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HAREM OF CORRUPTION  :: Palais privés :: Les appartements :: Michal Slovan

Crowd-pleaser

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Tortionnaires Personnels
✥Arrivée dans l'Harem » : 29/10/2018
✥Coup de fouet » : 57

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Crowd-pleaser
Jeu 22 Nov - 11:35


    Le fauteuil glisse lourdement, comme t'appuies les talons sur le rebord du balcon, les jambes étendues et croisées devant toi. Le cuir, rose et molletonné, geint en même temps que t'enfonces les épaules dans le dossier, en quête d'une position parfaitement confortable que tu ne comptes pas quitter avant un bon moment. Les seules gesticulations que tu t’accordes, en ce début de matinée, reviennent à tendre le bras, pour boire ton bouillon, piocher dans le bol de dattes qui repose juste à côté de ta hanche et te lécher l'index pour tourner la page du vieux journal illisible qui retient toute ton attention.

Tout est écrit en sanskrit, l'encre est partiellement effacée, les nouvelles sont d'un autre temps et ça n'a pas la moindre importance. Ça te dérange pas, les taches d'humidité et les bavures ; les odeurs de chiffon empoussiéré et de champignon ne gâchent pas ton plaisir. Tu pourrais le lire sur la fesse d'un cul-de-jatte, ton papier, que t'aurais le même air captivé et sérieux.

T'en as plusieurs, comme ça, dans toutes les langues on dirait, et que tu sois capable ou non de comprendre ce qu'ils racontent reste un profond mystère. Ils sont tous datés du même jour, ou proche, et de les survoler autant que de les lire t'apporte une satisfaction toute étrange. Ça te détend. T'aimes collectionner ces merdes et les payer une misère, selon leur origine et la capacité du pays à s'offrir sa propre propagande sur du papier fin. ‘y en plein qui n'ont pas de journaux, voire pas de journalistes tout court, alors l'information passe autrement — avant internet, avant les téléphones portables, ‘y avait que ça à faire pour se parler. C'est malheureux mais, comme tu t'es rendu dans tous ces pays, tu sais quand même comment tu peux consoler ta fascination perverse pour les faits divers et les petites annonces internationales de ces coins du monde en déperdition. Perverse, oui : les dessins ou impressions photos sont parfois pornographiques ou relèvent d'un culte de la personnalité très prégnant ; les informations sont parfois magnifiquement enrobées et la rubrique nécrologique totalement oubliée. Tout ce que t'aimes.

... C'est assez rare de te voir installé de la sorte, devant la porte entrouverte de ton appartement sévèrement plongé dans le noir. Tu laisses rentrer l'air, comme on dit, lui qui n'est pas forcément le bienvenu habituellement. Comment tu vis là-dedans, on n'en sait foutrement rien — c'est un grand secret dont tout le monde se fiche, ce qui arrange bien tes affaires. Mais, c'est drôle, quand même, parce que dès que la Cour des Favoris semble un peu se vider, tu montres le bout de ton nez, t'observes les jardins immenses sur lesquels t'as belle vue à l'ombre de la promenade, et tu sors ton mobilier club de ton salon pour squatter le corridor d'accès et prendre ton déjeuner. Tu le fais pas tous les matins, comme tu passes pas forcément tes nuits à dormir et encore moins à tourner en rond chez toi, mais c'est un petit rituel que tu aimes tout particulièrement, notamment au lendemain de ton arrivée au Harem ou à la veille de ton départ.

Ça sent le jasmin, quand on passe devant ta porte, entrebâillée et bloquée par un balais en équilibre entre la poignée extérieure et le pan de mur à côté. Ouverte mais interdite, voilà ce que ça dit de toi, ça, alors que tu plonges le nez dans ta tasse à l'effigie de la Legion Run.

… T'es d'un calme déconcertant, ce matin. C'est peut-être les cachets que t'as pris, pour pas foutre en l'air tes vacances, pour pas perdre patience et surtout pour rester capable de penser normalement. T'es parti dans un délire sordide et t'en es revenu les lèvres ouvertes. T'as le buste marqué d'ecchymoses et d'entailles qui te traversent le flanc jusqu'à l'épaule, belle route qui croise une mer violette qui coule dans l'autre sens. On dirait la griffure d'une corde de chanvre et les coups d'un objet contondant plutôt lourd. Tu souffres pas tant que ça, mais t'as laissé tombé le manteau et la chemise pendant quelques jours pour leur préférer le gel froid. Ce qui te fait le plus mal, en fait, c'est l'étreinte du méthylphénidate, qui te force à garder les yeux ouverts et qui restreint la balade de tes pensées. Il a fait fuir le sommeil et ton appétit. Il te vrille les oreilles dès que tu pars trop profondément dans ta tête et t'allourdit l'humeur d'une dépression qui peut pas s'exprimer. C'est censé te calmer. C'est aussi censé te rendre plus efficace — mais tu l'es déjà, alors les effets secondaires se battent avec tes neurones sans que jamais l'un prenne le dessus sur l'autre. Tu vas peut-être vomir avant d'avoir fini de boire, et ce sera autant à cause de la toxicité de ce dérivé d'amphétamine que de ton intolérance totale vis à vis de l'attente et de l'inaction.

T'aurais aimé que ce soit vraiment un génie, ton Aladdin, et qu'il te surprenne dès le lendemain de votre rencontre. Ça t'aurait peut-être égayé la semaine autrement et t'aurais peut-être même pas eu à défouler ta frustration aussi connement — à vrai dire, t'as pas arrêté de le chercher, ce toquard, tout en niant la vérité de la chose ; partout où t'es allé, t'as cru l'apercevoir, ou pouvoir seulement le faire, le coeur ouvert au hasard, mais faut croire que le hasard est un salopard capricieux auquel faut pas laisser le volant. T'as traîné l'obsession dans la salle de sport et tu l'as tué au Sensuality. Elle est restée là bas, pendue à une corde, à se creuser les reins sur une pauvre fille aux yeux profondément bleus. Puisque c'était pas assez, tu les lui as fait fermer jusqu'à ce qu'elle te saigne de protestations.

Maintenant, tu veux plus savoir si elle vit toujours ou si elle revient doucement vers toi en rampant. Faudrait qu'elle supplie, cette pauvre obsession, pour que tu montres seulement que tu te rappelles d'elle.



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Melvin Meyer
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Martyrs Insoumis
✥Arrivée dans l'Harem » : 31/08/2018
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Re: Crowd-pleaser
Jeu 22 Nov - 23:34


Crowd-pleaser.

Le chenapan avait fini par zapper la présence de Michal... dans sa vie... pendant, disons.. un temps indéterminé. Quelques heures, jusqu'à ce que le soleil finisse par disparaitre à l'horizon pour marquer le réveil des bêtes de la nuit. Par bêtes de la nuit, on entendait, évidemment, Melvin. En autre. Puis il avait repensé à cet homme, perché en haut d'un arbre sur lequel il avait réussi à monter sans trop de difficultés et sans trop d'yeux indiscrets. Y a la curiosité qui le ronge au fil des minutes qui passent, mais il a été bien trop ailleurs la veille pour s'en rendre compte. C'est triste à dire, mais son état physique reflète clairement ce qui peut bien se trouver au fond de lui. Ces dernières années, il a du faire tant d'efforts pour ne rien oublier, inconsciemment parce qu'il sentait qu'il ne devait rien zapper. Qu'ça servirait pour la suite. Tout ça.

Et entre temps, il a du lutter contre lui même pour ne pas se fondre dans l'bitume et nier son existence toute entière. C'est déjà le cas, dans un sens - mais parfois, quand il est seul, il s'amuse à se considérer quelques instants, quelques secondes, juste pour l'principe de le faire. C'est ce qu'il fait ce soir, en prenant un recul considérable sur la situation. Il n'est pas lui, il est un autre.
Et cet autre pense à ce Melvin. Et ce Melvin.. autant dire, qu'il est dans la merde. Dans la plus grosse des merdes. Mais c'est pas la première fois, n'est ce pas Mel'?
Et probablement pas la dernière. Le jeu ne fait que commencer.

Y a quelques heures, il avait pour quête de retrouver.. un fantôme.
Oui, un fantôme, vu que il avait jamais entendu ce nom, et que de plus, il l'avait jamais croisé. Venant de Melvin, ça, c'est un scoop. C'est la fouine qui sait tout dans le harem. Il connait les trois quarts des noms, parce qu'on les lui a dit, ou parce qu'il les a trouvé, tout simplement.
Et ce nom, Nans Trigger. Il en a jamais entendu parler.
Il est peut être temps.. il est peut être temps de faire le premier pas.
De se jeter dans la gueule du lion, d'oublier qu'au fond, il sait probablement qu'il existe pas ce Trigger.

Il se lève subitement, prend le temps de rajuster ses vêtements pour être un minimum présentable.. quelle blague. Il en a foutrement rien à faire d'être un dépravé ou un dieu devant ce mec. Alors qu'il s'éloigne de cet arbre, il se dit que dès l'aube, il reprendra sa route.



Et c'est ce qu'il fait. Les premiers rayons se pointent au travers des quelques nuages.. il est allongé sur le sol, il sait même plus comment il a atterri là. C'est un calvaire. La plupart du temps ça l'étonne plus parce qu'il a cessé de compter le nombre incalculable de fois où il a fini par s'asseoir contre un muret, dans l'espérance de voir le soleil, alors qu'il finissait comme d'habitude par sombrer dans les bras de Morphée. Ce matin, c'est différent parce que même l'air semble plus lourd, annonciateur ... d'un renouveau. D'une renaissance en elle même, écrite et attendue. Il l'attendait, cette renaissance. Comme une fleur attend le soleil pour fleurir, comme l'oiseau qui attend le moment où il sera prêt à prendre son élan pour sauter dans le vide.
En réalité, il n'a aucune idée de où il va bien pouvoir aller le chercher, ce mec. C'est censé être simple de retrouver quelqu'un dans un endroit pareil, non ? Visiblement pas, non.

Il fait les routes, tous les chemins possibles, il va à droite, et puis à gauche, en diagonale même. Il ne demande rien, à personne, il va même dans les recoins les plus improbables - Nans ne s'y trouvera probablement pas.. il y va quand même. Puis finalement, l'ennui le gagne. L'ennui, ou plus précisément, la lassitude. Faut bien commencer quelque part un jour : il s'arrête devant quelques personnes pour leur donner, non pas un nom, mais la description de Michal.

Un grand châtain, assez imposant, avec des tatouages.. partout, et il décrit l'endroit où il a des tatouages. Un visage fin, avec un nez .. assez tordu pour être qualifié d'aquilin, des lèvres assez pulpeuses également, des sourcils broussailleux, légèrement plus foncés que son cuir chevelu. Un truc clair, précis. Des détails minutieux, qui finissent par se mélanger dans ses paroles.

Et tout ce baratin, balancé d'un ton si naturel, et si sec, .. il s'éparpille pas Melvin, même si ça en donne l'air. Il perd pas son temps, parce que tout ce qu'il fait, même de possiblement inutile, il le fait avec amour. Par amour, sans que ça soit vraiment le cas. Disons qu'il n'est pas dans sa nature de penser qu'il est le genre de gamin à perdre son temps, tout est calculé et anticipé. Il est de sa nature de croire fort que chaque chose qui peuvent paraître futiles feront valoir leur utilité dans le futur. Un grand châtain. Y en a des tonnes ici. Mais non. Introuvable.. jusqu'à ce qu'on lui lance qu'y a un mec, comme ça, qui vit pas loin. Qu'on a déjà vu entrer dans une baraque, pas un palais, haha. Non. Une baraque. Un appart. La description est assez claire pour qu'il en perde sa politesse.

Il fait volte face, et dans le plus grand des calmes, s'y rend.
Ses pieds traînent sur le sol, laissant des nuages de poussières se former derrière lui.
Il a un pied en chaussette, l'autre nu. Habituel.
Il est dégueulasse, pour s'être endormi sur l'bitume. Mais il pue pas. Il sent lui.
Ses cheveux s'font la guerre, et ça lui imprime un air effroyablement sexy sur l'visage. Il est désirable. Un voleur. Un chenapan. Le genre de mec qu'on sait pas trop comment soumettre, mais qui peut éventuellement décider de le faire par lui même. Le genre de mec qui frustre au point d'faire exploser tout ce qui est inflammable autour de lui.

