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HAREM OF CORRUPTION  :: Palais privés :: Les appartements :: Michal Slovan

Chained. Ft Michal

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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
✥Coup de fouet » : 67

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Chained. Ft Michal
Jeu 6 Déc - 20:16


Chained.



Ca f'sait longtemps qu'il avait plus eu la chance d'assister à un levé d'soleil. Il est beau le soleil.
Il est beau mais il est vicieux. Quand il sera assez réveillé, il tapera plus fort sur certaines parties de la planète que sur d'autre. Et là où il est presque inexistant, la neige et la glace étendent leur territoire jusqu'aux sommets les plus hauts. Là où il n'y a jamais de chaleur humaine, et où la nature est reine.
Mais ici, au Harem, qui sont les véritables rois ? Pourquoi, même avec les yeux défoncés, un énorme cocard en cachant un, le visage enflé et le corps en compote, Melvin Meyer est-il en train de se poser cette question ?

Il se questionne sur la théorie du maître et de l'esclave de Hegel - sur le pourquoi du comment il s'est retrouvé là, à devoir subir les échecs d'un autre, ou pire encore, les conséquences de ses échecs. Le dépravé n'a même plus ses yeux pour pleurer et à chaque fois qu'il les ferme dans le but d'essayer de se reposer, chaque coup porté à son corps se fait sentir et tape en symphonie contre ses os. Il ne doit pas dormir, de toute façon, il ne le peut pas. Il a bien plus peur de sombrer dans l'épuisement que d'affronter les démons qui se cachent sous ses paupières. Y a un tout un monde dessous qu'il n'est pas prêt d'affornter.

Mais ça fait 48h qu'il est là. On entame le troisième jour.
Ça fait 48h qu'le monde a continué de tourner et qu'il l'a observé changer.
Il n'y a pas grand chose à voir de son emplacement : du mieux qu'il a pu, il a réussi à s'asseoir contre la barrière, face à l'est et au soleil, qu'il peut maintenant voir se dévoiler à l'horizon. La seule chose qui lui permet de garder le fil au travers du silence de l'appartement, c'est le rythme et la tonalité de sa voix alors qu'il chantonne, intelligiblement, la mélodie Vois sur ton chemin. À répétition. Pendant des heures, et des heures. Ça lui permet d'garder le cap sur quelque chose.
Ici il est seul. Plus la moindre trace de Michal, ou même les effluves de son odeur si particulière dans les airs. Celle ci semble s'être évaporée.
C'est l'vide intense. Surtout quand la seule pensée qui vous traverse l'esprit c'est que personne ne se soucie de votre sort.

Qui, a remarqué son absence ?
Qui, s'en est vraiment rendu compte ?
Qui, la vraiment cherché ?
Qui, a déjà pensé à lui une seule fois, depuis ?


Il ne veut même pas y penser. Et si étonnant que cela puisse paraître, c'est pas tant un fardeau qu'ça. Les seuls démangeaisons qui le titillent là, c'est étonnemment celles sur lesquelles il s'concentre jamais en dehors. La fiam, la soif, la fatigue. Qu'il peut gérer, mais qui s'font sentir maintenant plus que jamais. Heureusement, son cerveau a quand même développé un certain mécanisme qui entraîne le fait qu'il ne s'en soucie seulement, et seulement si elles deviennent dévorantes.
Outre le fardeau de ses blessures, il peut sentir comme deux trous sous ses yeux. Deux énormes poches de cernes violacées et creuses qui ne sont pas dûes seulement à l'altercation mais à l'accumulation de tant d'autres heures de sommeil manquées, puis du vécu, et de mauvaises expériences.

Ça fait combien de temps qu'il est là?
Ah ouais. Pas loin de 2-3 jours. Et en se disant ça, à chaque fois, il s'dit qu'il a envie de pisser aussi. Il est obligé de contracter ses putains d'cuisses pour pas s'faire dessus... puis y a ces fucking rayons.. damn.. c'est tellement doux là tout de suite...
Il a encore plus mal depuis cette nuit glaciale, quand le vent fouettait son visage, et que ses frissons semblaient avoir décuplés de grandeur.
Puis, merde, il est seul. Il en peut plus tous ces efforts.
Il a l'impression d'avoir été en apnée ces dernières quarante huit heures, ça lui f'ra pas de mal de soupirer un peu.

Il ouvre un peu plus ses lèvres un peu plus, qu'il avait gardé entrouvertes à la même distance l'une de l'autre pendant un temps infiniment long. Ça lui tire les commissures, ça écarte les bouts d'peaux qui s'détachent de ses lippes gercées, ça lui fait un mal de chien. Sa mâchoire a plus l'habitude de bouger ou d'être utilisé. À quand r'monte la fois qu'il a
mâché un vrai truc, tout dur ? Un bout d'pain, n'importe quoi ?

Ou qu'il a effleuré la douceur du coton,
qu'il a senti la merveilleuse odeur d'une fleur dont le bourgeon vient d'éclore,
ou l'odeur du pain cuit un matin, dans les rues du harem..
À quand remontent toutes ces fois ou même sans y porter le moindre intérêt, il existait en vivant un peu?

Pourquoi n'a t-il soudain plus d'odorat, ni de touché, ni de vue, ou encore d'ouïe, mais simplement les restes de ses sens qui essayent en vain de survivre au fond de son esprit?Il n'y a plus qu'une masse qu'est son corps, qui séjourne comme un pot de fleur sur le carrelage du balcon, qui attend d'être rempli d'terre. Y a plus qu'lui et ses démons les plus affamés, qui grignotent bout par bout les dernières lueurs d'humanités qui l'habitent.

Enfin, il lâche le dernier soupir qui l'libère vraiment: en même temps, il s'pisse dessus, et il s'en branle. Il s'en fout, il a tellement à lâcher, et c'est un p'tit détail qui lui donne l'impression sur le moment qu'il est en train de s'échapper d'sa peine.
Sans parler de la porte du balcon, qu'il entend s'ouvrir.
Il a les paupières défoncées, pourtant, son regard retrouve son mélange habituel: la maigre lucidité qui pointe au fond de ses iris. Ses yeux fixent un point précis sans vraiment l'voir.

Y a son coeur qui a fait un triple salto, et qui recommence à maintes reprises.
Y a sa peau qui s'couvre de son habituelle barrière de frissons.
Y a Michal qui vient d'se pointer. Et il ose même pas l'regarder.

C'mec, il est en train d'signer un pacte avec le diable.



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Tortionnaires Personnels
✥Arrivée dans l'Harem » : 29/10/2018
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Re: Chained. Ft Michal
Ven 7 Déc - 10:45


    La porte fenêtre s'ouvre, en grand, et tu apparais à moitié dedans, le bras haut, tirant sur l'un des pans du rideau, pour découvrir et laisser les premiers rayons de soleil investir ton appartement.

T'aimes bien l'ambiance au levé du jour, quand la moitié du monde va se coucher et que l'autre peine à se réveiller. C'est un instant paisible, où rien ne se passe encore et durant lequel tu te dis souvent que t'as mérité ta place sur Terre.

C'est vrai, ça, tu l'as méritée, peu importe où elle se trouve. Ici, l'épaule appuyée au chambranle, un bol de fromage blanc, muesli et de fruits frais dans une main, ou à Tivat, sur les hauteurs surplombant la mer, t'as le même privilège : l'avenir t'appartient puisque t'es aux premières loges du jour qui vient. T'es pas nécessairement levé tôt — vue ta gueule, on dirait même plutôt que tu t'es pas couché —, c'est juste tes ambitions qui te portent et avec elles des habitudes qui te collent au corps.

T'es un être d'habitudes, ouais : tous les matins, t'es l'assistant du Soleil. Si dernièrement t'as pas réellement profité de ton balcon pour surveiller son ascension, t'es allé le voir ailleurs, le même petit dej’ au bout de la cuillère et le même plaisir gourmand sous les paupières. C'est ça qui te permet de garder un semblant de savoir-vivre et de rester un minimum humain — ‘y a pas plus humain que celui qui mange ses céréales, presque nu sur le seuil de sa porte, en regardant comment se porte le monde. 'y a pas plus humain qu'un tocard comme toi, exhibant naturellement des caricatures de félins qui crachent, tatoués sur ses pectoraux, au-dessus d'une fleur glorieuse qui lui sort du ventre. À l'intérieur de ta cuisse, 'y a Gozzila qui combat King-Kong et une légende qui annonce que t'es le Roi des Monstres : ‘y a pas plus philanthropique que le non-sens de ces dessins saugrenus ; c'est l'art des pauvres, en couleurs fortes et traits burlesques pour trancher avec les plaies ; c'est des symboles d'appartenance pour ceux qui n'ont rien d'autre à jouer aux cartes que leur identité.

