dormi.
Il a sombré.

Sombré dans un semi-sommeil si profond, qu'il en a zappé, la porcelaine et la cage autour de sa tête.
Il a zappé, sans oublié.

Un bruit de fond résonne à travers les limbes de son esprit. Il fait terriblement chaud, et pourtant, son corps est parsemé de frissons glacés et douloureux. Sa peau n'est pas habituée à de telles sensations. Celles qui sont minuscules et qui te font autant de bien que de mal - ou l'un des deux, mais t'es incapable de savoir lequel. Il entend des pas. Un souffle plus ou moins régulier. Puis une voix qui provoque son réveil avec une telle spontanéité que c'est son coeur qui s'affole, perturbé d'avoir été agité et réveillé ainsi. Cette voix, elle est le feu de ses cauchemars.

Il reste parfaitement immobile, non pas par peur de bouger, mais parce que c'est son corps, encore trop épuisé de ces dernières heures, qui refuse tout mouvement. Il est paralysé, plus du tout maître de son cerveau, et encore moins de son âme. Même qu'il l'a sent à peine, et n'est que le spectateur de ce qu'il se passe autour de lui. Sa tête est tournée vers Michal, mais il ne peut pas le voir. Il sait que c'est lui. Il le sait parce qu'il sent son odeur, et que l'odeur de Michal, elle est divine.
Ses mots, il les comprend sans vraiment les entendre. Ce sont ses neurones qui enregistrent tout, et qui n'en perdent pas une miette.
Pourtant, au moment où il va falloir bouger, il ne sait pas ce qu'il se passera. Son corps préferera t-il le confort de sa fatigue à celui de la sécurité?
Parce que si Michal croit qu'il est mort, et même si c'est déjà un peu le cas, il mettra feu à son corps et de la pire des manières qui soient.
Et putain, c'est pas à lui de le tuer.

Et c'est pas le moment. C'pas le moment d'crever.
Même si y a cette petite voix, là, qu'il entend et qui lui dit "Eh Mel, fais pas le con, t'en meurs
d'envie mon gars."
Il prend sur lui, du mieux qu'il peut. Il essaye de se redresser, de se concentrer sur son souffle, sur les échos des battements de son coeur, qu'il entend résonner dans la profondeur et le puit de son gosier. Et l'effort qu'il doit faire pour aligner deux pensées l'une à côté de l'autre est plus fort que celui de se réveiller. Il est pas réveillé là. Même si ses yeux sont grands ouverts, et ne papillonnent pas, il dort. Profondément.

Melvin, repense à cette époque là.

- Tu connais la meilleure façon de vaincre ta peur.

- Oui Paulo.

- Ok petit frère. Alors qu'est ce que c'est?

- De l'affronter.


Un peu encore, et il peut effleurer les cimes des grands sapins qu'il survole dans ses rêves. La mousse humide sur les sols, et la terre boueuse sous ses pas. Il sent l'odeur des pins, et du bois. La fraîcheur de l'eau des rivières sur sa peau déjà morte. Il sent la main, ferme et rassurante de son frère sur son épaule. Les douces effluves de pain cuit dans le four de la boulangerie. Il entend le clocher de l'Eglise, et le naufrage des vagues sur les pierres. Il entend la pomme qui tombe de son arbre, les rires des enfants dans la rue d'à côté. Il sent la morsure du soleil, et la soie du sable fin sur la berge.
Les fruits. L'été. Les oiseaux, la mer déchaînée. Les étoiles, les nuits apaisantes. Les criquets dans les buissons, le violon d'à côté.

Il sent qu'il revient à lui, doucement. Et cette impression de n'avoir pas dormi, ou de n'avoir pas sombré est vicieuse et invisible. Son coeur se calme mais n'en devient pas moins paniqué. Il a tellement peur qu'il préfère nier, zapper, écarter, l'idée que Michal est là, tout près de lui, et qu'il est revenu, après huit heures d'absences. Il a peur pour chacune des respirations qu'il lâche, et étouffe à nouveau sans avoir déjà eu la sensation d'avoir respiré juste avant. Il a peur des crocs du cobra à sa gauche, qui peut venir le mordre sans le lâcher.

Il a pas peur d'avoir mal, non.
Il a peur d'avoir peur d'avoir mal.
Mal, il a déjà mal. Mais peur d'avoir peur d'avoir mal, ça, c'est niet. Avant, ouais. Ok. Plus maintenant. Maintenant, l'ouragan l'a emporté. Et depuis, il se laisse porter par les bourrasques.

A côté de lui, Michal lui balance une masse énorme de mots et de paroles qu'il a l'air de saisir sans vraiment les comprendre ou même les enregistrer. Pourtant il sait que tout se planque discrètement au fond de son coeur, et quand le moment sera venu, il se rappelera. Il se rappelera de tout. Pourtant, le tortionnaire finit par lâcher une bombe.
J'aime pas les mecs.