Et il trouva cet appartement. Enfin, ce qui en était. Cette demeure, cette piaule, c'bout d'ruelle. Qu'importe l'endroit où se trouve les privilégiés, ici, tout est luxure et argent. Le balai bloque l'entrée, et il le considère franchement. Il a toujours son bout de métal, qui ressemble bien plus qu'on ne peut le penser à.. une lame. La lame d'un poignard aiguisé. Forcément que c'est aussi dangereux dans les mains de Melvin. Une gomme serait dangereuse entre ses doigts.
Et il l'a sort, lentement, très lentement - la faisant pratiquement glisser sensuellement, de
sous sa chaussette, puis le long de sa jambe. Les fantômes dans les murs peuvent entendre le tintement de la lame qui en frotte une autre, léchant sa peau, léchant son pantalon. Habilement, il la fait tourner entre ses doigts, puis enjambe le balai, relève le menton et fait sa prière.

Prière qui n'est pas de mots ou de murmures, mais qui prend vie dans le roulement de ses yeux dans leurs orbites, dans la texture de ses bras qui se crispent discrètement le long de son corps, dans le mouvement de son pied droit qui se courbe pour qu'il n'y ait plus que la pointe sur le parquet. Tel un cobra, il se faufile dans son dos.

Il est assis. Tranquillement, les deux jambes tendus devant lui.
Avec Melvin dans son dos, et s'il avait la cruauté et le tempérament d'un tueur, il pourrait aisément retourner sa chaise, et le faire basculer par-dessus la balustrade.
À la place, il glisse la lame sous son menton, lui faisant relever le visage..
La froideur du métal peut le surprendre, plus que le geste encore. Il effectue une légère pression sur le derme de sa gorge, qui est maintenant tendue et libre d'accès.

Pour qu'il puisse... embrasser sa peau. Il y a assez d'espace pour qu'il puisse.. explorer chaque parcelle de ce cou, qu'il y laisse sa marque, son territoire, tout en observant de près les frissons qui pourraient le recouvrir...
Dieu, ce que cette image est bonne alors qu'il l'imagine.


Il est là, Michal.
Nans, il est où? Foutaises. Il en a strictement rien à branler de cet homme.
Finalement, maintenant qu'il a planté ses yeux sombres dans ceux du vil serpent, il ne veut personne d'autre que lui.

Il pose son avant bras sur le haut du dossier, son visage n'étant plus qu'à quelques centimètres du sien. Il l'observe, assez longtemps pour pouvoir imprimer cette beauté dans son imagination. Puis ses lèvres s'entrouvrent, et Michal, à cette proximité, peut les voir se séparer l'une de l'autre. La seule chose qu'il ne peut pas sentir, ni ressentir même, c'est son souffle presque inexistant.

- Tiens, tiens, comme on se retrouve...

Il attend une réponse, le temps de dix secondes et demi, puis finalement, se résigne à être patient, et relève subitement ses yeux vers la magnifique promenade qui se trouve dans son champ de vision. Il l'observe, intensément, avec insistance. Elle l'appelle, lui crie de la longer, et de s'en aller. Tu t'en vas déjà, Melvin ? Non. Allez, viens. Ça sert à rien. On pourrait croire qu'il va l'faire. Pourtant...

- Je me disais bien. Que nous finirions par nous retrouver.

Ses mots dans un souffle. Il inspire, puis baisse de nouveau son visage vers celui de Michal, qui lui apparaît comme beaucoup plus réel d'un coup. Son regard se noie dans le sien. Il veut qu'il sache, juste de façade, quel genre de gosse il est. Et là, il attend.

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Tortionnaires Personnels
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Re: Crowd-pleaser
Ven 23 Nov - 10:01


    Alors, elle est toujours vivante. Elle a pris le temps de se remettre — de se préparer, tu crois —, pour te surprendre au meilleur moment. Qu'est-ce qu'elle est bonne. Et qu'est-ce qu'elle est belle. Peut-être a-t-elle aimé se faire abattre, et faire semblant de l'être, juste pour te revenir en douceur et t'étreindre chaleureusement.

Ton obsession t'adore. Tu sais que c'est elle qui se tient là, derrière toi, juste un peu au-dessus, juste un peu à côté, juste au creu du cou, juste sur le fil du rasoir. Tu la reconnais à l'odeur ; t'as pas besoin de la voir pour savoir que c'est elle : il n'y a qu'elle qui puisse te faire fermer les yeux de surprise et ravaler tes terribles sursauts.

On t'a pas entendu t'étonner quand la lame est apparue. C'est pas parce que t'es imperturbable, non : l'émotion t'est montée si violemment du torse à la tête, véritable envol d'un saisissement tout intériorisé, que tes organes et tes muscles se sont tétanisés pendant quelques secondes.

Ça ne t'arrive jamais, ça. Qu'on t'arrive par derrière et qu'on te mette un couteau contrefait sous la gorge, ça n'est jamais arrivé. Ça n'arrive jamais, que tu sois stupéfait au point de rester choqué. Mais, parce que d'autres choses te sont arrivées, tu sais garder le silence.

Ne fais pas de bruits ou tu vas réveiller le monstre. Ne le dis à personne ou tu seras punis. Tu mens. Tais-toi, tu vas rendre les gens tristes.

Tu gardes le cou offert, la tête inclinée en arrière, la nuque lourde d'être trop crispée. T'as les lèvres entrouvertes mais tu respires pas — dedans toi, tu te noies, et les substances que t'as prises luttent pour restreindre la colère dans ton sang. T'as du mal à rouvrir les yeux et la contrariété danse sous la peau de tes joues.

Ça n'arrive jamais. Ça, là, ça n'arrive jamais. Pourtant, ‘y a toute une partie du monde qui possède de grandes raisons de vouloir t'égorger sur place. L'autre partie, tu lui en inventes et t'es sûr qu'elle veut tout autant le faire. Mais ça n'arrive jamais, et puisque c'est quand même arrivé, t'es bien heureux, là, qu'on te prouve que t'es pas totalement paranoïaque et que les mains que t'imagines parfois t'étrangler peuvent tout à fait le faire. C'est parce que tu réalises ça que tu parviens à relever les paupières. La première chose que tu vois, c'est le prolongement du ciel, les toits et la verdure en contre-bas qui se présentent à ton regard comme une belle piscine dans laquelle sauter, sans le désagrément de l'eau, sans avoir à craindre la température. Tu préfères de loin te péter les chevilles et les genoux en plongeant de trop haut que de supporter qu'on te contraigne comme tu l'es présentement.

C'est de la contrainte, ouais. C'est pas une tentative d'assassinat ni de la vengeance — non, ton obsession est aussi obsédée par toi que toi par elle, et c'est peut-être tout ce qui te sauve. On gâche pas son effet de surprise lorsqu'on veut tuer. On ne le fait que lorsqu'on veut provoquer et prouver quelque chose — tu calcules tout ça, bien silencieux, la langue mécontente caressant tes prémolaires. Tu baisses les bras, le journal plie, et tu t'enfonces un peu mieux dans l'assise.

T'es content que vous vous retrouviez, mais t'es pas content du message qu'il essaie de faire passer, qu'importe le message. T'es pas content du temps qu'il a mis, mais t'es content de voir qu'il est imaginatif et capable d'utiliser ses mains. S'il a pris le temps de fabriquer cette parodie de couteau à beurre pour toi, alors t'es franchement flatté de l'attention qu'il te porte. Pour autant, la tienne, tu ne vas pas la lui accorder.

Tu tiques, faisant claquer ta langue discrètement quand il se penche, essayant de te pencher en suivant. Tu sens la pression et la griffure de la lame et les secondes passent pour te permettre de te ressaisir. Tu laisses tes nerfs se détendre. ‘y a pas moyen qu'il te refasse le coup de te souffler au coeur des lèvres et ‘y a pas moyen qu'il obtienne quoi que ce soit de ta part — voilà, tu respires et t'es capable de baisser les yeux, juste pour te regarder les mains. Parfaitement calme — non, t'es troublé et t'es pas bien du tout ; c'est juste le sang qui t'est pas encore redescendu dans les doigts et ta putain de fièvre continuelle qui dort. Tu te questionnes sur la manière la plus pertinente de te libérer en concevant déjà la possibilité de ne pas le faire : t'acceptes de perdre quand la victoire est belle et, Melvin Meyer, en cet instant, est certainement très beau.

Dommage que tu t'interdises de le regarder et dommage que Melvin Meyer ne soit toujours pas un assez bon Melvin Meyer pour toi. Il se disait bien que vous finiriez par vous retrouver et ça n'est franchement rien d'exceptionnel — oh, cette phrase t'irrite tellement ! Tu tends la pointe d'un pied sans plus rien changer à ta position, pour te délasser les tendons, une moue perplexe aux lèvres. Tu pourrais peut-être le surprendre et le désarmer facilement, mais c'est encore plus simple de ne rien faire. Tu déglutis prudemment.

Peut-être que ton petit rital aime les jeux sado-maso, que tu imagines. Puis peut-être qu'il aime se faire accroire qu'il a le contrôle de la situation. Tu vas être sympa : tu décides de lui laisser maîtriser la chose. C'est encore une manière de lui mentir et, s'il a cru qu'en arrivant ici, il avait fini de marcher, alors vous ne faites vraiment que commencer à vous trouver.

« Je peux parler… ? »



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Sam 24 Nov - 2:22


Crowd-pleaser.


Je peux parler… ?

C'est déjà ce que t'es déjà en train de faire depuis le début, du con.
Melvin respire par le nez, et si fort qu'y a ses narines qui s'ouvrent en grand. Il considère la promenade, à nouveau, s'demandant s'il ferait pas mieux de lancer Michal par-dessus bord pour garder le fauteuil de cuir. Ça s'trouve, il rebondira de l'autre côté...
C'est pas qu'il ne veut pas entendre sa voix.. c'est juste qu'il a pas fini son numéro. En même temps, y a ces trois mots qui lui retournent littéralement les tripes. C'est comme s'il les avait attendu, sans vraiment le savoir et que l'entendre parler, lui parler, est tout ce qu'il souhaitait de plus au monde.
Alors il respire - faut bien que tu respires Mel', parce que sinon tu vas encore criser pour des conneries et franchement, t'es pas sûr que ça serait très normal pour cette raison en particulier.

- Ouais. Parlez.

Il appuie une dernière fois la lame sur son derme - un avertissement, qu'il remet ça à plus tard. Puis la fait disparaitre d'un geste vif, d'une telle vélocité, que Michal a pas l'temps de calculer là où elle est passée. Les hostilités se calment, et il se redresse, attendant en fait que l'autre daigne lui lâcher un de ses baratins habituels. Lui dira t-il où est Nans Trigger ou va encore falloir qu'il fasse le pitre à chercher dans la terre ? Cette situation n'est typiquement pas normal et c'est forcément la raison pour laquelle il est dévergondé. On ne pourra jamais lui ouvrir les yeux sur cette histoire, et encore moins sur ce qu'il est en train de foutre, parce que soit il refuse de voir la vérité en face... soit il préfère avoir les yeux exorbités. Il est pas fou. Il n'est pas malade.. enfin, concrètement pas, non.

Il est juste un aveugle qui préfère marcher sans canne, ou un taré qui préfère se jeter dans la gueule du loup au lieu d'être normal.. juste, normal.
Est-ce que tu es normal, Melvin ?
Qui pourrait dire que tu l'es? Qui pourrait l'affirmer, et le clamer haut et fort puisque...


Puisqu'il vient tranquillement se poster à côté de Michal, une main dont les doigts sont resserrés sur le haut du dossier de sa chaise. Un bon chien de garde. Un chien, près de son maître ? Ses yeux se perdent à l'horizon. Le silence est si bon quand il n'est pas imposé. Il attend simplement d'entendre ce que Michal a à lui dire. Il est venu, mais il n'avait pas de raison concrète et précise de se pointer chez lui. Il est venu, simplement. Et maintenant qu'il est là, il peut sentir ce qu'il avait déjà présupposé de sentir très prochainement: Une dilection. Profonde et secrète, qui pique son coeur, mais qu'il ne peut expliquer. Il ignore encore si c'est à cause du tortionnaire, ou de ce qu'il réussit à lui faire ressentir.