T'avises Melvin d'un mouvement du menton, salut silencieux, les yeux doux et rieurs, brillant d'un léger éclat malicieux. Tu lui dis bonjour comme on dit bonjour à un voisin à qui on ne parle jamais, mais que l'on croise souvent à faire la même chose. Tu reportes le regard sur l'horizon, avalant une cuillerée croustillante et tes dents blanches rapent délicieusement le métal dans le silence du quartier.

Ça fait du bien, du calme. On en oublierait presque la gravité des petites choses et la laideur des plus grandes. Presque. T'as pas oublié Melvin, ni ce que tu lui as fait, ni ce qu'il t'a fait — tout le contraire, en fait : ça t'est resté dans la tête aussitôt que tu l'as abandonné là et, même après, malgré le blindage de la séparation, t'as pas arrêté de ruminer. Si t'as l'air paisible et calme, c'est seulement parce que l'atmosphère l'est.

Ces deux derniers jours, tu les as passés à analyser ses affaires que tu t'es pas résolu à jeter — la photo, les écrits, le crayon, t'as tout gardé : c'est important, visiblement, et puisque ça l'est, c'est utile aux cauchemars du garçon. ‘y a que le quignon de pain que t'as balancé aux oiseaux, en ramassant le bordel et, le reste, tu l'as précieusement caché. Ça ressortira des tiroirs en tant voulu — jusqu'à présent, du temps, tu t'es obligé à en prendre : tu t'es échappé de l'appart’ pour t'éviter d'aller le voir trop souvent ; tu voulais pas nourrir l'obsession, alors t'es parti aussi loin que possible t'occuper l'esprit et le corps. T'as passé la nuit dans la salle de musique et, si t'es tombé une fois de plus sur des yeux aussi bleus que les siens, c'était vraiment pas fait exprès — t'es juste en train de développer un fétiche dingue pour ce pigment fou, qui te rend bête, qui te tend sur place, qui te depossède de ton corps.

Tu viens de rentrer et ton pèlerinage de la luxure marque toujours moins tes traits que son ascètisme ceux du martyr. Il fait peur à voir, mais t'es bien trop heureux de te permettre enfin d'être en sa présence que ni son dépérissement ni son marasme ne t'émeuvent vraiment.

« Hm… je repensais à un truc, hier… ou avant-hier ? ... Merde… »

Tu parles la bouche à moitié pleine et une grosse goutte de yaourt échappe à tes lèvres : misérablement, tu la regardes s'écraser par terre. T'en récupères les pertes sur ton menton et au creu de ton plexus solaire, te suçant rapidemment les doigts. Tu hoches la tête et on dirait que tu balances au rythme d'une musique que t'es le seul à entendre, te fouillant la peau du regard en quête d'une traînée que t'aurais pas vu.

« … avant-hier, ouais, avant-hier… je repensais à un truc, et je me disais que ça pouvait t'intéresser. »

Tu relèves ironiquement les yeux sur lui, t'essuyant sur la jambe et tirant sur ton caleçon avant de t'approcher. T'as débarrassé le fauteuil et noué la frange de son collet au plat de la balustre.

« Mais maintenant que je le dis, je me rends compte qu'en fait, j'ai pas la moindre foutue idée de ce qui t'intéresse, que t'enchaînes, le ton plus déterminé. C'est marrant comment dès que tu mets les pieds sur cette terrasse, tu te mets en scène. Et c'est marrant comment, dès que tu cherches ses yeux, ça te fait galoper le coeur.

Je sais même pas qui t'es, en fait, hormis un petit mec qui se fait passer pour un autre petit mec. »

Tu te mets à bonne distance, là où il peut te voir et où tu peux aisément l'observer. Tu t'accoudes nonchalemment à la pierre, le dos tordu, et avales une nouvelle becquée de ton crumble protéiné, que tu mâches et concasses  bruyamment. Tu fais exprès, vu comme t’es pressé de rouvrir la bouche et de l'interroger, avant même d'avoir fini de tout déglutir.

« Tu peux encore parler au fait ? Ne le fais pas fort, j'ai une otite depuis hier et c'est affreusement douloureux. »

Tu te désignes négligemment l'oreille avec le manche de ta cuillère, lui jetant un coup d'oeil superficiel, avant d'entamer de trier ton bol dynamiquement.

« J'ai dû choper ça au hammam, je sais pas... c'est vraiment con, ce truc. J'ai le cerveau qui vrille dès que j'entends un mot plus haut que l'autre et ça me rend vraiment débile... »

Tu te gausses discrètement. Le sous-entendu n'est pas très subtil, mais Melvin t'as déjà prouvé qu'il était bête à manger du foin. Tu le regardes toujours pas, modulant vicieusement ta voix.

« T’aimes l'eau, toi ? »



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
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Re: Chained. Ft Michal
Sam 8 Déc - 3:00


Chained.



Le corps frêle de l'enfant repose comme une masse contre la balustre. Il ne guette plus Michal en coin, jugeant que cela n'en vaut plus la peine, ou alors, il n'a pas le réflexe de le faire. Il referme du mieux qu'il peut, pathétique certes, ses cuisses, alors qu'un filet de pisse encore chaude dégouline sous son fessier. C'est gênant et.. dans la position dans laquelle il se trouve, à la limite de l'humiliation. Pourtant, c'est le moindre de ses soucis. Quand Michal se met à parler, c'est un coup de poing qu'il se prend en plein dans la face: Cette voix, ça fait une éternité qu'il ne l'a pas entendu. Aussi chaude que glaciale, elle semble le prendre par derrière en se matérialisant pour choper le derme de son cou et le tordre vicieusement.

Michal a l'air calme - beaucoup plus, apaisé, ou juste, décontracté. Cette posture est flippante, parce que c'est dans le silence le plus profond que la foudre frappe le plus fort. Le sous-entendu énoncé avec plus d'intérêt envers sa personne a le don de lui retourner également les tripes. Finalement, chacun de ses mots lui font l'effet d'une gifle qu'il ne peut pas éviter. Alors il se contente d'encaisser et d'être sage comme une image. Le retour de Michal a réveillé tout ce qui était en train de pourrir au fond d'lui, et qui essaye maintenant de s'échapper. Il est l'interrupteur de ses vices les plus profondes: sa seule présence suffit à dégraisser les poulis de son mécanisme intérieur, qui se remet en marche et fait grincer les chaînes resserrées autour de son coeur.

Il a bien envie de lui rappeler qu'à preuve du contraire, personne ne sait qui il est. Voici la beauté de l'être qu'est Melvin: sans même bouger le petit doigt, il suffit aux autres de poser un oeil sur lui pour se perdre dans son esprit. Un esprit bien trop gris pour oser prétendre qu'il n'est que d'ombres et regrets. Ce n'est pas la peine de souligner tout ce qu'il vient de dire, parce que les seules réponses justes et valables risqueront de l'emmerder beaucoup trop pour qu'il se sente de ne pas vouloir péter un câble. La stricte vérité. Il va donc s'arrêter sur ses derniers mots, là, avant d'être certain de pouvoir revenir sur les autres.

Maintenant qu'il a ouvert suffisamment grand ses lèvres pour laisser carte blanche au moindre son qui voudrait s'échapper, l'étape suivante est de réussir à en émettre un. Il s'est muré dans un mutisme si profond ces dernières heures qu'entendre sa voix peut bien réussir à le pétrifier. Pourtant, ce mot, "eau" caresse les lobes de ses oreilles et pénètre délicatement dans son coeur.

- J'ai soif...

Il ne retient pas la seconde de supplication que Michal peut aisément entendre en tendant l'oreille - involontaire certes, mais pas loin de l'être, qui ponctue le ton de sa voix. Elle est raillée et faible: il ré-apprend à parler, d'une certaine manière. En l'entendant, il a juste envie de chialer. Il ne la reconnaît plus, c'n'est pas la sienne, c'plus la sienne. Ou alors ça l'a jamais été. C'est la première fois qu'il parle comme ça. Ça le débecte avec tellement de force que la première décision de son esprit est de nier le fait qu'il vient d'causer à l'homme qui l'a défiguré plus tôt. La vibration de sa voix fait gronder ses cordes vocales, écrasées, compressées avec hargne avec le même tissu, toujours à la même place, et serré avec la même ferveur. Il l'a oublié, entre temps, mais il en gardera des traces.