Et ça, il l'entend très bien. Pire. Il concevoit l'idée. Il l'accepte sur le moment, il la considère sans compassion ni douleur. Il écoute, simplement. Là, tout devient plus clair. Plus.. logique? Plus censé. Ses yeux se baissent tragiquement alors qu'il entend tout. L'espace de quelques longues secondes, tout le temps que dure le discours, et les remontrances inexplicables de Michal, Melvin se sent bien. Non, en fait il est pas bien. Il est rempli à ras-bord, et pense que tout s'explique, que tout prend sens, que tout se reconstruit. Alors que y a cette petite tornade au milieu de son ventre, qui tournoie dans l'eau de ses futures larmes.

C'est après la douleur viendra.
Il le sait, parce qu'il l'appréhende déjà.

Pour l'instant, ça se sent simplement, et ça ne se ressent pas.
Melvin attend que trois minutes s'écoulent après l'impact de la main sur la table qui ne l'a pas fait trésailler. Puis il entrouvre les lèvres sans prendre le temps de les humecter. Elles auront bien le temps de se mouiller avec toutes les émotions salées qui font le faire exploser sans détruire pour autant le derme qui les contient.

Il ne sait pas ce qu'il va dire. Ni même ce qu'il va lui répondre. La portée de sa question, et celle des conséquences qui peuvent suivre selon sa réponse ne l'impactent que quelques instants après, au moment où il se met à parler, alors qu'il n'a pas réfléchi.

- Je m'appelle Melvin, monsieur.

Un murmure. Presque audible, mais que lui n'entend pas. Michal en revanche, peut l'entendre. C'est juste lui, pour le coup, qui n'a pas l'habitude de se le rappeler.

- Je suis un homme, et..

Jeu selon ses règles.
Pire période.
Pas fini de te faire regretter.


Boh. Les règles de Michal sont-elles vraiment si différentes que celle du pingouin qui a crée ce Harem? Nan. Michal frappe fort c'est un fait. Mais personne frappe aussi fort que la vie. Puis là, c'est pas de Michal qu'il a peur. Il a jamais eu peur de Michal. Ni de personne d'ailleurs. Non, il a peur de l'amour. De l'amitié. De la douleur. De l'agonie. De la mort, puis de la vie.
Cette idée de "jeu selon les règles de Michal", fait froid dans le dos. Il sent son échine qui se courbe dans son esprit et qui grossit en essayant de déchirer sa peau, pour se plier et laisser de la place aux os qui marqueront l'extrémité des ailes d'un oiseau. Pour s'envoler. Loin de ce monde, de ce ciel, de cet homme, de cette maison, de ces chaînes. Loin de cette vie.

Melvin n'a pas dormi. Il a sombré. Probablement qu'au fond de lui, il espère qu'il dort toujours.
Il est plus courageux dans ses rêves que ses cauchemars. Son cauchemar. Tous les matins, ou à chaque fois qu'il ouvre les yeux: ça, c'est son cauchemar. Se réveiller. Seulement, même à travers la terreur qui noue son ventre, déjà tellement serré, il y a cette chose, qui lui permet de rester constamment en vie. Il en a dans le ventre, c'mec,a t-il entendu un jour.

Il n'y a jamais cru.
Pourtant.

- Je suis un homme, et je suis prêt à subir chaque conséquence.
Je suis prêt à payer. À vous servir et vous obéir, en tant qu'homme. Du mieux que je le pourrais, aussi loin que mes capacités me permettront d'aller. Aussi loin que vous me direz de vous suivre. Je suis prêt à vous protéger, et à m'incliner devant votre autorité et votre honneur. Je suis prêt à vous respecter et à accepter le sort.


Comme un condamné, il lâche ces mots très calmes, et là, c'est sa vraie voix. La voix chaude et réconfortante du Melvin que l'on connaît. Au fond de sa gorge, ponctuée d'un mensonge et d'une insolence camouflés. Ponctuée d'une tinte chaleureuse qui la rend douce et agréable à l'oreille. Une voix qu'on voudrait tous avaler, pourvu qu'elle reste planquée au fond de notre gosier pour nous rassurer pendant nos moments de troubles. La voix d'un gamin, qui ne ressent ni du bien, ni du mal. Un gamin qui ressent tout et rien à la fois.
Cette voix, elle est bourrée d'Espoir, mais jamais Melvin ne s'en rendra compte.

Puis l'autre voix, que Michal n'entendra pas.

Je suis prêt à m'incliner.
Pas à me soumettre.


Il sourit, juste un peu.
Ce sourire, là, au coin de la lèvre.
Que Michal ne peut pas voir. Puisqu'il refuse d'le voir heureux.

©️ 2981 12289 0


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