Il ignore s'il l'a sent bien, cette sensation, de renouveau, de bien être - bien être, certes, noyé dans son apocalypse naturelle, mais un bien être malsain, paradoxale, vicieux, et en opposition avec tout ce qu'il y a de plus doux. Et pourtant, pourra t-il venir troubler la vacuité de sa médiocre existence ?
Il l'oublie souvent, sa présence sur la terre. Un oubli véniel, anormal. On a tous besoin de se souvenir, autant en mal que en bien, et pour se souvenir, il faut savoir.
Melvin, c'est un fantôme. Du moins, c'est la manière dont laquelle il se perçoit.

Il écarte tous ces songes pour se reconcentrer sur son interlocuteur, ou plutôt sur sa présence qu'il sent à côté de lui. Il redresse le menton, entrouvre les lèvres, respire plus doucement. Il est plus calme, d'un coup, alors qu'il est carrément dans la piaule de ce mec, et qu'il n'a que la porte pour s'enfuir si jamais il l'a lui fait à l'envers.

- Nans Trigger ferait mieux de se cacher plus souvent. Par ailleurs, avec plus de ruse. Cela risque d'être trop simple à chaque fois de le trouver, sinon.

Il sait pas exactement pourquoi il sous-entend ... ça. Il sait, ce qu'il essaye pertinemment de lui faire comprendre. C'est simplement pas très clair dans sa tête. C'est son ressenti. C'est ce que lui souffle la petite voix intérieure la plus profondément cachée au fond d'son âme: Il sait.

Il sait, c'est tout.
Il sait qu'il y a une couille dans son manège.
Pourquoi il le sait, ça, c'est une autre histoire.


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Tortionnaires Personnels
✥Arrivée dans l'Harem » : 29/10/2018
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Re: Crowd-pleaser
Sam 24 Nov - 18:28


    T'as pas pu t'empêcher de sourire en le sentant accentuer la pression, juste avant de retirer la lame. Oh, tu comprends le message. Tu comprends beaucoup de choses rien qu'en l'entendant respirer. Il a pas peur de toi, c'est juste qu'il avance au Tic et au Tac sans savoir où sont les mines. Faut suivre le rythme, même s'il pousse inéluctablement à notre perte. La musique a ça de bon qu'elle désinhibe la tête et celle de Melvin, tout particulièrement, est en manque d'entendre un tempo qu'il peut reconnaître. Il est trop intrigué, tu le jurerais à en cracher dans toutes les mains, et pour l'instant, il sait même pas pourquoi.

Toi, tu le sais. C'est toi qui écris le scénario. C'est toi qui as la baguette. C'est toi qui lances et arrêtes le film. Toi, t'es attendri par la manière qu'il a de ne rien gérer du tout et de se faire croire qu'il a encore du pouvoir sur lui-même. T'aimes le voir redresser le menton, presque fier, presque bien là, presque à sa place, sans avoir la moindre idée du rôle qu'il occupe vraiment.

Tu te touches la gorge, pile là où la lame s'est appuyée, et t'essaies juste de vérifier qu'il t'a pas ouvert. Tu te caresses précieusement et te regardes les doigts méticuleusement. T'espères salement que le métal n'était pas trop rouillé.

« Dans mon pays, on met les mains sur les yeux… » que tu articules bassement et dans ta voix perce un peu de vexation et de déception. Il attend et t'oses tourner les yeux sur lui. Ils se posent naturellement sur son ventre et la forme de sa hanche — tu cherches la lame mais t'es incapable de la trouver.

Il est sale, Melvin. Il est plein de poussière, de taches et de marques qu'on se fait forcément en vivant dehors. Il te donne pas l'impression d'avoir été dérangé par la rudesse des trottoirs ou la froidure des jardins — si, un peu : tu te serais planté le cou aussi à sa place —, mais t'es sûr, vraiment, qu'il a déjà un peu commencé à changer malgré lui. Les nuits à la belle étoile lui ont mis un manteau de peau différent et si tu le forçais à se déshabiller pour prendre un bain, puis que tu lui offrais le repas, puis un toit, t'es persuadé que tu retrouverais le bel italien qui t'as attrapé la nuque à la place du clebs aux aguets que tu vois là.

Le problème c'est que, entre les deux, tu sais pas encore lequel tu préfères.

« ... J'ai cru que c'était quelqu'un d'autre », que tu dis, rassuré ou pensif, plus pour toi-même, sans préciser qui ni pourquoi, regardant directement les réponses dans ta tête.

Putain, il t'a vraiment retrouvé.
Le con.


Doucement, tu décroises les jambes et les redescends en les écartant devant toi. C'est pour être prêt à réagir ; c'est pour plus être immobile et pas rester passif. Si tu bouges, tu redeviens maître de ton corps et, alors, il n'appartient plus à personne. Le martyr aurait pu te le prendre. Il a failli le faire — non : il l'a carrément fait — et tu t'en remets pas aussi bien que tu le montres. T'as un courant chaud qui se balade dans tes chairs et t'as le poul qui te tape dans la gorge. Tu vas plus arriver à boire. Tu vas plus arriver à manger.

Faut que tu le couches par terre, ce connard, et faut que tu lui apprennes comment on t'adresse la parole. Faut que tu lui fasses regretter. Faut que tu lui montres ce que ça fait vraiment de jouer avec des couteaux. Faut que… tu respires, parce que t'as la nausée et que, plus tu te chauffes, moins t'es capable d'avaler. Tu vas t'étouffer tout seul, sous le tas de colère réprimée. Elle se change en noeud dans ta poitrine, pendue à une pierre qui fait contre-poid et qui pèse pour te débiliter le crâne. T'es tellement frustré d'être… remarquablement calme et capable de le rester que tu peux même pas en avoir la pleine conscience.

Il parle, et tu te masses précautionneusement le plexus solaire, fermant à demi les yeux de douleur. T'as mal à ton égo ; dedans, ça pleure et dehors, ça rit maigrement, en un souffle pas convaincu. Tu sais pas ce qu'il a pu apprendre, Melvin Meyer, entre le moment où vous vous êtes vus et aujourd'hui, ni ce qu'il s'est mis à croire, mais ça te fait rire. Son commentaire te fait rire, même si t'es trop déprimé pour l'exprimer vraiment. ‘y a que ta parole qui peut faire foi sur l'histoire de Nans Trigger, ceci parce que t'es le seul connecteur logique à ce grand point d'interrogation. La question n'a pas besoin d'être très précise à son sujet — d'ailleurs, Melvin ne pose pas de question. Tu sais pas exactement de quoi il est en train de parler et tu vas pas t'amuser à supposer. C'est en supposant qu'on se trompe.

« Je sais pas, moi je l'ai pas vu depuis un petit moment.

Vrai. Ça fait un moment que tu t'es pas regardé dans la glace. Tu le fais rarement quand t'es ici. C'est le genre de truc que tu gardes pour chez toi, avec la sanité que ça implique.

Il a dû rentrer chez lui. On finit tous par se faire chier ici. »

T'es tellement amer, d'un coup. T'as de l'acidité sur les lèvres et la mine sévèrement contrariée. Pas étonnant après la dérouillée que t'as l'air de t'être prise, quand bien même tu te l'es infligée tout seul.

« ‘y a peut-être quelqu'un d'autre qui voudra bien de toi. Sinon… retour au zoo. »

Tu te masses toujours, plus fort, et tu te penches pour récupérer ta tasse sur l'accoudoir et la réserver sur la pierre polie et superbement travaillée qui fait office de carrelage. Tu lui fais une place. Tu récupères le bol de dattes et le lui tends, désignant la balustrade du menton. Tu le fais participer.

« Pose-ça là. Pour les oiseaux. »

Et tu te renfonces, te tenant le ventre, soupirant merveilleusement de lassitude. T'adores son odeur. T'adores la folie de ses cheveux par-dessus la clarté de son regard. Putain, tu vas le frapper s'il t'éffleure encore. Tu vas le frapper. Il te fout le feu sous la peau et t'es incapable de te décrisper.

« Désolé pour le faux-espoir. »



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Dim 25 Nov - 4:01


Crowd-pleaser.

Dans son pays, on met les mains sur les yeux.
Qu'il s'en fasse pas trop. Mel a pas besoin de faire grand chose pour avoir l'air d'un fantôme. Il esquisse même un sourire, assez amusé par sa réflexion. Il finira sans aucun doute par le choper par derrière sans même que l'homme ait le temps de faire quoi que ce soit. À son avis, ça le surprendra même pas. Parce que.. c'est Melvin, tout simplement. J'ai cru que c'était quelqu'un d'autre. Haha.. bon sang, y a personne qui peut faire ça comme Melvin. Par "faire ça", il est sous entendu... Le menacer avec un pseudo- couteau, puis venir tranquillement s'installer à côté de lui au lieu de mesurer les éventuels risques de menaces que peut considérer Michal pour lui rentrer dans le crâne qu'il est rien d'autre que le soumis dans cette histoire.

D'après lui.
Pas d'après Mel.
Evidemment.


En dehors de ça, il sent bien que Michal a l'air.. plus que las. En fait, il est blessé. Il a été surpris par un petit jeunot, exagérément con, et ce con, c'est Melvin. Et si c'est Melvin, c'est évident, qu'on finit tous dans l'panneau. Et finir dans le panneau avec cet énergumène là, c'est carrément s'le prendre en pleine gueule. Puis recommencer à marcher, et se reprendre, de nouveau, le même panneau. C'est une habitude, c'est une volonté trop profonde de vouloir le suivre et le rattraper dans sa course pour l'ignorer. C'est Melvin. Et c'est insupportable de se dire, ne serait-ce qu'une seconde, qu'on ne voudrait plus l'avoir dans notre champ de vision.


- Ouais bien sûr. Vous ne l'avez pas vu. On s'fait tous chier ici. Surtout ceux qui ont le droit de se trimballer le string à l'air, la bite en feu, sans qu'on puisse rien leur dire.

Par là il entend, évidemment, les royaux. Les hauts placés. Les mecs comme Michal.Qui ont du pouvoir, de la prestance - un honneur qu'on peut pas salir. Ou tout au contraire, qu'on peut salir, et d'un coup. Pour cela, faut encore avoir un bon coup de main. Et ça, Melvin peut le faire, mais c'est seulement beaucoup trop subjectif pour lui de s'en prendre à quelqu'un juste par vengeance. C'est un gars qu'il faut pas trop chauffer, non pas à cause de sa violence, mais parce qu'il a rien d'un gars qu'a l'air méchant.
C'est une gueule d'ange. Éblouissante et prise de tête.
Faut vraiment l'prendre à l'envers pour le comprendre.
Faut pas prendre de notice, ni en chercher une, c'est pas la peine.

Visiblement, Michal a l'air de l'avoir... un peu compris. Il mentionne un zoo.
Il est en train de le bafouer, de le foutre sur la première marche. D'le mettre à plat. Donc, pour lui, il est un singe, enfermé derrière des barreaux. C'est bien. C'est très très bien. Fort heureusement, le gamin est bien trop occupé à s'demander de combien de grains de sables peut être composé le désert pour l'écouter vraiment. Il tend la main pour prendre le bol de dattes - ayant tout de même capté qu'il vient de lui demander de tendre le bras vers la balustrade, alors qu'il pouvait l'faire lui même.
Ouais.. bah, sans réfléchir, et d'ailleurs, c'pas la peine d'aligner deux neurones pour ça, Mel envoie le contenu du bol par-dessus le balcon et baisse les yeux à temps pour r'garder les dattes faire un vol plané de quelques mètres de hauteur jusqu'au sol.

L'air toujours autant hébété, les lèvres entrouvertes, ayant l'air d'un véritable paumé, il repose le bol sur une surface dure - dans un premier temps, l'accoudoir, parce qu'il trouve ça normal d'le poser là. Seulement le récipient bascule, et il se baisse à temps avant de l'entendre s'exploser sur le sol. Son socle a atterri au creux d'sa paume. L'air de rien, il embrasse chaque recoin de la pièce du regard, tout en posant l'bol sur le parquet. C'est un bel appartement. Il aimerait bien y habiter. D'ailleurs, il pense déjà à la structure de son lit qu'il installera près de celui de Michal. Puis à la couleur du tapis sur lequel ses pieds pourront adoucir leur plante chaque matin en se levant.