Mais ce mot, 'eau'.
C'est l'seul vraiment beau et plaisant à entendre là tout de suite.


Et il a pas envie d'jouer maintenant. Il veut attendre de s'être assez remit pour pouvoir lui flanquer une gifle psychologique pour laquelle il sera prêt à payer le prix. Ça, y peut l'faire. Dans un sens, il l'a déjà fait, et avec Michal pour couronner le tout. Quelle plaisanterie, il ne cessera jamais de se le répéter. Contre toute attente, et avec un énorme poids au fond d'la gorge, de dégoût, il tourne enfin sa tête vers Michal.
En attendant de l'avoir dans les yeux, durant les longues secondes qu'il prend pivoter son faciès face au sien, il s'met à paniquer comme s'il n'allait voir personne à côté de lui, comme si c'était un fantôme. Et s'il était devenu fou?
Une nouvelle claque, quand il prend connaissance de la présence de Michal, et du ressenti qu'ça fait d'le sentir à nouveau aussi proche de lui.

Mais là, c'est hard. C'est vraiment trop hard.
Là, d'un coup, il a plus envie d'faire le con. Juste une seconde de répit.

- Donnez moi d'l'eau.. Puis j'vous dirai tout...

La supplication est d'façade: en réalité, il est pas en train d'le supplier.
Il lui demande de l'eau. Le s'il vous plaît n'est pas présent, mais au diable les modèles de politesse. Il pourrait lui suffire d'une goutte pour que Michal réussisse à lui tirer les vers du nez. Bon sang d'merde, juste une maigre goutte. Ou plus, une bouteille. Mais quelque chose de liquide, de doux, et d'assez frais pour venir hydrater toute la sécheresse de son corps.



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Tortionnaires Personnels
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Re: Chained. Ft Michal
Sam 8 Déc - 14:27


    Sa voix, aussitôt que tu la captes, toute basse qu'elle est, te fait frissonner. Elle te prend au corps, petite caresse du vent, et vient chatouiller les endroits sensibles de ta peau. Tes coups de cuillère s'arrêtent entre deux morceaux de cerneau de noix et une groseille, perturbés par l'accent suppliant de ces deux quelques mots presque inaudibles. Il n'est plus vraiment possible de manger après avoir entendu ça : il y a toutes les modulations de la détresse, et toutes les fatigues, et toutes les peines dans les vibrations de cette voix, si faible à vrai dire qu'elle te semble être à la fois une pensée dont tu n'aurais pas dû avoir connaissance et une prière trop désenchantée pour atteindre ne serait-ce que les premiers nuages du Ciel.

Ça t'oblige à redresser les yeux sur lui et à le regarder vraiment, et c'est comme regarder une bête, entre l'animal et l'humain, souffrir tous les maux du monde après avoir durement lutté contre la fatalité. Bouche desséchée, yeux livides, peau marquée et sirupeuse, cheveux suiffeux… t'as l'impression qu'il a maigri, en plus de tout ça, que les os de sa mâchoire se sont exacerbés, carrés qu'ils sont, et que son cou s'est étiré en s'émaciant sous la pression de son lien — c'est plus son pantalon qui l'étrangle : c'est ses propres cordes vocales et toutes les muqueuses fanées de sa gorge qui ont absorbé et digéré sa masse.

Son corps a commencé à s'auto-ingurgiter dans l'espoir de trouver ce qu'il manque dans n'importe quel coin de son organisme, que tu te dis, en détaillant les veinules grises et violettes qui lui excorisent la peau, entre deux hématomes et deux ecchymoses en stigmates de tes coups. C'est bien possible : si l'homme peut vivre trente jours sans manger, il en tient à peine trois sans boire et sa détérioration est aussi rapide que surprenante. T'as appris ça sur le tas, loin des bancs de l'école et des cours théoriques de biologie : les gens meurent, vraiment, quand le corps doit se résoudre à s'ingérer lui-même, et dévorer ses parties molles pour assurer les fonctions vitales. Le truc vicieux, dans cette autophagie, c'est que la première des fonctions révérées est celle qui gaspille le plus d'énergie : respirer. Le corps gâche toute son eau à tenter de se rendre de l'air et se fait mourir dans tous les cas.

C'est très laid, un être qui meurt de déshydratation. Tu le sais, t'en as fait les frais avec les migrants de Birmanie et, si Melvin n'est pas encore tout à fait une charogne lyophilisée par dessiccation, de le voir tel qu'il est, et de l'entendre, te remet le souvenir de ces fantômes entre deux morts en tête.

Tu peines à culpabiliser et à te rendre compte de l'urgence : tu lâches ta cuillère et croises les bras sur le parapet, cherchant ici et là dans le jardin en contrebas une scène plus enthousiasmante. L'autre est surréaliste et, parce qu'elle l'est, et que t'en connais déjà la fin, tu détournes facilement le regard, le coeur fermé à sa requête, insensible ou trop prompt à l'être, comme tout bons consommateurs qui se valent. Comme eux, tu ne nies pas l'existence de la boucherie et de l'abattoir : ce sont des nécessités réelles, désolantes certes, mais elles aussi vitales, à leur mesure, à ton confort personnel. La vache et le porc peuvent bien souffrir l'enfer lugubre des machines et des tranchoirs : si on ne les élevait pas de la sorte pour qu'on les mange, leurs existences auraient été depuis longtemps oubliées.

Pour Melvin, c'est pareil, à ceci près que tu n'as pas encore réalisé en quoi sa survie pouvait se révéler profitable. Les options ne sont pas nombreuses et, pourtant, tu peines à trouver. Esclave sexuel ou meuble télé, victime ou objet de toutes les fantaisies, tu sais pas, vraiment, tu sais pas bien déterminer ton intérêt — pour lui. ‘y en a peut-être aucun, que tu te figures, tournant la tête de côté pour suivre un vol d'oiseaux, ignorant qu'il te regarde, oubliant momentanément de lui parler. C'est con, mais c'est plus facile d'ignorer sa présence quand, très exactement, il est là. Tu sais déjà plus très bien pourquoi t'as voulu le trouver, pourquoi t'es allé chercher et, connement encore, t'es tenté de croire qu'y avait pas de raisons particulières autre que celle, éventuelle, de voir la gueule du petit futé qui manipule les gardes. Tu voulais peut-être te mesurer à lui et, là, maintenant qu'il n'y a plus de combat, tu te désintéresses du trophée.

Mais c'est pas ton genre, ça, Junior. T’es un vrai profiteur, toi : faut que tu gagnes, faut que t'investisses et investigues. T'es un chercheur d'or et, à la seconde même où tu te dis que le ruisseau est pauvre, faut que t'ailles creuser plus en amont de la montagne. Sinon, sinon… à quoi sert le temps que tu donnes ? Tu peux pas te contenter de le perdre : faut que tu te rembourses. Faut vraiment que t'affouilles Melvin, que tu pioches et que t'excaves la dette.

« Je vais te donner de l'eau, que tu dis enfin, sincère, le ton assuré et engageant, avant de tourner la tête vers lui. Il est pas si piteux que ça — si —, il a encore l'air humain — non. Dans ton regard perce une lueur catégorique, sérieuse, loin de la  malice qu'il a pu percevoir jusqu'à présent.

T'as décidé de t'adapter et de changer de stratégie, alors. D'un coup, t'es bien plus grave, plus ferme, bien moins rieur et ambiguë. Tu lui veux pas de mal, aujourd'hui, mais tu lui en voulais pas non plus ‘y a deux jours, alors il est difficile de croire qu'un verre d'eau offert par tes soins soit réellement inoffensif. Il n'est certainement pas gratuit, en revanche.

Si tu me donnes ton couteau. Je l'ai pas trouvé dans tes affaires et ça me met pas très en confiance pour bavarder avec toi. »

Tu jauges sa réaction et essaies de t'assurer qu'il comprenne ou, à défaut, qu'il parvient encore à t'écouter.

« On va faire les choses donnant-donnant, Aladdin, d'accord ? Du troc. Je te donne de l'eau, tu me donnes ce que je veux. Ça me paraît équitable, considérant la situation.

Te voilà requin ; te voilà dans ton vrai rôle, celui pour lequel t'as pas besoin de changer de peau. Te voilà profiteur de guerre, grand manitou des ressources vitales, marchandant au peuple ce qui lui appartient déjà. T'es convainquant, dans ce costume, plus que dans n'importe quel autre, ceci principalement parce que ce n'en est pas un. La clarté de ta voix, du deal et de tes attentes en dénotent bien. Tu le regardes, droit dans ses yeux secs, sans te dégoûter et t'emouvoir de sa condition de sous-être. Tu le prends un peu en égal, là, en te penchant légèrement sur tes coudes, pour appuyer l'importance de ton marché.

Et si tu trouves toujours que j'exagère, je peux considérer l'idée de t'offrir un bain pour te sortir de la pisse, histoire qu'on discute de l'avenir entre hommes respectables et civilisés.

T'insistes pas tant que ça sur les points humiliants : t'es doucereux, sage et conciliant. T'as bien vu la tache humide qui s'est étirée sous lui et qui dégouline le long du balcon. Le voisinage va pas apprécier, mais c'est la dernière de tes considérations.

Qu'est-ce que t'en dis ? Balance ton couteau, et je prendrais ça pour un deal honnête. »



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
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Re: Chained. Ft Michal
Sam 8 Déc - 23:42


Chained.



Je vais te donner de l'eau.

C'est Dieu qui l'habite, là. Le soulagement est tel qu'il ne peut être que naïf - il ne veut pas croire autre chose qu'en l'idée qu'il va boire, enfin. Boire boire boire. Si bien qu'il ne s'attend évidemment pas à ce que Michal lui coupe l'herbe sous le pied. Une contre partie, comme c'est évident: tout marché repose sur un échange. Laissant sa tête retomber contre les barreaux de la balustre, il tente dans un effort vain de retrouver de la beauté dans le paysage sur lequel il aimerait se re-concentrer à nouveau, histoire d'oublier à quel point sa gorge est sèche et assoifé. C'qu'il sait pas, c'est qu'il serait prêt à se jeter à ses pieds pour lui demander ne serait-ce que la dernière goutte de la bouteille. Ouais, il serait prêt à lui lécher les semelles s'il le faut, à l'supplier, à chialer comme un con, à s'traîner à son trône comme un mort-vivant.

Sauf qu'il l'fera pas.
Plutôt crever la bouche ouverte.

La contre partie est pourtant pas bien compliquée, hm... le couteau. Il veut juste le couteau. Il veut juste le FUCKING couteau, l'espèce d'arme impovisée en deux trois coups qui peut lui servir à s'échapper d'ici. Parce qu'il a aucune putain d'idée de combien de temps il restera cloitré ici, et ça l'rend malade de se dire qu'il y passera une nuit de plus.. Alors qu'il focalise à nouveau son attention sur lui, il prend avec plaisir cette sensation d'être encore capable de réfléchir à peu près correctement.
S'il y a bien autre chose qu'il a senti durant ces dernières 48h sous son fessier, c'est ce petit rectangle de métal qui manquait parfois de glisser dans le vide.
Ça ne le met pas en confiance, quelle ironie. Il est attaché comme un boeuf, c'est juste pour l'emmerder ça encore.

Fuck, y a pourtant pas d'autres solution. Il a pas envie d'se dire qu'il risque de se soumettre en faisant ça, il a juste ultra soif. Crispant la mâchoire, et malgré la douleur que ce grincement engendre, il tend un peu ses bras, du mieux qu'il peut, sur le côté, afin de lui présenter le bout d'métal.
Il déglutit, ayant retrouvé un semblant de sérieux et de raisonnabilité.

- Tenez. La voici.

Y a plus que ça à faire, de toute façon. Être un minimum raisonnable et un faire croire un maximum qu'il peut être docile. C'est juste le temps de sauver sa peau, d'retrouver un peu de forces pour être en forme pour le prochain round. Puis il lui parle d'un bain, et là, il a carrément envie de lui donner sa vie. Qu'est ce qu'on ne ferait pas dans l'agonie putain. Il hausse les sourcils pour présumer de l'étonnement. Ce mot semble être tout droit sorti d'un rêve.

- Un bain.. tout ce qu'vous voulez.

Ça l'fout en hyperventilation ça, il a pas envie d'y croire trop fort. Mais son coeur est tellement vide, tellement asséché, qu'il a juste envie d'lui rendre un peu d'amour, pour avoir continué de se battre aussi longtemps depuis sa naissance. Il a envie d'le sentir en lui, juste pour essayer, juste pou voir - histoire d'pas crever sans l'avoir jamais remarqué. C'est qu'il en devient suceptible dans l'agonie, le gosse. Même quand il évoque la pisse indirectement - il l'a remarqué, évidemment, ça schlingue jusqu'au bout du harem -, il prend plus la peine de se demander s'il doit fuir son regard. Il est dégueulassé, et son odeur est forte, beaucoup trop.

Ça l'débecte, littéralement.
Juste pour ce soir, juste pour une fois.

Melvin, fais pas le con. Juste pour cette fois, fais pas l'con.
Puis il est crevé, de toute façon. Il est tellement fatigué. Sa langue pointe entre ses dents et humidifie du mieux qu'elle peut ses lèvres gercées alors que deux perles humides apparaissent sur l'rebord de ses paupières. Il a plus envie d'merder. Pas maintenant.
Plus tard, en l'occurence, ce sera peut être différent.

Reconnaissant sa défaite, il fait glisser la lame avec son pied jusqu'à lui. Et alors qu'il l'a voit s'éloigner de lui, sa gorge se noue: maintenant, son sort s'trouve entre les mains du tortionnaire. Il s'en remet à lui, avec toute l'espérance du monde qu'il ne le prendra pas pour un con.

- De l'eau, maintenant, s'il vous plait. Et un bain.

Il papillonne des paupières, s'disant qu'il finira par retrouver Paulo à l'aube, que ses liens auront disparu, qu'il pourra de nouveau aller gamdaber dans la ville.
Puis si c'est pas le cas, il trouvera un autre moyen d'émerger à la surface. Il a toujours trouvé.



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Re: Chained. Ft Michal
Dim 9 Déc - 14:14


    Véritable vautour perché sur la pierre, tu suis patiemment ses gestes de tes yeux clairs. D'abord les bras, puis les mains, rabougris par le manque de sang et la constriction du lien, qui montrent, dans un grand effort, presque improbablement, la lame. Tiens. La voici. Tu ne cilles pas, tu ne bouges pas. T'avais bien du mal à croire qu'elle avait tout simplement disparue de l'espace et du temps au moment où t'as débraillé son propriétaire de ses vêtements.

Oh, comment ça t'a frustré de ne pas la trouver. Comment ça t'a mis à l'envers. Comment ça t'est resté en travers que ce petit malin la cache et la garde malgré tes coups et tes remontrances. Est-ce que tout n'aurait pas pu être évité si tu l'avais récupérée avant ? Est-ce que tout n'aurait pas été différent s'il l'avait gardé dans sa poche, depuis le début ? C'est le symbole du pardon, ce petit couteau artisanal ; c'est le symbole du pouvoir qui va, très justement, retrouver la bonne main.

Dans l'idéal, c'est ce qui se passe aussitôt qu'il le fait glisser du pied et que tu te penches pour le ramasser. Mais la vérité est toute autre : la satisfaction se lisant à peine sur ton visage, fermé qu'il est, en attrapant l'objet humide, tu le dépossèdes de la dernière chose qui lui appartient encore et, plutôt que de symboliser une paix rétablie, cette passation marque le début de la chute de Melvin. Soupesant la matière abimée, estimant l'ingéniosité de la fabrication, tu retiens qu'il est malin et tu t'assures déjà, tu te promets, tu te découvres l'envie de le dépouiller de tout — ses affaires, sa tête, son corps, son esprit, tout : tu ne veux rien lui laisser d'autre que toi, et toi seul, jusqu'à le faire chialer de joie pour une chaussette.

Levant légèrement le couteau dans ta main, où tu sens l'urine te caresser les jointures des doigts, tu le remercies d'un regard entendu, prêt à tenir ta promesse — laquelle ? Celle de le spolier ou celle de le laisser boire ?

Tranquillement, tu reviens vers le noeud fait avec la jambe de son sarouel et le détaches pour le laisser nonchalamment bâiller. La fibre s'est étirée sous la traction si bien que, désormais, il faut considérer que tu lui arraches ça aussi : son propre pantalon, inutilisable mais aussi, et avec lui, le piège dans lequel il est pris par le cou. Précautionneusement et prudemment, essayant de ne pas tremper tes pieds dans sa pisse, tu vas désentortiller et dénouer le reste de sa laisse et, avec plus d'attention encore, la lui retirer du cou. La liberté doit lui être tout de suite agréable et, en l'observant sans trop le faire, aussi près de lui que tu te tiens, machinant des doigts et du couteau sur sa gorge pour séparer et entailler le tissu, tu te retiens d'exprimer quoi que ce soit.