- Hein? Quels oiseaux ?

Il est bien trop occupé à imaginer la future déco d'sa piaule pour considérer encore totalement Michal. Il s'met à parler de faux-espoirs l'autre monsieur. Il est marrant, tiens. Des faux-espoirs, il va lui en donner. C'est pas un faux-espoir ça, c'est un jeu, c'est rien d'autre qu'un putain de jeu. Melvin y jouera à son putain de jeu. Il peut lui faire autant de crasse qu'il peut, il peut l'faire tourner en bourrique, autant de fois qu'il le souhaite. Avec ce gosse là, essayer de le prendre pour un con, c'est comme essayer de faire comprendre à Galilée qu'la terre est plate. Il expire bruyamment, et repose ses yeux sur Michal.

Son regard se ternit tandis que le visage de Michal lui apparait plus clairement dans son esprit. Il est bien là, devant lui, allongé comme un chien après un bon poulet roti sur le canapé. Enfin l'sofa. Y a de la place partout. Il peut même s'installer sur le paillasson et lui parler à distance, mais c'est clairement moins marrant. Alors, très naturellement, il pose son fessier sur l'accoudoir de sa fauteuil, et balance un bras sur celui de l'autre côté de Michal, pour trouver une bonne position. Il manque de tomber. Se rattrape, à l'épaule de monsieur Slovan, marmonne un "s'cusez moi", un peu naïf, d'une voix chaude, culotté, sensuelle.

Puis ensuite il se redresse, soupire à nouveau, passe une main dans ses cheveux. Il plonge sa main dans sa poche, extirpant le paquet de clopes littéralement écrasé tout au fond. Du coin de l'oeil, il le zieute, avec insistance. Il est assez amusé. Il est très très amusé, même s'il le sent pas. On peut l'penser, l'envisager. Pour Melvin, c'est juste naturel. Il est si proche du tortionnaire qu'on pourrait croire que simplement en s'laissant basculer en arrière, il finirait affalé sur lui, les jambes repliées sur l'accoudoir.
D'ailleurs, il va pas tarder à l'faire.

Michal a l'air perdu.
Le briquet en main, il fait mine de lui balancer son poing sous le nez, mais l'arrête à temps, un sourire effroyablement moqueur peint sur les lèvres. Il est vil ce gosse.
Juste pour attirer son attention et l'refoutre les deux pieds sur terre, il est prêt à lui faire croire qu'il va l'frapper. Il le fera pas. Pas comme ça en tout cas.


- Vous avez l'air énervé. Vexé. Ailleurs. C'quoi le problème?

Il porte la clope à ses lèvres, en le désignant du menton, en mode "eh, regarde d'ça mon pote":

- Vous pensez à moi, c'est ça ?


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Re: Crowd-pleaser
Dim 25 Nov - 15:39


    Du calme. Du calme. T'as les yeux qui te piquent et la vue qui gruge tellement t'es crispé et tellement t'as les fibres du corps tendues. Du calme, Junior. Tes globes verts et gris vont te tomber de la tête et rouler par terre à mesure que tu suis ses gestes. Tes tympans vont éclater et t'assourdir la cervelle si tu continues à l'écouter parler.

Ne l'écoute pas ! Regarde ailleurs ! Laisse faire, calme-toi, attends, descends en toi-même.

Mais t'as le coeur qui pulse profondément ! Il fait des pas lourds et le crissement de la neige dans laquelle il s'enfonce te prend la tête — tu vois un peu flou tellement ta tension monte.

T'es incapable de penser. T'es totalement halluciné, à l'intérieur de toi ; t'es enfoncé jusqu'à mi-hanche dans la poudreuse épaisse, les mains gelées et la respiration difficile. Tu te sens trembler sans qu'aucun de tes muscles n'ait frémis.

T'es plus capable d'avaler. Même tes doigts posés au creu de ton ventre ne te permettent plus d'avoir conscience de ton corps. T'es en train de partir loin, vite, et si t'es spectateur de ton propre envol durant les quelques premières minutes bâtardes, c'est pour mieux accuser le crash qui s'en vient.

Tu le regardes. Tu le regardes mais tu le vois pas vraiment. T'es bloqué, dedans ; t'es verrouillé, complètement stupéfait, à ce point qu'aucune expression ne te passe sur le visage. T'as un sourcil légèrement froncé, la ride du lion à peine accentuée, le dessous des paupières gonflé et le galbe de la lèvre imperceptiblement pincé de reproche.

Tu lui reproches ses mots. Tu lui reproches ses gestes. Tu lui reproches ses vêtements. Tu lui reproches d'avoir de la peau et tu lui reproches d'avoir des os.
Tu lui reproches de faire du bruit en respirant, tu lui reproches de faire du bruit en déglutissant, tu lui reproches d'avoir une langue, une bouche, un nez, un coeur, des poumons, un estomac, un intestin, une bite et des couilles.
Tu lui reproches d'avoir autant de bras et de jambes. Tu lui reproches chacun de ses cheveux et chacun de ses pigments rétiniens. Tu lui reproches la forme de son oreille, et celle de son buste, et celle de ses cuisses, et celle de ses pieds.
Tu lui reproches d'exister.
Tu lui reproches de vivre.

Tu l’exècres. Il te dégoûte : le moindre petit mouvement qu'il fait, si subtil est-il, te pique et te pince les nerfs. T'en perds pas une miette, même lorsqu'il balance les dattes et qu'il manque de faire tomber le bol ; même lorsqu'il se ramène contre toi et manque de te tomber à moitié dessus, même lorsqu'il observe l'appartement et qu'il fouille ses poches pour en sortir un paquet de cigarettes écrasé. Même lorsqu'il te parle, t'es dégoûté ; tu l'abhorres, il te répugne, tu le méprises, il te débecte. T'as une brillance bilieuse dans le noir des pupilles, cruelle et enfiellée, dangereuse et sensationnelle.

Tu lui en veux tellement. Tu le veux tellement, lui et sa sale gueule, sa sale gueule et lui, ses bras fins qui bougent n'importe comment, son torse qui respire bizarrement, sa pomme d'adam qui pompe et ses longs cils qui volètent l'air de rien comme des rubans de soie fine… T'as envie de le saigner : il faut que tu le vides pour te désengorger. Obligé. Obligatoire. Seule solution.

Tu te sens plus. Concrètement, tu te sens plus. Tu sais pas comment tu respires. T'as un goût âpre sur la langue, ça te tapisse la bouche, ça te colle aux dents comme de la cendre et si tu serres les mâchoires, tu sais que tu vas t'éclater l'émail. C'est lui que tu dois éclater ; il te soulève le coeur, il te retourne le ventre. Il fait genre de te balancer un coup de poing, et t'es tellement habité par plus gros que ça que tu cilles à peine.

Il aurait dû vraiment le faire, quitte à le faire, parce que, là, dans ta tête, c'est pire que s'il l'avait fait. Il joue. Il fait le malin. Il fait le beau mais il est profondément laid dans ton regard.

C'est pas tellement le coup de poing qui amorce l'accident. C'est pas tellement tout le manège. C'est pas tellement l'amusement qu'il prend. C'est pas ton humeur débile : c'est le geste du menton. C'est la clope. Ça te fume la tête. Ça te fume tout.

Tu t'enfumes, t'es perdu. Perdu. T'entends même pas vraiment ce qu'il dit tellement le sang te bouillonne dans les oreilles. Tu te vois même pas faire tellement tu vois rouge. Ça monte d'un coup, torrent véritable, qui te vitriole la gueule.

Toi aussi t'es profondément laid.

T'as pas conscience de shooter dans le bol par terre et de le faire valdinguer salement contre la pierre. T'as pas conscience de t'être jeté en avant, de l'avoir agrippé n'importe comment à la nuque et au biceps ni de l'avoir arraché en le soulevant de l'accoudoir pour aller le planter contre la balustrade. T'as pas conscience d'avoir planté tes doigts dans les tendons sous sa peau et de les avoir verrouillés si forts que tu t'en es fait éclater les bulles d'air entre les phalanges. T'as pas conscience de ton souffle, complètement bête, à moitié craché, à moitié expiré, près de sa face sévèrement encastrée dans la dalle de pierre reconstituée. Tu te sens pas lui écraser la tête à pleine paume et tu te sens pas planter ton pouce dans son oeil bleu. Tu vas lui enfoncer la paupière, tu vas lui défoncer le cristallin, tu vas lui broyer l'os de la pommette et lui briser celui de la mâchoire.

Vas-y, parle maintenant. Parle. Parle. Parle. Parle. Parle ! PARLE ! OUVRE TA SALE GUEULE ! — tu menaces et tu provoques, la lueur dans tes yeux aliénées. Tu lui ordonnes une quantité de chose à la fois, comme t'es dingue, comme tu déjantes, comme t'es plus capable de fixer ton regard sur un point précis. T'ordonnes, t’exiges, tu contrains — tu lui tords le bras dans le dos dans un angle impossible et tu sens comment son articulation te résiste —, mais tu trouves pas les mots. Tu parles plus anglais. Tu parles plus pour parler ou te faire comprendre, mais ta langue est menaçante, affreusement hostile et inquiétante. Le Serbe est endémique : tu le siffles plus que tu ne le craches en collant ton front à sa tempe. Tes lèvres bougent entre ton pouce et ton index. Elles sont humides de rage, parce que t'as la rage, et t'en graillonnes.

« Izvadite nož i ja ću vas okrenuti preko ivice », que tu fulmines, l'embrassant presque à chaque syllabe, les consonnes sèches et les voyelles graves. Pour te rendre compréhensible, t'accentues la pression sur son bras, remontant son poignet vers son épaule et pétrissant sa joue vers le vide. Tu sembles sérieusement envisager de le faire passer par-dessus le garde-fou. Oui : s'il bouge, c'est bien ce que tu vas faire, et tu viens de lui prouver que t'en as la force.

Tu lui lâches la tête, mais le geste n'est pas doux. Dans le mouvement, tu lui mets un coup du bas de la paume, tu te déplaces derrière lui et récupère son second bras d'autorité. Tu te colles à lui, pour le restreindre et l'opprimer, rassemblant ses poignets dans tes doigts. Tu fouilles vivement tes poches, fais tomber une quantité de scellés en fer emmêlés entre eux dans ton empressement et n'en retient qu'un que tu ouvres avec les dents. Tu l'entraves, et s'il se débat, t'es plus brutal encore dans ta manière de lui passer le lien et plus viscéral dans celle de serrer le cran.

Mal. Là, il doit avoir mal, quand tu lâches pour revenir écraser ta main sur sa face. T'as envie de lui arracher l'oreille, mais tu le contournes, et c'est pour le fouiller sèchement et superficiellement. Tu fais gaffe à ses gestes ; chaque tentatives de rebuffade est punie prestement : tu frappes du genou, tacles de la plante du pied dans l'arrière de sa jambe autant que tu lamines son formidable visage au moindre tremblement qui te déplait. D'une main, t'entames finalement de le déshabiller.

C'est le couteau que tu cherches.

Et c'est pas grave si tu le trouves pas en l'extirpant de ses fringues sales. C'est pas grave s'il tombe pas quand tu secoues violemment chaque pièce de sa tenue au bout de ton bras. C'est pas grave si y a rien d'autre qui claque que le tissu que tu balances par-dessus son visage. Tu gardes que son pantalon, dans ta main, et Melvin Meyer finit quand même à poil.

T'es pas pudique, toi. Et Melvin Meyer a pas intérêt de l'être considérant la belle vue en plongée sur les jardins passants.

Tu lui lâches la tête, pour attraper les pans des jambes de son sarouel à deux mains et les entortiller. Ça te fait une formidable tresses sévèrement étranglée — et là, c'est vraiment très drôle, parce que c'est lui, en fait, que tu vas étrangler. Tu le reprends à la nuque, crache un mot incompréhensible sur un ton péremptoire et catégorique, tout en lui imposant déjà de se plier en deux, la face contre l'ajour de la balustre, où t'entrepends de l'attacher par le cou.