C'est la récompense secrète de sa bonne volonté et du superbe comportement qu'il t'offre. En le libérant, tu lui montres que tu sais te faire bon seigneur et reconnaître un progrès. Il est seulement dommage que, pour que Melvin progresse, il faille passer par l'agression puis la répression.

Tu te redresses et, une fois ton oeuvre finie, rassembles tous les bouts de tissus déchirés et abîmés pour t'essuyer les mains dedans avant de les laisser tomber sur son ventre. Droit sur tes jambes, tu évalues mieux sa condition qu'avant — et t'hésites à lui détacher les mains.

Tu calcules, t'accroupissant devant lui, reprenant le sarouel en lambeaux pour éponger autant ses jambes que le sol de son urine — tu vas pas lui libérer les mains, alors. Tu fais ça rapidement, sans te dégoûter, visiblement habitué à jouer les sages femmes — vrai et faux : t'es juste plus sensible à grand chose depuis que tu voles les organes des oubliés du monde. Tu te relèves encore, calmement, et estimes une dernière fois le résultat de ton travail. Un sourire subtil apparaît sur tes lèvres alors que t'abandonnes déjà le martyr pour regagner l'encadrement de la porte. Tu la passes à moitié avant de te retourner, retenant la vitre de ton corps.

« Tu viens ? Je t'attrapes un verre. »

Tu te fous pas de sa gueule, non : la tienne est superbe, naturelle ; on dirait que t'as déjà tout oublié et qu'il est désormais normal d'accepter la présence de ce garçon chez toi. Tu l'invites des yeux autant que de la bouche à rejoindre l'intérieur douillet de ton appartement tout de meubles en bois lourds et de tapisseries ornementales équipés, véritable hôte que tu te proposes d'être, d'un coup — t’attends, sagement, de le voir ramper jusqu'à son eau.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Dim 9 Déc - 23:34


Chained.



C'est sûr qu'il a déjà rêvé d'mieux.
Visiblement, Michal est généreux qu'à moitié. Indulgent qu'à moitié. En fait, il est à moitié tout. Il est à moitié lui, à moitié un autre connard. Faut s'y habituer, il suppose. Faut s'habituer à n'avoir même pas le tiers de ce qu'on espérait avec lui. Michal, c'est un cas - Melvin, c'est aussi un cas. Et la différence qui les oppose, c'est que Mel' est sans doute trop entier pour lui ou pour tous les autres. Et être entier ne suffit pas être rempli. Oh, rempli, il l'est. Par un vide immense, qui prend tellement de place qu'il finit par lui compresser les poumons et grossir son coeur en même temps de le contracter. Alors quand il l'voit se lever, s'barrer à l'intérieur, il a pas directement le réflexe de le suivre. A force de rester attaché, il a peur de tomber.

Là, il voit qu'il va devoir faire la serpillère dans sa propre pisse, les mains encore attachées en plus - pour passer la fenêtre, rejoindre l'appart, et ne laisser aucune trace de pieds derrière lui... il a envie de jouer jusqu'au bout. Seulement maintenant qu'il n'a plus la corde qui pouvait l'étrangler et guillotiner son honneur, simplement si Michal tirait dessus, il compte bien descendre du pilori. Ça fait rien, d'marcher dans la pisse. C'est juste de l'eau, jaune. Et en s'disant ça, en minimisant la chose, parce que, fuck, il est fort à c'jeu là. Il se redresse avec tout le mal du monde et enjambe avec une volonté aussi puissante, la flaque. Le vil. Ça va emmerder Michal ca. Et ce qui va l'emmerder encore plus.. il se colle complètement à son torse pour passer devant lui, et entrer, ne manquant pas de planter des yeux flamboyants dans les siens. Melvin, se soumettre complètement? Il le pensait? Perdu.

En guettant le robinet pas loin, l'armoire à verre aussi proche, il s'dit que la flotte sera pour bientôt. Il a attendu plus de 48h. Il attendra encore un peu - et maintenant qu'il est debout, et malgré ses jambes qui tremblent comme des malades, il s'dit qu'il a plus aussi soif que ça, même avec la sensation de l'eau glacée qui coule au fond d'sa gorge.. il prend le temps de s'étirer, tendant ses bras en arrière - sentant son corps vibrer sous l'effort, et se tordre intérieurement de douleur. Là, elle parait plus objective, plus présente. Il secoue ensuite la tête, par envie, faisant tomber ses mèches claires devant ses yeux, s'amusant à souffler dessus, à fixer Michal, la tête basse, à travers elles.

- Vous auriez pu me détacher les mains, quand même...,

fit il avec d'un très léger ton lourd de remords. Il riait en fait - au second sens du terme. Ça l'embêtait un peu, mais pas au point de lui en vouloir. D'un coup, il semble avoir retrouvé le Melvin qu'il connait. Celui qui perd la face sans la faire tomber. Il s'avance, prenant le temps de savourer le carrelage sous ses pieds, ayant l'impression de ré-apprendre à marcher. Il inspire, maintenant qu'il le peut de nouveau, et pour la première fois depuis longtemps, sent son coeur qui s'apaise, considère chaque battement, et accepte avec plaisir la sensation.. de vivre. Tout simplement. D'être en vie, et non sous la terre.

C'est à ce moment là que son corps en profite pour réclamer de l'eau. Sa gorge souffre le martyr, il sent qu'elle le tire par sécheresse. Il souffle - faut bien, et se tourne vers Michal.

- Avec des glaçons, de préférence.
Vous comptez me libérer quand ?


Il faillit ajouter "sinon, comment vais-je faire pour vous toucher?", mais se retient. Heureusement.

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Re: Chained. Ft Michal
Lun 10 Déc - 11:16


    Ça doit être dans ses gènes, cette capacité à se prendre pour un Tarantino aussitôt qu'il en a la possibilité. Déjà, t'hallucines un peu de le voir se mettre debout sur ses jambes contuses et d'arriver encore à marcher — tu te dis que tu l'as pas frappé assez fort, c'est pas possible : faudra y aller à la barre de fer pour mater sa peau de pierre — et t'hallucines encore plus du regard qu'il te lance en se collant à toi pour passer. Là, tu sens à quel point il pue la sueur et l'urine et combien il est sale. Il a pas l'impression d'abuser de ta gentillesse, encore. Il a pas l'impression d'en faire trop et de bousculer ton espace vital. Le suivant des yeux, n'exprimant rien d'autre qu'une infinie patience, qui se perd aussitôt qu'il pénètre le séjour pour se transformer en animosité passive, perçante, toi, t'as bien l'impression qu'il abuse et t'as bien la sensation qu'il en fait trop.

Il est ridicule — s'il est Tarantino, t'es Scorsese — et tu le laisses l'être. Tu vas pas rentrer dans son jeu débile et tu vas pas te faire avoir une nouvelle fois. T'es en train de comprendre que Melvin est un garçon de cinéma qui ne sait peut-être pas faire autre chose que provoquer la frénésie de son public pour exister. Mais qu'est-ce qu'il se passe si le public ne réagit pas ? Ah ! Tu te le demandes et Dieu sait que t'es déjà prêt à tenter l'expérience.

Calmement, alors, tu t'adoucis en l'observant progresser au milieu de ton mobilier épuré de tout ce qui peut être décoratif ou inutile et, en le considérant qui se détend les articulations, t'es pas bien certain d'apprécier qu'il rôde chez toi avec une telle aise. C'est pas que t'as des choses à cacher — clairement pas : hormis des vêtements et de la vaisselle, du linge et des produits ménagers, ‘y a pas grand chose dans les tiroirs des commodes ou sur les surfaces propres de la table en verre, du guéridon, du canapé ou du vide-poches ; tout a l'air très neuf et parfaitement opérationnel, depuis les leds en guirlandes épinglées au mur jusqu'aux marches de l'escalier qui descend en bifurquant à peine dans le noir —, c'est seulement que tu tiens à ton intimité et à l'ordre bien agencé qui règne ici. Ton antre, c'est ta sécurité ; c'est ton paradis, c'est ton point d'accroche et t'as pas bien l'habitude qu'on vienne t'y faire chier — et Melvin te fera très certainement chier : d'ailleurs, rien que d'entendre sa voix dans le calme profond de l'espace, t'es agacé. On dirait que personne vit vraiment là : on dirait un airbnb bien propret et fait pour voir passer tous les types de voyageurs, sans jamais se déranger ni les retenir sur place, eux ou les morceaux de leurs vies, malgré le style méditerranéen qui ferait fantasmer d'entendre la mer toute l'année et les ornements subtilement travaillés de tes meubles sombres, et d'un tapis démesuré, qui feraient apprécier le plus rude des hivers.