Comme le putain de chien qu'il est.

Tu serres. Tu serres. Tu serres à t'en péter les mains ; tu fais un noeud marin, incompréhensible et embrouillé. Le seul truc à retenir, c'est que le bout que tu gardes dans la main, si tu tires dessus, lui scie la gorge.

Là.

Là tu te calmes.

Là.

« Hahahaha... »

T'as le rire blanc en admirant ton oeuvre. Tu chancèles un peu en reculant les épaules pour le considérer, magnifique table basse humaine ajoutée en extension au parapet. Tu te frottes le nez sur le dos de la main. T'es mieux. T'es moins rouge. Tu te sens moins malade, même si tu trembles de fièvre. Tu regardes derrière toi, inspirant bruyamment, et t'essaies de te rasseoir dans ton fauteuil. Il est peu loin, mais t'as aucun problème à tendre la manche du lien.

Tu t'accoudes à tes genoux et renifles, à bout de souffle. Tu baisses la tête : tout te remonte derrière les yeux ; t'as la tension qui chute d'un coup et ça te chatouille dans tout le corps. T'es lourd. Tellement lourd. On dirait que tu vas t'évanouir, tellement t'es pâle, là — t'as mal, t'as mal partout où t'as des bleus et t'as mal au coeur : il est trop petit pour battre aussi vite et aspirer autant. T'es fébrile, mais tu temporises le soulèvement de ton poitrail. Tu prends le temps de respirer, te massant les paupières, bouche entrouverte. Tu te parles à toi-même.

« Wuh… c'est intense là… »

Tu fouilles le sol des yeux et ils se fixent, assez involontairement, sur le paquet de cigarettes qui a volé en même temps que tout le reste. Tu le désignes de l'auriculaire négligemment.

« Où t'as trouvé ça… ? … T'aimes fumer… ? »

Il peut parler, mais pas sans que ça lui soit horriblement désagréable.



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Lun 26 Nov - 1:22


Crowd-pleaser.



Melvin a toujours une.. affreuse manie, d'être sexy, quand il fume.

Sexy grâce au mouvement de sa main qui vient doucement reprendre la clope après qu'il eut tiré une latte.
Sexy,  à cause du froncement de son front qui rapproche ses deux sourcils alors qu'il regarde le papier de la cigarette se consumer au rythme de son souffle.
À cause de cette manière qu'il a de s'appuyer sur l'accoudoir sans cesser d'être concentré sur ce qu'il fait, levant imperceptiblement l'index - juste comme ça.
Sexy, à cause des mèches rebelles qui retombent devant ses yeux, puis à cause de ses yeux, qui se lèvent un instant sur Michal.
Sexy parce qu'il fume.
Sexy parce que c'est Melvin Meyer, qui fume.
Et on espère alors que la clope devient plus importante que tout le reste, au point qu'il ne veuille plus passer sa soirée en compagnie d'autre chose que d'elle.

Le lendemain, il sera probablement libre. Il ne fumera plus. On pourra lui demander ce qu'il a fait la veille et il lâchera naturellement qu'il a passé sa nuit à s'asphyxier les poumons. Et on préférera entendre que ça que l'un des récits lassants d'un mec qui a plongé sa tête sous toutes les jupes. On préférera se dire qu'il a fumé, au lieu de flirter.

Sauf que cette fois, ça ne se passe pas comme prévu. Il est en train de savourer sa clope quand celle ci lui échappe violemment des mains. Un instant, il croit l'avoir fait tomber, jusqu'à ce qu'il n'ait dans son champ de vision, plus que la vue d'ensemble du sol à quelques mètres au-dessous d'eux. Par réflexe, il écarquille les yeux et esquisse une grimace de résistance, en essayant de se défaire de son emprise. C'est quoi ce bordel?Il sent ses tripes qui se serrent d'appréhension, sans la moindre once de peur. La main de Michal s'écrase sur son cuir chevelu, pressant sa tête contre la balustre, et son pouce dans sa paupière. Une fois qu'il s'en est rendu compte, le jeune homme pousse un hurlement de bête.

- AAAAARGHHH!

Un mec qui a envie de faire la forte tête, même avec une main coupée, prierait pour qu'aucun son ne sorte librement d'entre ses lèvres. Melvin, lui, n'a pas oublié la douleur. Il l'a met juste de côté ou la nie de temps à autre. Sur le coup, le pouce qui s'enfonce dans son oeil le lui enfonce dans son orbite et la douleur est telle qu'il croit qu'il va carrément le faire rouler au fond d'son gosier. S'ensuivit un râle et un léger couinement de douleur. Sans parler du bras qu'il est sur le point d'lui faire éclater à la figure et qu'il va finir par pouvoir trimballer au bout d'ses doigts.

Melvin sent les premières larmes qui noient ses yeux derrière une infime barrière qui obstrue sa vue et lui fait voir l'intégralité du paysage en mode pixel. Il cligne des paupières pour se redonner contenance, pour s'assurer à lui même que la douleur qu'il ressent, là, tout de suite, est subjective et que si Michal pivote son regard vers le sien, il ne pourra pas y voir l'ombre d'une faille, d'une écorchure, d'une supplication.

Parce que Melvin ne supplie pas - rarement. Il le fait quand il sent qu'il chancèle, et que ce n'est pas encore le moment pour ça. Il le fait quand il sent sa vie lui échapper, de par quelques moyens qu'il soient, et qu'il n'est pas encore prêt à prendre le grand large. Michal s'acharne sur son bras - il n'a aucune notion de l'angle dans lequel il est en train de déformer sa musculature et tordre les os de son corps. Pour peu, il pourra presque les entendre se briser sur le sol. Melvin a l'air pâlot comme ça. Maigrichon et aussi fin et souple qu'un spaghetti qui a finit de cuire, mais au contraire, il est assez robuste, et travaille dur pour que la force qui l'habite réussisse à se faire valoir de par son physique.

Il entend à peine les remontrances du tortionnaire - qui ne sont plus des ordres, mais des recommandations prononcées dans un sifflement rauque, tout droit sorti du fond de sa gorge. Melvin se plie, ses jambes ployant par réflexe sous la douleur qui chope l'intégralité de son corps et l'oblige à se soumettre. Le souffle brûlant de Michal claque contre sa joue mais il n'y porte pas attention : il se focalise sur le petit buisson de fleurs, là, en bas, qui ne s'est pas terni de ses couleurs. Il se concentre sur le rouge, des roses, et sur le jaune des jonquilles. Il les imagine en or - puis s'imaginer les cueillir, et les donner à des gosses pour la beauté d'un sourire sur leur visage. Ce serait des fleurs qui ne finiraient pas de pousser, et même s'il les cueille, il les voit alors repousser d'un coup.

Il se concentre sur ça, omettant le fait que la douleur n'est pas là, qu'elle est bien présente, mais qu'il doit juste la mettre en second plan. Son visage cependant, est tout autant crispé, déformé par les conséquences de la torture de Michal. Il a resserré ses poings, et la forme de son bras vrillé dans son dos rapatrie son tee-shirt contre son torse, le plaquant carrément, lui permettant de sentir avec plus de certitude, son coeur qui tambourine et s'affole. Pire encore que cette sensation qu'il va finir à genoux à force de vouloir échapper à son emprise, cette idée qu'il puisse également si complaire. La raison est plus forte que la folie - mais cette dernière également un recours pour se rassurer: On est simplement fou, et on ne ressent pas la douleur. Melvin ne cherche pas à la nier mais plutôt à la fuir, comme le gosse lâche et médiocre qu'il est.

Ses doigts se referment contre sa paume, ses ongles s'enfoncent dans son derme tandis qu'il est immobilisé, entièrement immobilisé par Michal. Vainement, il tourne son visage vers l'homme, tortillant ses poignets pour les libérer de sa poigne ferme. Il entend derrière lui quelques cliquetis et anticipe la suite. Il relève les bras, qu'il ne peut définitivement pas tendre, dans une infime source d'Espoir qu'il va réussir retrouver la liberté de ses mouvements. Les dents serrés, il le descend littéralement du regard, plus d'une contrariété profonde de se faire traiter si subitement comme un moins que rien que pour la douleur que Michal lui a administré.

- 'Spèce d'enfoiré...

Le gosse a l'air frustré, contrarié de s'être fait avoir comme un rat. Il tend les bras vers l'arrière pour, d'une part, échapper au fer qui scie et tord sa peau, et d'autre part, pour vouloir s'en défaire. Ce n'est pas seulement l'idée que Michal ait réussi à faire de lui un agneau entravé qui le perturbe, parce que par ailleurs, c'est pas non plus la violence dont il a fait preuve qui l'rend fou. On peut aisément et plus concrètement parler de complaisance, nourrit avec suffisance par la franchise des gestes du tortionnaire, par la manière qu'il a eut de lui tenir les mains, et de le faire plier avec une facilité, certes, autoritaire. Si autoritaire qu'il n'a pas eu d'autre réflexe que de lui obéir. C'est le fait de s'être senti prit de cours, chopé par derrière, comme un chenapan, les mains dans le sac. C'est le regard de Michal, sa manière de faire, sa brusquerie et son corps qui s'est collé au sien.

Le corps de Melvin se sent tomber un instant en avant, suivit du claquement sec de ses genoux contre le carrelage du balcon. Il lâche un grognement de surprise, et sent l'échine de son dos parcouru d'un violent frisson malaisant. Malaisant parce que se trouver dos à lui ne lui permet pas de le voir, ou d'avoir un quelconque contrôle sur ce qui va suivre. Il rabat son faciès en avant, baissant sa tête, son menton collant à son torse. Il humidifie ses lèvres qui se sont asséchées, en donnant libre accès de la vue sur sa nuque à Michal qui a entreprit de le déshabiller.

Il inspire. Retient son souffle. Ne dit rien. Il s'fait mettre à poil, et décide par moments, d'exercer une légère résistance face à l'autorité et le charisme de Michal, qui avec autant d'insouciance et d'indifférence, le met à nu. Il n'a plus que son caleçon et l'air frais du matin lèche sa peau comme pour le rassurer. Il se concentre sur elle, niant, refoulant, rejetant toute idée que tout ce qu'est en train de lui faire Michal, le soumet à une certaine complaisance, à un certain plaisir qu'il n'est pas sensé ressentir. Il devrait avoir peur. Il a peur. Il a vraiment peur. Non pas de cet enfoiré, mais des conséquences de chaque geste qui le rend plus vulnérable encore à la dictature de Michal.

- Ne faites pas ça.

Ne faites pas ça. D'une voix pâteuse, à la tonalité suppliante.
Ne faites pas ça, ne le soumettez pas à ses vices.

Il a pas le temps d'réagir - il a pas l'temps depuis le début. Son front cogne violemment contre deux barres, sur lesquelles il sent que son visage exerce une pression. Ça brouille sa vue sous la force du coup, il sent sa mâchoire qui se décontracte et lui fait ressentir les effets secondaires de sa crispation: il était sur le point de s'exploser les dents, sérieux. Son souffle est court, mais quand il peut l'entendre, ce ne sont que des bouffées de respirations qui s'échappent précipitamment, d'un rythme saccadé.

La corde improvisée se noue autour de sa trachée, et lui sort un étrangement rauque d'au fond d'sa gorge. Il redresse le menton pour lui échapper, en vain, prenant son inspiration, persuadé qu'il va devoir survivre en apnée la seconde suivante. Docile, et pas seulement par obligation et contrainte, le gamin se penche en avant, en position de faiblesse, les deux genoux collés l'un à l'autre. Il déglutit bruyamment - et ce déglutissent est finalement la seule chose qui lui reste pour s'assurer qu'il a pas toutes les voies bloqués par son pantalon. C'est dingue tout ce qu'on peut faire avec un simple bout d'tissu.

Il a pas envie de plus. Il peut supporter plus, ça c'est certain.
Mais il a pas envie de s'baisser davantage, dos à cet homme qui pourrait lui planter le métal dans la colonne vertébrale. Un tintement se fait entendre et du coin de l'oeil, il aperçoit la lame qui effleure le sol, avant de s'aplatir dessus. Là, il déglutit avec plus de difficulté, conscient que la seule et dernière arme matérielle qu'il avait est à portée de main de Michal.

Dans son dos, il l'entend se rasseoir, se calme, et il ferme les yeux pour faire de même. Il sait qu'au moindre geste, il pourrait déplacer l'entrave autour de son cou et s'couper le peu de respiration qui lui reste. Il referme de nouveau ses doigts, avec plus de lenteur, autour de ses autres doigts, croisant ses mains comme il peut. Un sanglot qui provient du fond de ses tripes résonne dans sa gorge et fait entendre un grincement rauque et grossissant. Il ne va pas pleurer. La voix de Michal, plus apaisée, lui apparaît comme une douce mélodie inespérée.

Ça s'est calmé.
Il s'est calmé.
Tout va bien.
Pas un geste. Pas une parole déplacée.


Où t'as trouvé ça… ? … T'aimes fumer… ?

Il hoche une fois la tête, mais de telle manière que ce hochement ne peut être rien d'autre que de la peur. Son souffle s'échappe de par ses narines qu'il ouvre en grand pour garder un certain cap sur sa ligne de mir.

- Je l'ai volé.
Je fumes. Parfois.


Sa voix est hachée. Il appréhende le moment où il ne pourra plus parler du tout, parce que mort. Le dernier lien que tient Michal en main, et qui le relie à son cou, est la lame d'une guillotine qui menace à tout instant de lui trancher la tête. Il la sent frôler sa peau, lui soutirant des frissons plus normaux : la douceur du tissu sur son derme pâle et ses muscles crispés. Maintenant, il ressent avec bien plus d'intensité la fraicheur du vent, et se retrouve à grelotter sans y porter la moindre importance.

Puis il reporte son attention sur la promenade qu'il redécouvre une seconde fois, mais d'un point de vue différent. Elle paraît beaucoup plus belle, et beaucoup plus lointaine. Les mains attachées, il ne pourra jamais se hisser par-dessus la barrière et retomber habilement sur ses pieds pour la longer. Cette simple idée, et pour un détail si peu important, l'emmerde vachement. À travers ses dents serrées, et sous les mouvements incessants mais imperceptibles de sa tête qui se balance d'avant en arrière, d'arrière en avant, il s'adresse à Michal avec plus d'entrain:

- Vous auriez au moins pu faire l'boulot bien, et m'attacher les pieds. J'me contre fous de vous servir de pose godasses.

Puis un silence.
"Pose-godasses", ça s'dit ça ? Il a jamais été très fort en orthographe. Même qu'il n'a jamais bénéficié d'une éducation brillante et de nom pour apprendre à écrire. Il écrit, mais il a du mal à écrire. C'est encore un gosse qui apprend.

- Vous vous êtes défoulé maintenant? C'bon?
J'espère que vous êtes pas impatient, parce que la seule chose qui m'reste maintenant, c'est les mots, et j'compte bien vous faire tourner en bourrique.


Après hésitation, il se tourne assez rapidement pour ne pas laisser à Michal la possibilité de répliquer - s'assoit du mieux qu'il peut, de côté, contre les barres de fer, et pouvoir ainsi l'observer de nouveau. Sur son faciès qui est en train de pâlir à vue d'oeil sous la pression du sarouel, sa peau est devenue veineuse. Ses yeux légèrement exorbités, mais n'ayant pas perdu de la ténacité de leur regard.

- Si j'suis condamné à rester comme ça pendant des heures, ayez au moins la gentillesses... monsieur...-

Et ce mot en cet instant, ne lui apparaît comme rien d'autre qu'un énorme tronc d'arbre coincé au fond de sa gorge qu'on vient d'lui faire cracher de force...

- Passez moi une autre clope, je vous prie.

Il sait pas trop s'il a peur, ou s'il essaye de calmer les tensions. Il veut juste passer le temps en réalité, oui oui, ou en gagner, si Michal compte le tuer. Il veut juste que son cerveau mette naturellement de côté chaque degré de douleur qui traverse son corps, que ce soit à cause de sa poigne, du vrillement de son bras ou du tissu autour de son cou.
Michal peut penser à un nouveau défi, alors que Melvin ne daigne pas détourner son regard - simplement pour lui faire croire qu'il se soumet, enfin, mais au lieu de ça, il l'observe de nouveau, encore. Avec un tel feu brillant au fond de ses iris que celles ci se dilatent. Il le laisse gagner, pour l'instant.

Puis dans un murmure, une seule phrase, prononcé autant pour lui même.. ou pour qui voudra bien l'entendre, il remet ses propres pendules à l'heure, secouant négativement la tête - non pas par négation, mais par sidération discrète:

- J'vais vous rendre fou...

C'est un suicidaire Melvin.. ou que disons nous ! Un suicidaire, MALIN. S'il dit ça, c'est parce qu'il sait pertinemment que Michal ne le tuera point.. du moins, pas pour le moment...

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Re: Crowd-pleaser
Lun 26 Nov - 13:50


    Bizarrement, c'est pas ton expérience chez les paramilitaires qui t'a rendu aussi nerveux et réactif. T'étais déjà à cran, à la naissance, mais c'était encore rien de véritablement dangereux. Tes coups de pieds et tes coups de poings restaient maîtrisables et complètement délibérés.

C'est après ton passage chez les Frères des écoles Chrétiennes que t'as commencé à t'aliéner sévèrement. C'est la consécration totale à la Sainte Trinité et les voeux traditionnels d'obéissance à ce à quoi t'aurais dû t’employer pour le corps de la société et tes potentiels supérieurs qui t'ont foutu le câble en l'air. T'as perdu tous tes freins à force de hurler dans l'abri de jardin et, dans ton isolement forcé, à force de déchirer les manches flottantes de ta soutane noire, à force de voir l'instituteur te prouver son profond Signum Fidei, t'as cédé, t'as craqué, t'as pété son étoile d'argent et son bouclier bleu. Il a brisé les tiens, aussi, mais c'était franchement pas grave puisque Dieu n'était déjà pas le Père qui t'habitait le plus.

Tu t'en rappelles pas bien, de tout ça, et t'y penses pas vraiment. C'est juste qu'en observant la situation un peu plus calmement, en remettant les événements en ordre, en te sentant revenir entre tes côtes, tu te rends compte que t'as paniqué. C'est juste ça : t'as paniqué et la raison est aussi floue que la couleur de tes tatouages sur tes mains — tu te regardes la main, celle qui tient la jambe du pantalon, et t'as du mal à comprendre que c'est la tienne qui la tient, t'as du mal à te remémorer pourquoi t'as un corbeau perché-là, à la place de ta peau.

Tu te touches la gorge, pour réprimer l'étranglement qui t'enserre depuis le fond du larynx. Le pire, quand on a la gerbe, c'est d'avoir rien à vomir. T'as la voix de Melvin qui te colle au crâne, même si c'est pas ses mots qui résonnent, et c'est comme si t'avais bu tout ton saoul de son insolence — c'est ça qui t'a foutu en l'air : son dédain, sa manière d'avoir l'air de se plaire à côté de toi, son attitude complaisante et sa gueule trop sage, prompte à rêver et à s'égarer dans un monde qui n'existe pas, totalement inaccessible, totalement coupé de toi. T'as pas aimé. T'as pas aimé. T'as pas aimé ça, ni sa petite voix sensuelle faite pour provoquer et aguicher.

T'es secoué d'un frisson immense qui te bouffe les pieds aussi bien que les oreilles. Ça t'oblige à relever la tête et aviser le martyr, à genoux, méprisable parce qu'il ne semble pas souffrir de la situation. C'est la première chose que tu vois, en le redécouvrant, un oeil plissé, sans comprendre, le regard clair et soupçonneux.

Il arrive quand même à parler, ce petit salopard. Ça lui fait plaisir d'ouvrir la bouche et de se laminer la gorge pour baver sa merde — t'as les muscles du dos qui s'écartèlent et se déracinent chaque fois que tu le vois hocher la tête ; t'as son couteau introuvable planté entre deux côtes et il bouge en même temps que ses lèvres. La paisibilité de la scène est vraiment… grotesque. T'arrives plus à regarder autre chose que sa bouche et les plis qui grignent son sarouel autant que sa peau.

Il est tellement dégueulasse et fier de l'être. Mais t'es pas dupe. T'es dupe de rien : t'analyses tout ce qu'il te donne à voir. Ce que tu captes te laisse dubitatif. Tu commences à croire que l'information qui t'a emmené à lui était peut-être un appât qu'on t'a délibérément jeté dans l'oreille et que c'est pas toi, donc, qui mènes la danse. C'est pas lui non plus, ceci dit : ‘y a une association, entre lui et celui qui parle de lui, et les deux veulent te prendre pour un con, abuser de toi et te foutre en l'air — pas te tuer, non : juste te rendre dingue, définitivement, et te regarder tomber (oui, et quand t'entendras Melvin le dire, ça ne sera qu'une confirmation).

C'est ça. C'est la seule explication que tu trouves à son comportement : ‘y a aucun moyen qu'il prenne plaisir à se retrouver la gorge entravée dans une épissure si ça fait pas partie de son plan. Ou bien il est masochiste, et peut-être qu'il faut bien l'être pour se pointer nonchalamment et vouloir enculer un mec comme toi ; il faut peut-être aimer se faire du mal pour te parler comme il te parle. Ça lui fait juter le membre d'être rabaissé — tu reportes ta main sur ta bouche, te touches précieusement la forme des lèvres et la finesse de l'arc ; tu te respires les doigts pour garder contenance. Ton dégoût, entre fascination pour la révélation et horreur pour la vérité qu'elle soulève potentiellement, perce dans le gris de tes yeux, hallucinés par ses propos.

Il te matraque la tête, ce bouffon ; il te laisse pas en placer une, même dans les silences qu'il suggère. T'as rien à répondre, de toute façon, comme t'es plongé dans de savants calculs où le X ne reflète qu'une petite partie de l'inconnue.

Tu t'es pas défoulé, non. T'as fait que geler le problème, en attendant de choisir la solution. C'est toi le patron. C'est toi le sommet de la pyramide. C'est toi l'architecte. C'est toi l'architecture. Tu gères. Tu gères. T'as besoin de te le répéter, sans te le formuler néanmoins, et ton langage corporel en dit plus que tu ne voudrais. T'es spectateur et critique à la fois ; tu réserves ton jugement et le nourris des éléments qu'il t'offre généreusement. La sentence est imprévisible, comme t'as l'air calme sans tout à fait savoir l'être, comme t'as l'air de te maîtriser sans tout à fait avoir à le faire.

Tu le laisses parler dans le vide. Il a ton attention, quand bien même tu ne dis rien. T'as pas perdu ta langue, c'est juste qu'elle est trop lourde et que les mots te viennent plus. Melvin peut parler pour deux, apparemment, et ça te tambourine sur les tempes. T'as chaud, enveloppé dans le froid, et tu te contractes par intermittence pour réprimer les frissons glacés qui te fleurissent dans les flancs.

En l'écoutant, tu découvres que Melvin Meyer est un mec optimiste, en plus d'être perspicace. S'il devine bien qu'il va rester condamné là, il se trompe en croyant que ça n'est qu'une affaire d'heures.

Tu vas pas le tuer, il le sait peut-être, ou alors il le suppose et le devine, sans forcément savoir que c'est non seulement parce que c'est interdit mais aussi, et plutôt, parce que t'es du genre, toi, à regarder les piliers s'effondrer tout seul.

Vous vous êtes peut-être bien trouvés, qui que soit derrière tout ça. Si c'est lui qui te manipule pour satisfaire son érotomanie mal branlée, alors il a bien fait de bloquer sur toi : il n'aura rien de ce qui le fait bander, hormis la liberté, peut-être, de pouvoir y croire et d'implorer.

Si c'est quelqu'un d'autre qui vous manipule tous les deux, alors il a bien raison de vous avoir emmené à vous rencontrer : tu réponds à tous les messages, quel que soit le sujet.