Comme attendant qu'il s'étonne ou qu'il se moque de ce qu'il découvre, tu perds pas une miette de sa progression. T'as pas envie de te dire que vous allez cohabiter ni qu'il va rester, alors tu te dis, en attrapant doucement la poignée, tirant pour ramener la porte sans la fermer, que, aussitôt cette sortie verrouillée, Melvin disparaîtra de la surface de la terre. ‘y a rien à craindre d'une existence que personne remarque ; ‘y a rien d'interdit si personne s'inquiète jamais de l'avenir et des conséquences. Qui viendra chercher ce bouffon, et qui voudra de lui si personne ne sait qu'il est là et qu'il respire encore ? Personne. T'es sournois, dans son dos, en te figurant tout ça, manigançant dans ta tête le fil de ces prochains jours. Tu réagis à peine à sa remarque : ça ne compte plus, l'attitude qu'il a, et ça ne compte plus, ce qu'il essaie d'atteindre en toi avec ses yeux bleus et sa bouche en coeur.

« J'aurais aussi pu ne pas te détacher du tout », que tu rappelles, te souvenant pas qu'il t'ait remercié de l'avoir libéré. Il a du mal à être reconnaissant, ton petit pote, mais tu lui en tiendras pas rigueur pour le moment : tu retiens la chose et lui rappeleras qu'on a jamais rien sans rien, autant de fois qu'il faut, quitte à le priver de nouveau pour lui apprendre à apprécier tes cadeaux, plus tard. Tu vas te charger de tout ce qui est susceptible de te déranger et le laisser en payer la note au moment des frais.

Tu refermes la porte, oubliant complètement l’existence de ton bol sur la balustre et, lorsque le verrou cliquette, que le bruit dehors se retrouve complètement assourdi, que plus aucun son ne s'invite dans la pièce hormis vos pas et vos respirations silencieuses, tu te détends magnifiquement. Ça commence, alors. Ça commence maintenant, l'excès de patience et la perversion de vos esprits. Melvin doit pouvoir sentir que la dynamique change, autant que l'ambiance, confiant que t'es en louvoyant autour la table pour aller gagner la cuisine. Tu le regardes en biais, un sourire en coin étirant sensiblement tes lèvres, enchanté que tu te donnes l'air d'être de pouvoir enfin entretenir un semblant de profondeur et d'amabilité avec lui.

C'est pas si bizarre que ça de se retrouver seul dans une pièce avec toi, et ça l'est pas non plus de l'être avec lui. Tu te fais chaleureux, hôte convivial et te permets même un coup d'oeil étonné, plein d'obligeance, en tirant un verre des placards qui font face à l'ouverture du salon. Le couteau a disparu de ta main en même temps que toi derrière le pan du mur.

Avec des glaçons — très bien, tu notes la préférence et sers le verre en glaçons. Tu comptes le libérer quand ?ah, bonne question : la conversation s'engage alors que le réfrigérateur gronde et concasse. Tu réponds pas de suite, t'attends de revenir devant lui, un verre long plein de bris de glace à la main que tu déposes sur la table. Tu le pousses du bout des doigts, devant la seconde et seule chaise qui fait face à celle que tu tires pour t'asseoir. Si ‘y a de l'eau dans ce verre, elle est invisible ou encore gelée — ‘y a pas d'eau, non, ou du moins, pas pour le moment.

À plat, tu poses tes grandes mains devant toi, le dos légèrement voûté, la bouche figée entre deux expressions — rire et hésitation. Encore, tu le regardes, une trop longue seconde peut-être, l'air d'attendre quelque chose que toi seul espère. Tu tapes d'une main sur le verre de la table et te redresses pour te verser contre le dossier de ta chaise. T'as le regard aussi brillant que la pupille d'un serpent.

« ... Ça dépend de ce que tu me racontes, mon pote. Moi je peux pas laisser un gamin qui sait fabriquer un couteau avec des branches et qui s'introduit chez les gens se promener librement dans le Harem, tu vois ? Ça poserait problème et personne n'aime avoir des problèmes.

Tu te frottes le nez, reniflant autoritairement avant de te basculer en équilibre sur les deux pieds arrières de ton assise. Tu glisses tes mains sur tes cuisses et observes songement l'agglomération de glaçons goutter le long du récipient et de son support.

Alors dis-moi, t'es qui et qu'est-ce qui t'intéresse, à part les emmerdes ? »

Tu relèves le menton, te faisant baller à la force des pieds d'avant en arrière, viril et languide une fois les bras passés derrière le dossier. T'es insouciant, on dirait, les sourcils paresseux et l'attention déjà couchée sur ses lèvres.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Lun 10 Déc - 13:21


Chained.



Attaché ou pas, tant qu'il peut parler, Melvin se sent "libre". S'il pense, et s'il réfléchit, alors c'est qu'il est libre. On fait d'un homme, un prisonnier, si on l'empoisonne et le conditionne de telle manière à ce qu'il ne puisse plus penser ni avoir son mot à dire - et ça, c'est une condamnation. Il estime que tout être est à peu près libre, ou, complètement libre, avant ce stade. Tant que tu sais ce que tu peux, et même si ce n'est qu'un peu, alors si tu vis et que tu en as conscience, alors c'est que tu es encore en vie, et quel meilleur cadeau est, que celui de le savoir ?

Michal, le sait-il ?
Si ses pensées étaient formulées à voix haute, le tortionnaire ne verrait en lui qu'un gamin qui essaye de se rassurer, par naïveté, qu'il détient une vérité absolue dans laquelle il a accepté depuis longtemps de se complaire. Seulement, ça ne marche pas comme ça. La vérité, elle est subjective. Seule la réalité compte, et encore.
Si une chose est vraie, pourquoi ne serait-elle pas réelle ?

- Pourtant, si j'étais à votre place, je verrai de l'avenir et des éléments prometteurs en ma propre personne, non?

Sa voix est devenue langoureuse. Il l'interroge, s'interroge également - décide de poser doucement les cartes sur la table sans les retourner pour le moment. Il mise, sans lancer de dés. Il est pas dans la meilleure posture non plus. Pourtant, il sent qu'il peut clairement avoir l'avantage. Alors en deux pas, il se retrouve devant Michal, le surplombant de sa "hauteur": sa présence, en elle même, est intimidante si on connaît le personnage. Michal ne verra en lui qu'un gamin archi-culotté, mais qu'importe. Qu'importe. Il sait ce qu'il fait.

Commençant à s'accroupir à moitié, étant penché sur lui, et pas entièrement assis, il cherche son regard du sien - un regard entier, comme un roi venant de mettre le doigt sur un doigt important, dont il cherche la véracité dans le regard de son souillon. Il veut le persuader de quelque chose, que Michal connaît sur lui, au fond de lui. Compliqué. Il veut que Michal s'fasse prendre lui même la main dans le sac, et qu'il vienne ensuite se rendre compte, qu'il s'est vendu, et qu'il n'a pas été démasqué sur le coup.

- Regardez moi, je peux tout faire.

À côté, sous sa main, le verre d'eau caché sous paume le fait tressaillir. Parler atténue sa soif - mais avoir vu le glaçon se glisser au fond du récipient lui fait l'effet d'une claque. Un peu de douceur, dans ce monde de fou. Il a soif, il a vraiment soif. Il espère que l'eau sera versée avant que le gaçon ne disparaisse entièrement.
Aussi proche de Michal, celui ci pourrait le faire plier à ses pieds. La tête de Melvin semble accrochée à celle du tortionnaire, par un lien invisible - et il la secoue, très légèrement, négativement, pour répondre à une prochaine interrogation. Non.

- Je peux vous offrir. Plus. Plus que n'importe qui dans ce monde.
J'peux avoir mon eau, s'il vous plaît?


Cette fois, il est certain de ce qu'il dit. La prétention? Probablement pas. Melvin pense sincèrement se différer des autres. Il pense également que parfois, il ne faut pas trop réfléchir. Si la vérité se trouve juste sous notre nez, autant la saisir à pleines mains, la compresser, l'aimer, et l'accepter telle qu'elle est. Pourtant toujours essayer de trouver des explications à tout ?

S'il est vraiment différent, c'est comme ça, non ?