Mais, si c'est toi qui en es arrivé là par tes propres moyens, sans savoir jamais que Melvin serait à ce point réceptif à ta façon d'entreprendre, alors vous allez parfaitement vous entendre sur l'essentiel : l'excès de confiance est dangereux et le corps humain une arme plus versatile qu'on ne le dit. Tu vas le regarder se tuer seul, jusqu'à ce que sa langue sèche, jusqu'à ce qu'il ait plus la force de balancer la tête ni de tenir sur ses genoux. C'est lui l'artiste de son malheur et, s'il aime la douleur, dans ta générosité, tu lui offres le cadre d'une complaisance solitaire.

Il fait bien d'espérer de toi de la patience : c'est tout ce qu'il verra. Il peut blablater autant qu'il veut, c'est pas ton air ni ta salive qu'il gaspille. C'est pas toi qu'il épuise. Toi, t'es libre de te lever et de partir quand tu veux. T'es même en capacité de zapper son existence si tu fermes la porte derrière lui : c'est insonorisé. Ça sert toujours, une bonne mousse acoustique, surtout quand on vit comme tu vis.

Tu te redresses sur tes jambes à peu près en même temps qu'il jure te rendre dingue — ah, voilà, tu savais bien, t'avais bien deviné — pour ramasser le paquet de clopes. Tu regardes dedans, comptes combien il en reste et considères que Melvin est soit un très gros fumeur soit un très mauvais voleur. Tu fais un pas, futile, puis tu t'accroupis en soupirant de fatigue devant le fauteuil. Tu coinces le pantalon sous le pied, tendu comme l'attache d'une tente. Tu te relèves sans trop de souplesse, grimaçant, et tu disparais en enjambant le balais dans la porte.

Tu reviens quelques secondes après, soupirant encore, d'exaspération cette fois-ci, la gâchette d'un allume-feu claquant répétitivement sous la pression de ton index. T'as un feutre enfoncé entre les dents et un grand calendrier en carton sous le bras que tu abandonnes sur le fauteuil en passant.

Tu t'approches de lui, le pas tranquille, poses les cigarettes sur la balustre, le geste calme, et tu t'accoudes à la pierre en en sélectionnant une — la moins abîmée, peut-être — puis t'en dardes le bout dans la flamme. Melvin peut peut-être te voir faire s'il a de la souplesse dans les nerfs optiques et qu'il est toujours partant pour une strangulation récréative.

Il peut peut-être voir combien tu détestes cette merde, même si tu prends soin de l'allumer correctement.

Il peut pas voir à quel point tu détestes l'addiction, comme t'admires le poison de la fumée qui s'envole.

Mais il va vite l'apprendre : paraît que le meilleur moyen d'arrêter de fumer, c'est de forcer son corps à se débecter devant le besoin, jusqu'à se retourner contre le manque.

Délicatement, tu tends la cigarette, présentant le filtre à ses lèvres, le regard convoiteux et irrité posé sur les gesticulations que son faciès doit faire pour tirer sur l'embout. ‘y a rien de plus laid que ça : un pauvre mec soumis à son envie — si, si, ‘y a plus laid : ‘y a l'idée qui te trotte dans la tête et prend de plus en plus de place en l'observant avaler entre tes doigts. Prudemment, tu lâches la clope, t'assurant qu'elle reste en équilibre entre ses lèvres. Tu sais pas bien ce qu'il va réussir à fumer comme ça et tu t'en fous.

Tu déplaces le poids de ton corps sur une jambe et te grandis en une inspiration silencieuse. T’as sa tête à peu près à la hauteur des cuisses et tu peux pas t'interdire de le juger avec pitié pendant quelques secondes. Tu te reconcentres sur le paquet bousillé duquel t’entreprends de sortir ce qu'il reste. T’as la voix plus posée :

« Pour information : c'est pas chez moi ici, que tu lances, triant les cigarettes dans un ordre que t'es le seul à connaître, l'allume-feu toujours dans la main. T'es presque touchant : on dirait un gosse qui joue aux mikado.

Je garde la piaule d'un ami. Je rends service, tu vois… mon pote, il est garde royal, ici. D'ailleurs, tu t'interromps pour jeter un coup d'oeil au jardin en contre-bas, puis le regarder lui. T'as des notes bizarres dans la gorge, entre enthousiasme timide et confidence prudente, et le nez froncé en une grimace exagérée : je sais pas si t'as vu mais on est dans leur quartier, là. Ils se mettent bien, les employés, hein ? »

T'allumes une seconde cigarette, avec la même précision que plus tôt. Elle va aussi finir dans sa bouche : tu récupères la première, dont un fameux agglomérat de cendre habille la fraise, et la remplaces par la nouvelle. Celle-là, tu la débarrasses, le vide pour cendrier, et en crames le filtre — ça pue encore plus que le goudron et le tabac —, ignorant totalement les réactions de Melvin. Tu te gausses, faussement.

« C'est de beaux enculés, ouais. Tu peux être sûr que, pour eux, le boulot c'est une vraie vocation vu le string et le feu que ça leur permet de se mettre gratis sur la queue. » Et ça t'amuse de le dire.

Tu t'accroupis à sa hauteur, léger, et te balances doucement sur tes appuis. Ça y est, tu rebranches. Tu le regardes, vicieux, et l'ombre du sourire qui te borde la lèvre l'est autant. T'as la cigarette entre les doigts. L'odeur te fait tousser et tu te râcles la gorge autoritairement. Tu te reconcentres sur lui, plus sérieux.

« Tu te mets quoi sur la tienne ? »



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Mar 27 Nov - 2:46


Crowd-pleaser.



Il voit la haine dans les yeux de Michal. Pire, il l'a sent. Et elle est effroyablement flippante. N'importe qui n'aurait rien à faire d'autre que baisser le regard devant un tel spécimen - fait de chair et de feu. Mais comment peut réagir un gosse comme Melvin face à une telle démonstration ? Il est la haine discrète, qui brûle si faiblement qu'elle ne peut enflammer autre chose que son coeur. Une petite partie, l'autre est noyée dans la folie et l'instabilité du tortionnaire. Devant ça, Melvin sent son coeur qui s'affole, alors que, à contrario, son visage s'éclaire légèrement de l'esquisse d'un sourire qui étire le coin de sa lèvre. Il détourne le regard pour ne pas le montrer.

Pendant un instant, alors qu'il a retrouvé sa lucidité ou simplement, une infime partie d'elle, il se concentre sur l'arbre le plus loin qu'il peut apercevoir, et suit de ses pupilles dilatées le mouvement des branches dont le feuillage est ici et là, parsemé de milliers de points lumineux qui danse sous le souffle du vent. Il déglutit, et suit du coin de l'oeil, Michal qui se relève. Il observe la façon qu'il a de se redresser, avec une peine parfaitement bien imitée. C'est lui qui est attaché comme un chien, et c'est Michal qui a du mal à se relever.
Le pantalon qui se tend le fait basculer en avant, et l'oblige à plier son dos. Cette merde lui scie la trachée, et il grogne sourdement en tentant de trouver une position à peu près confortable, ou juste acceptable pour éviter d'avoir la colonne vertébrale en miettes. Il ignore combien de temps Michal va le laisser comme ça, mais quand il aura le dos tourné, il compte bien trouver un moyen de se libérer.

Le jeune homme l'aperçoit qu'il s'éloigne et en profite pour se tortiller dans un effort, vain, tendant ses bras dans son cou, essayant d'écarter ses poignets entravés, dont les liens sont en train de lui faire un mal de chien. Il serre les dents : maintenant que l'autre enfoiré s'est éloigné, il se sent comme un animal laissé attaché au poteau du jardin, qui tire comme un acharné sur la corde qu'est solidement noué autour de sa gueule. C'est vain - c'est impossible, ou peut être que si, ça l'est- mais il y arrive pas. Il prend connaissance de la faculté de Michal à attacher les gens.. ça peut peut être lui servir d'le savoir, quand, et s'il se fait ligoté comme un con un d'ces jours, au pieu de son pseudo-palais. Et pourtant, cette idée le fait littéralement vriller.

Bordel de merde.
Melvin, concentre toi.
Tu ressembles à rien dans cette position.


Il a la tronche d'un chiot qu'on vient de punir parce qu'il a éventré le paquet de croquettes, et le fait d'essayer de se défaire de sa laisse, vulgarise le jeune garçon. Michal le salit, l'humilie, d'une manière affreusement vicieuse. Même qu'il lâche un grognement plus clair que les autres, qui ressemble vachement à celui d'un clébard. C'est délicat de sa part d'avoir fait ça, et il a intérêt à se sentir fier, parce qu'il ne compte pas le laisser regretter son acte après ça.
En l'entendant revenir, il s'efforce de se calmer, déglutissant dans un souffle, reprenant ce dernier. Il le fixe du coin d'l'oeil. Avec un tel intérêt qu'il se rend compte qu'il veut simplement que Mich' l'aperçoit le regarder avec une hargne semblable. Ouais, encore un peu et il lui supplie de continuer.

C'est une vraie putain de blague sa mentalité. C'est sorti tout droit du cul de Satan sa façon d'penser, d'agir, et de désirer ou quoi? C'est du foutage de gueule, il aurait mieux fais de rester un foetus sérieusement. Pourquoi diable, ne retient il simplement que la fermeté et l'emprise de Michal sur son corps - la sensation du geste et la violence dont il a fait preuve pour le maintenir lui collent à la peau. Il a l'impression de sentir encore les grands doigts élancés du tortionnaire se refermant autour de son poignet, et le remontant dans son dos, pour lui faire mal, et pour lui montrer par ailleurs, que c'est lui le maître. Melvin se doute, que c'est lui l'roi, le balafré qu'on pointera jamais du doigt parce qu'il est friqué jusqu'aux os c'gars là. Parce qu'il a presque les dents en or quand il sourit comme un imbécile. Ouais c'est ça, un imbécile. Et on l'aime pour ça - pire, ou mieux, on l'idolâtre parce qu'il a plus d'argent que de bite dans son froc.

Et lui, la seule chose qu'il retient, c'est ce qu'il lui a fait subir. Le truc à son cou, c'est un truc de malade - ça lui tire les ligaments, ça lui noue les entrailles, et ça l'fait ployer comme une chaise pliable sur le rebord du balcon. Ça, ça lui plait pas. Quand il sera libéré, il lui fera bouffer la balustre, le carrelage, et l'arbre tout au bout. Il le jure, bon sang. Pourtant, maintenant qu'il s'est pointé devant lui, plus près que jamais, il se surprend à dévorer ses jambes des yeux, entendant le roulement de la roulette du briquet au-dessus de lui...

Il entrouvre les lèvres. Il va le laisser fumer, au moins.
Le filtre s'approche de ses lèvres, et comme son cerveau est bien trop con pour faire la différence entre le danger et le désire, il l'attrape délicatement mais habilement entre ses dents, l'extrémité orange collée au-dessus de sa langue. Il ne prend pas le temps de refermer les lèvres - il inspire, sent la nicotine qui emplit sa gorge, tousse une fois au fond d'son corps, puis lâche la fumée par le nez. Ça pour fumer en ce moment, c'est un expert. La nicotine lui rappelle qu'il vit encore - mais ce qui lamine son coeur d'une forte pression, comparable à und désir ardent qui grossit dans son oesophage, c'est d'entendre sa voix.

Elle est touchante, presque rassurante. Il l'écoute sans rien dire, tirant du mieux qu'il peut sur la clope, et uniquement quand il est sûr qu'il va pas s'étouffer. C'est foutrement compliqué de fumer avec les mains attachées dans le dos. Ça lui fait un bien fou pourtant, même si ça n'a rien de normal. Il relève les pupilles, et ne peut apercevoir que ses doigts qui pianotent au-dessus des clopes, et à travers elle pour les ranger. Et il repense à sa poigne. Ce sont ces doigts là qui l'ont empoignés. Et il s'en fout, pour le coup. Soudain, il s'en branle totalement. Pas assez, visiblement, puisqu'il est déconcentré de sa tâche et referme carrément ses dents sur le filtre pour ne pas le laisser tomber tandis qu'il tousse allègrement dans son ventre - qu'il s'étouffe à moitié.