Il n'a plus envie de simplement jouer. Il veut maintenant lui montrer ce qu'il est, pourquoi il est comme ça, comment lui succomber. Ouais.. ce désir.. lui montrer, comment succomber, sans perdre la face. Melvin est fort à ça.
Il est ce que les autres ne sont pas, et Michal le sait peut être aussi, remarque.. étant donné que depuis le début, même s'il imite un soumis, qui est resté accroché 48h à la balustre, et même si Michal pense de lui qu'il en est devenu un, Melvin, lui,
sait qu'il est resté le même.

- Ce qui m'intéresse Monsieur ? Mais vous n'avez pas idée de ce qui m'intéresse.

Autrement dit, une explosion. Voilà ce qu'il veut. Une explosion interne, pour être à l'apogée de ses capacités.

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Tortionnaires Personnels
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Re: Chained. Ft Michal
Lun 10 Déc - 15:28


    Oh, non, si Melvin Meyer était à ta place, il ne verrait pas l'avenir et les promesses d'une personnalité comme la sienne. Il verrait un jeune homme, tantôt paumé, tantôt prétentieux ; une véritable grande gueule qui ne se tait que pour mieux délinéer en pensées et qui se perd tous les jours un peu plus entre deux réalités : celle qu'il se fait croire et celle qu'il refuse de croire.

Sa petite voix langoureuse te met les sens en alerte et c'est l'oreille affûtée, le regard plus concentré, que tu t'affines et t'efforces de capter toutes les subtilités de son discour. Faut que tu prennes sur toi pour entendre ses phrases jusqu'au bout, que tu réajustes la vitesse de la locomotive dans ta tête pour pas les terminer à sa place et que tu t'occupes le corps, d'une manière ou d'une autre, pour pas perdre le fils en voulant attraper le noeud. T'arrêtes de te balancer une demi-seconde pour mieux reprendre en secouant rythmiquement une jambe — il pourrait te croire nerveux, de la sorte mais, s'il était réellement à ta place, alors Melvin verrait et saurait que tu n'as strictement aucune raison de l'être.

Ça t'amuse, d'une certaine façon, d'imaginer ce que pourrait penser l'Italien s'il était toi. Qu'est-ce qu'il dirait de ta vie, de tes calvaires et de ton cheval de Troy blême qui s'est glissé dans tous les trous de la société ? Est-ce qu'il verrait, lui, l'avenir et les promesses que tu offres ? La question qu'il se pose n'est pas la bonne — c'est pour ça que tu souris imperceptiblement : peut-être qu'au lieu de vouloir se mettre en avant, Melvin devrait d'abord se demander pour qui il s'avance.

C'est rarement une bonne chose quand tu trouves des qualités à quelqu'un. Toi, faut pas trop t'intriguer, faut pas trop t'inciter. T'es nocif, vraiment, et si le martyr l'a pas encore appris, c'est qu'il a vraiment pas la moindre idée de qui il essaie de berner. Faut pas que ça marche, son entreprise ; faut qu'il se barre avant qu'il soit trop tard, faut qu'il arrête maintenant : à te séduire on prend le risque de se faire dévorer. Ça aussi, il le verrait, s'il était à ta place et, s'il était à ta place, une fois de plus, il saurait aussi que les promesses valent peu de choses à tes yeux ; il saurait que les beaux discours sont peu de choses et que rien n'est plus prometteur qu'un geste.

Tu t'immobilises dès qu'il approche et fait mine de se pencher sur toi. Tu tiques intérieurement, dérangé. Tu supportes pas ça, tu supportes pas. Tu veux pas de ça chez toi, mais t'avales la pilule : plus il le fait, plus il t'aide à ne plus t'en formaliser. T'as déjà compris que t'arriveras pas à l'empêcher de le faire, par la force ou l'idée, alors tu prends le revers : il arrêtera de lui-même s'il finit par voir que ça a plus d'effet — tu te persuades comme tu peux mais, en vrai, t'arrêtes pas de te dire, et de repenser, qu'un jour il va finir par revenir te souffler sur les lèvres, te prendre la nuque, et tu sais pas, tu t'affoles déjà, tu sais pas de quoi tu seras capable si ça se reproduit. Ce petit con te fout en branle avec un rien — mieux en se taisant qu'en parlant — mais si tu soutiens son regard et que tu noies le tien dedans, t'oublies de t'agiter, l'énervement passe et la fièvre ne monte jamais.

Tu le regardes, moins parce qu'il te le demande que parce que ça te donne l'impression de contrôler ce qui vient. Si les yeux sont le miroir de l'âme, t'affrontes la sienne et la tienne se tient de pieds fermes. Tout ce qu'il te chante, c'est de la poudre qui ne prend pas : il le verrait aussi, s'il était à ta place ; il verrait à quel point il n'est pas convainquant.

C'est un amalgame de clichés, Melvin. Il est habité par les héros des romans dont il s'inspire pour écrire. Il se fait accroire, il s'invente et récite plus qu'il ne parle : t'es sûr qu'il est pas la moitié de ce qu'il dit et que, ce qu'il dit, c'est pas la moitié de ce qu'il fait vraiment. Quel beau menteur. Quel bel aspirant : il n'arrivera jamais à rien s'il pense qu'en se répétant il parviendra à t'emmener dans son monde. Le tien est plus grand, plus vivant, plus dément et plus véhément encore que ne sera jamais le sien : tu le regardes, tu le regardes bien, et tu vois rien. Les gens qui peuvent tout faire, ce sont très exactement ceux qui ne font rien.

Tu le quittes plus des yeux. Tu lui laisses son temps de parole. Qu'il blablate, qu'il fantasme, qu'il se crée le personnage qu'il veut : ce Melvin là est un guignol et, si tu ne ris pas, il ne t'agace pas non plus. Si tu t'impatientes, tu reprends ta bascule, la tête négligemment penchée vers la sienne, doucement perplexe. Il parle déjà d'offrir plus que n'importe qui dans ce monde et n'est tout de même pas foutu de te dire tout simplement qui il est vraiment.

S'il savait, oh, s'il savait ce que tu prends du monde, il te promettrait pas ça. Il le suggérerait pas. Il le dirait pas avec autant d'assurance : tu vas t'en souvenir, de ça, et ça ne sera pas que de l'audace le jour où tu vas réclamer ton dû.

T'as pas idée de ce qui l'intéresse mais lui n'en a pas la moindre de ce qui te plaît. L'intention derrière ses derniers mots te laisse entendre plus que tu ne devrais. Sa voix te rend mesquin, alors : tu tends le cou et, la voix basse, murmurant aussi sensuellement que lui, glissant tes pupilles sur le coin de sa bouche, tu suggères habilement, sans plus bouger :

« Et si tu commençais par m'offrir la vue de ton cul assis sur cette chaise… ? »

Ta main se lève, entre vous, pour désigner l'assise de l'autre côté de la table. Ton regard se fait plus vipérin en soutenant catégoriquement le sien.



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Melvin Meyer
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Re: Chained. Ft Michal
Aujourd'hui à 2:30


Chained.



Franchement il exagère parce qu'il avait été à sa place, jamais Melvin n'aurait laissé passer une occasion comme celle là. La soif a diminué : maintenant, ce sont chaque parole de Michal qu'il boit et qu'il savoure. Ce mec est un vrai spectacle. Putain, il lui en faut tellement peu pour s'mettre en scène, c'est hallucinant. Le regard posé nul part, ne serait-ce que, perdu dans l'vide, il se laisse tomber en arrière sur la chaise qy'a dans son dos, face à Michal. Ok, il veut parler.

Okay.
Pigé.
Parler.

Humidifiant ses lèvres, prêt à lui sortir tout un jargon, il prend quand même le temps de sélectionner ses mots.. et en même temps de trouver un moyen de pas trop s'torturer la mâchoire en parlant. Faut dire qu'il l'avait sacrément amoché et bordel de merde, il commençe à se demander si Michal ne trouve pas le plaisir de jouir juste en fracassant des gueules. Il se redresse finalement, jetant un bref coup d'oeil à la zone juste à sa gauche, avant de se focaliser de nouveau sur Michal.

- J'ai bien compris que vous vouliez des réponses concrètes de ma part. Qui je suis ? Je peux pas vous le dire là, sur commande. En fait. Ce genre de choses, on s'en rend compte avec le temps.

Il n'a aucune idée de la portée de ses mots - s'il arrive à parler normalement, si c'est compréhensible, s'il ne parle pas plutôt en yahourt. Le ton donne de la consistance à nos paroles, les mots en fond la profondeur. Melvin estime avoir ce pouvoir de leur donner de la puissance, qu'importe la manière dont il les prononce. Maintenant, devant un mec comme Michal qui a l'air aussi dur que du béton et aussi insensible qu'une pierre, c'est 50/50. Il décide de raccourcir le récit, à défaut de ne pas avoir l'éternité devant lui. Michal en deviendrait fou.

Melvin, c'est un long parchemin qu'on peut laisser se dérouler sur des millions de kilomètres, mais vaut mieux réfléchir avant d'le faire, au risque de se perdre trop rapidement dans des enchainements de phrases, des successions de mots probablement trop puissants pour nous. Il en a pas forcément conscience, ou juste un peu. Disons qu'il n'a pas à trop réfléchir quand il fait son récit.

- Je suis prêt à faire des efforts pour faire connaissance avec vous. Seulement si vous continuez de me traiter comme un chien, ca va être compliqué de me mettre à votre niveau. Ou compliqué pour vous, de vous mettre au mien.

Par là, il entend qu'il estime bien évidemment être au-dessus de lui. Les chaines et la pression ne sont que des faits. Des détails. Il passe outre, et se met psychologiquement parlant, sur un piédestal au-dessus de lui, voir mieux. À sa hauteur. Soudain, le verre d'eau n'est devenu qu'une option. Vraiment, une option. Il est déjà passé à l'étape suivante: le bain. Et il a sa petite idée de comment tourner ça.

- J'accepte de répondre à toutes vos questions, à partir du moment ou j'serai détaché, et en train de me laver dans un bain. Nous pourrons parler à ce moment là.

Il sous-entend que la discussion ne sera ouverte que, et seulement que, si Michal accepte de remplir sa part du marché. Mieux encore, il veut bien le tester pour une fois, de la manière la plus subtile qui soit. Le mettre face aux faits. L'idée de se retrouver seul à seul, face à face avec un soumis, à moitié gay, entièrement nu le gênerait-il, par hasard ?
Guettant ses réactions, il plante ses iris dans les siennes, le défiant carrément.



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Re: Chained. Ft Michal
Aujourd'hui à 13:36


    C'est vrai, t'es du béton armé. Un véritable barrage duquel l'eau ne filtre que selon ton bon vouloir. T'es un vrai mur ; une merveille urbaine, une fabrication blindée pour asservir la nature. Soit elle s'éclate la tête contre ta paroi, soit elle s'appuie sur toi. ‘y a rien de plus sûr qu'une telle architecture. ‘y a rien de plus dément que cette démesure. Si Melvin veut voir le soleil et nager dans les sources, faut qu'il sache escalader sans prises : t'en as pas et même tes fêlures laissent pas passer les tout petits poissons.

C'est très exactement pour ça que tu restes impassible, récupérant tes bras pour les accouder à la table. Les pieds de ta chaise retrouvent la terre ferme et tu courbes le dos, les homoplates jouant sous ta peau. La seule chose que t'as compris, toi, c'est qu'il a rien compris, lui. Et ça te fait plus sourire. Et ça t'amuse déjà plus. T'en as marre d'entendre autre chose que ce que tu veux le voir dire et t'en as marre de le laisser filer — ouais, Melvin file chaque fois qu'il répond à côté et, là, tu sais plus si c'est fait exprès ou s'il est vraiment attardé.

T'as plus de patience pour lui. C’est fini : le pot autour duquel vous tournez, tantôt toi, tantôt lui, va tomber et se briser. Tu ramasseras aucun morceaux pour les recoller. Tu vas rien céder : les gamins capricieux qui se la jouent, tu connais. T'en étais un et tu sais comment on n’a rien envie de leur donner, à ces perturbateurs, à ces dégénérés, à ces mioches dérangeants qui comblent le manque, le vide et la frustration n'importe comment. On les frappe puis on les rejette, les enfants bizarres. On les tue puis on oublie qu'ils vivent. Tu te reconnais pas spécialement en Melvin, c'est juste que ses présomptions te pincent. Plus tu l'observes et plus tu l'écoutes, moins t'es capable de dire s'il est à part ou s'il fait semblant. Si t'es pas indulgent, t'as pas non plus assez de sang-froid pour le découvrir et alors la matinée peut être aussi longue qu'elle veut, vos violons indéfiniment peiner à s'accorder, peu importe : tu penses déjà à après et sais qu'à dix heure, quoi qu'il se passe, tu t'en vas te défouler dans la salle de sport puis courir dans le désert — ça te maintient, ça te rend de la ténacité : t'es même pas en train de t'échauffer, là.

Contrairement à toi, lui, il sait méme pas ce qu'il va advenir de la prochaine minute alors il joue tout maintenant — soit il veut t'abuser, encore, et il se croit bien meilleur qu'il ne l'est, soit il est inconscient et a oublié dans quelle situation il se trouvait : de vous deux, qui a vraiment les mains liées ?

Tu le détâcheras pas : il est hors de question que tu le laisses agiter ses doigts partout. Il a de trop belles mains, ce serait dommage de les blesser.

« T'es pas en mesure de marchander quoi que ce soit, mon pote, t'es calme, quoique perce dans ton ton une certaine fermetée qu'il n'arrivera pas à plier. T'y vas de la main, écartant les doigts pour les poser en dôme sur la table et lui faire comprendre tout le sérieux de sa condition.
T'es un imprévu, chez un inconnu, devant un inconnu, et je pense bien que, si t'étais effectivement à ma place, t'aimerais pas voir le petit con qui s'est invité en face de toi abuser de ta gentillesse. »

Tu soupèses un instant son regard, comme t'assurant d'être intelligible. Oui, tu es gentil : tu l'es extrêmement, considérant tes nerfs prêts à s'hérisser. Tu sais l'être plus, encore, mais Melvin ne mérite déjà pas que tu te donnes autant la peine d'articuler. S'il ne comprend pas, là, tu sais plus comment tu dois t'y prendre sans tout simplement devoir te débarrasser de lui.

« C'est pas à toi de faire connaissance avec moi. T'es une sous-merde, concrètement t'es moins qu'un vieux bâtard, et si t'es encore en capacité de respirer et de t'asseoir, de te lever et de parler, c'est parce que je t'en donne encore le droit. Doucement, tu te penches au-dessus de tes bras, ramenant ta main dans l'ombre de ton torse. T'entrelaces tes doigts entre eux et les lettres tatouées sur tes phalanges se mélangent sereinement pour ne plus former aucun mot compréhensible. Tu montres les dents en rouvrant la bouche.
T'en as pas, autrement. Ça, faut que tu l'intègres vite. T'as aucun droit, ici, là, tant que t'es dans cette baraque. T'es personne. T'as pas de niveau, sin. Le seul intérêt que t'as, c'est t'assurer de garder celui que je veux bien te prêter dans ma grrandé gentillesse. »

Tu fais inconsciemment rouler le R et ton accent ressort sur l'exagération : tu retiens la seconde qui suit et le silence qui vient avec, un sourire indéfinissable au coin des lèvres. Tu soupèses plus rien dans ses yeux : tu perfores et tu te laisses pas interrompre. Quand tu parles comme ça, on t'écoute ou on rate la chance qu'on a de s'en sortir indemne. Tu les donnes, les clés. C'est pas ta faute si personne ne sait les orienter dans la bonne serrure.

« T'acceptes de répondre parce que, sinon, ‘y aura plus de questions. Est-ce que tu parles assez bien ma langue pour comprendre ce que ça va impliquer, si j'arrête de poser des questions ? » Quand il n'y a plus de question, ne reste que l'action.

Tu délaces tes doigts et récupères le verre, faisant mine de boire le peu d'eau que la fonte des glaçons a pu emmener. T'en voles un et tu te le coinces entre la gencive et la joue. Tu reposes le verre entre vous.

« ‘y a une coupure d'eau ce matin. On peut attendre qu'elle passe en silence ou en parlant. Je te laisse choisir, mais si tu parles, c'est pour me dire : ton nom, ton âge et ce que t'as cru pouvoir trouver dans cet appartement. »

Tu tends la main gauche et comptes sur tes doigts, les dépliant l'un après l'autre contre la table, en même temps que t'énumères les trois fondamentaux. L'auriculaire pour le nom : ‘y a un « S » qui se montre sur ta première phalange ; l'annulaire pour l'âge : c'est un « E » qui se dresse, et le majeur pour ce qu'il est venu foutre ici, avec un « Y » de belle taille pour en souligner l'importance. Un superbe « YES » s'affiche, alors, parfaitement lisible de gauche à droite pour Melvin. Fait exprès ou pas, le message peut difficilement être plus clair.



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Re: Chained. Ft Michal

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