Par contre, du côté de Michal, c'est un autre délire. Il teste sur lui la fiabilité du tabac de chaque clope, et lui en glisse une autre, et cette fois, c'est à contre coeur qu'il se retrouve à tirer sur elle. Il est persuadé que c'est rien d'autre que de la torture psychologique, et c'est précisément pour cette raison, qu'il la lâchera pas. Entrouvrant d'ailleurs les lèvres, il réussit à parler par leur commissure:

Tu te mets quoi sur la tienne ?

- C'que j'me mets sur la mienne...

Sa voix est rouillée, brisée par la nicotine et étranglée par le pantalon. Pourtant, elle a une tonalité assez sexy.. ouais.. Sexy. C'bien le mot. Elle est cassée mais franche. Il change pas de ton.

- Si vous saviez.., qu'il lâche dans un souffle.

Comment lui dire..? Il s'estime vierge?
Oh il a probablement déjà couché. Vu le nombre de rumeurs qui ont couru à son propos dans son village. Il repense à ces petites rues, à l'odeur du pain bien cuit quand il pointait le bout de son nez à l'aube. À la clarté des lampadaires qui éclairaient le clocher à la nuit tombée. Il veut pas prendre le risque de devenir nostalgique, surtout pas maintenant.

- Rien en fait. J'sais juste qu'elle est bonne.

Soudain, sa situation devient plus rapidement embarrassante. Maintenant qu'il entretient une conversation à peu près.. stable avec Michal, que ce dernier lui a parlé, qu'il s'est rendu compte qu'il peut encore parler à peu près clairement.. ça le frustre. Il relève imperceptiblement ses pupilles vers l'homme, qu'il se surprend même à défier du regard. En fait, c'mec a la sale manie de l'intimider.. un peu. Depuis quelques minutes. Non, ça ne peut pas durer.

Malheureusement, il sait pertinemment qu'il risque pas de ressentir ses deux jambes de sitôt avec cette attitude là, ou même s'il ne prend pas le risque de lui demander poliment. Alors il se concentre sur un bout de son torse qu'il a dans son champ de vision, et passe sa langue sur sa lèvre inférieure, gercée. Il salive encore, c'est bon signe.

- J'accepte de vous parler de ma bite, mais avant, détachez moi. Votre merde est en train de niquer mes poignets et j'aurais plus de genou à la fin d'la journée s'ils continuent de s'enfoncer sur le carrelage comme ça.

Evidemment qu'il peut rester encore des heures durant ainsi, recroquevillé contre la balustre, à attendre de pouvoir se relever. Ça, Melvin peut le faire. La douleur est subjective et encore une fois, par le biais de mille façons possibles, il pourrait le lui prouver. Seul problème, il a pas forcément envie de discutailler comme s'ils étaient au bar. Encore un peu et Michal ramène les cookies et l'café.

Non mais bordel.
Il sait même plus comment ça a dégénéré.


Oh, il sait que ce serait trop beau si le tortionnaire calme ses pulsions, et fait de son désir, un ordre. Il décide de passer par un autre compromis - dont les chances restent cependant assez maigres.

- Si vous tenez tant que ça à m'voir comme un malade, un fou, attaché, que vous pouvez maîtriser à votre guise, soit. Attachez moi ailleurs, une chaise, un poteau, une table. Mais par pitié, bordel, laissez moi me relever.

Ces derniers mots sonnent comme une recommandation de haute importance. Plus il demande, plus il sent son dos qui souffre le martyr, et ses poignets dont les os se rétractent comme si une épaisse et énorme main invisible s'amuse à les serrer de toutes ses forces.
A défaut de ne pas pouvoir avoir les yeux d'Michal dans les siens, parce que dans une position bien trop basse, et la corde bien trop tendue pour qu'il puisse redresser son visage sans se faire mal, il fixe son torse avec insistance. À l'emplacement de son coeur. Peut être que ce qu'il reste de bon en lui, l'entendra.

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Re: Crowd-pleaser
Mar 27 Nov - 14:21


    T'as peut-être encore un coeur à l'intérieur du torse, ouais, mais alors il s'est tellement fait lyncher et maltraiter qu'aujourd'hui il ose plus trop s'exprimer. C'est une femme battue, ton métronome : il se tait quand on lui prête trop d'attentions, il se referme quand on lui pose trop de questions et il n'ose sourire que seulement quand la conversation est futile.

Là, il sourit. Si tu savais, oh si tu savais ce qu'il se met sur la bite… ! La voix de Melvin te dessine une légère incrédulité amusée sur le menton, comme tu t'attendais pas à ce qu'il fasse l'effort de parler considérant la clope et le collet, comme t'espérais pas qu'il se fasse si bien comprendre, comme t'imaginais pas l'attrait certain qui résonne dans sa gorge. Tout éraillé et difficile, son timbre est délicieux et agréable. Tu vas pas jusqu'à le trouver sexy, mais d'un coup t'as l'impression de t'adresser à quelqu'un de profond, qui a vécu et subi et ça, ça t'excite le foie.  

Ça n'est, évidemment, qu'une tromperie, un fantasme, une mauvaise association de cause et d'effet qui te mettent tout de même dans de meilleures dispositions pour entendre sa répartie : c'est une bonne réponse. « Rien en fait. J'sais juste qu'elle est bonne », ça te fait sourire les yeux, ravis et séduits qu'ils sont par l'image de ce pauvre gamin qui se lustre l'égo, même à moitié ramassé par terre, même à moitié étranglé. Rien. Voilà : rien. Très exactement rien.

Il te fait franchement rire et on entend ton coeur s'esclaffer dans le soupir que tu lâches en baissant la tête, faussement pudique. Tu saurais pas trop dire s'il a conscience du mal qu'il se fait en aspirant la fumée comme ça, ni s'il se rend bien compte de la position dans laquelle il est véritablement. Il va se laisser s'asphyxier tout seul et c'est peut-être bien son rêve secret, que tu te dis, penchant les yeux sur le filtre qui crame et que tu tiens sous son visage comme un bouquet de sauge blanche sous le nez d'un malade. Le bienfait est évidemment nul — il tousse profondément, t'en as conscience, comme t'as conscience des regards appuyés qu'il te destine. Faudrait qu'il arrête : tu vas finir par le croire amoureux de toi et, considérant comme tu le surplombes en étroite promiscuité, la vue que ça te donne sur lui flatte terriblement ton égo. Peu importe comment tu le regardes, Melvin Meyer a forcément les paupières basses et, s'il lève les yeux, il a forcément l'air pitoyable. T'es un metteur en scène de génie. Dommage que tes scénarios soient tous trop gores pour la sensibilité du tout public.

Tu lèves le bras, pour attraper le restant des cigarettes. Délicatement encore, tu lui retires celle qu'il s'est coincé au coin de la bouche, comme la première, avant même qu'il n'ait pu finir de la fumer. Ce sera mieux si vous devez parler — il articule tout de suite mieux, et la manière qu'il a de s'humecter la lèvre en dit long sur son envie de bavarder. Concentré sur le petit tas de clopes, tu les fais distraitement rouler entre tes doigts. C'est agréable, la matière du papier fin et la manière qu'a le tabac de se déliter. Ça pue, par contre, et ça t'agace les bronches — tu te râcles la gorge, te soupesant sur tes chevilles, et tu reposes les yeux sur lui.

Qu'est-ce qu'il est vulgaire… ! Qu'est-ce que ça rend bien, avec ses cordes vocales écrasées ! T'aimes sa voix, tu vas pas te mentir : elle te chante des trucs incompréhensibles, bruts, et l'écouter c'est comme d'attendre le moment où le Kartz va lâcher. Ouais, ce connard te fait beaucoup penser à chez toi. Tu l'écoutes attentivement, profondément intéressé par la luisance saline de ses prunelles vitreuses et ça veut pas dire que tu prends en considération sa requête ou qu'elle atteint seulement le creux de ton oreille. Tu saurais même pas dire si c'est une remarque sérieuse, comme elle est plutôt impertinente, ou une véritable demande, comme ‘y a trop de sarcasme à ton goût, ou juste une manière de s'assurer une réaction de ta part. C'est peut-être les trois. C'est peut-être rien de tout ça. Dans tous les cas… parler ne veut pas dire qu'on est disposé à communiquer — surtout avec toi.

Tu récupères l'allume-feu de la même manière que les cigarettes et, pile dans le creux qui te sépare encore de Melvin, les bras accoudés aux genoux, là, pile entre son torse et tes jambes, tu fais cracher la flamme au plus fort. T'as l'air surpris de la voir jaillir, haha, vraiment, c'est pas fait exprès, et tu retiens l'ébahissement que ça te provoque en une grimace rigolote et embarrassée. Tu deviens un mec franchement dissipé quand on te met trois bricoles sous les yeux et t'es incapable de rester concentré sur la même plus de dix secondes.

C'est pourtant très sérieux, ce qu'il te dit. C'est sûr qu'il faut que tu l'écoutes ; vu le ton, c'est important pour lui, de savoir s'il va être détaché, attaché, debout, couché, comment vont aller ses poignets et comment va évoluer sa scoliose. C'est vraiment primordial et, d'ailleurs, ça te fait penser que t'avais prévu de laver le carrelage après le déjeuner. T'as la mine qui se lasse en le reconsidérant qui te conseille et t'ordonne une autre façon de faire ; t'as les yeux plein d'ennui en comprenant qu'il spécule sur l'utilité et l'intérêt que tu portes à son destin. Si ‘y a bien une chose à pas faire, avec toi, c'est se prendre pour un bookmaker. La deuxième, c'est de croire que t'es cupide et que t'agis pour avoir toujours plus de satisfaction personnelle. C'est faux : t'es pragmatique et la manière dont est attaché Melvin, là, tout de suite, te semble très efficace. Mais tu sais qu'y a plus efficace encore que le carrelage pour faire disparaître un genou.

T'as le front qui se ride, comme si t'envisageais tout de même la chose, en regardant le noeud autour de son cou. Tu réfléchis, ou tu t'en donnes l'air, et tu t'accordes deux, trois secondes pour mesurer les avantages, bouche entrouverte presque lascivement dans un effort de calcul qui t'empêche pas d'aller effleurer le menton du martyr avec la mèche de ton allumeur.

Peut-être que t'y réfléchis pas du tout, du coup, comme t'es soudainement fasciné par la forme de ton index sur la gâchette et la résistance du plastique sous la pulpe de ton doigt ; comme t'as soudainement l'attention toute libidineuse posée sur la trompe en métal et l'embout noirci qui pointe en direction de ses lèvres. Promis, t'es pas un de ces dégénérés de pompier qui aiment foutre le feu pour le plaisir de l'éteindre en vue d’être considérés comme des héros. Toi, t’en as rien à foutre des considérations des autres.

T'appuies et la flamme fouette immédiatement sa peau, une demi-seconde. Plus de peur que de mal, certainement, et une mauvaise odeur de poulet grillé dans son nez autant qu'une vive brûlure au bout des lèvres. C'est un avertissement ? Une punition ? Un coup de pression ? Tes pupilles retombent sur les siennes, habitées. C'est une correction.

« Tu t'es mis à genoux tout seul, Aladdin. Moi, je t'ai juste attaché les mains et la tête, comme t'as déjà pu le remarquer. »

Puisqu'il veut lister des évidences, en voilà deux. T'es pas sûr que se relever lui fasse plus de bien, à terme, vu le mal qu'il va avoir à le faire et la difficulté qui l'attend pour rester sur ses jambes. Tu vas pas lui préciser la possibilité que ça lui fatigue davantage le dos : Melvin Meyer est plus malin que toi. C'est personne qui l'a dit ; tu le lis dans le bleu de ses yeux et, de voir comment il y croit, ça te rend vraiment très con.

T'as le poignet qui pivote souplement et, suivant ton geste, la bouche de l'allumeur désigne nonchalamment son entrejambe. De l'ongle, tu pousses et tu repousses distraitement le minuscule levier de puissance. Plus con que toi, ‘y a ce cran de sûreté plus du tout sûr sous ton pouce.

« Donc, tu t'es sucé la bite pour savoir si elle était bonne. Soit t'es un véritable gymnaste, soit t'es très prétentieux. Tu penches la tête, une moue réflexive collée à la bouche, les pupilles brillantes d'une intelligence espiègle.

Je vais parier que t'as assez de prétention pour vanter ta souplesse. Touche-toi… . »  

T'appuies l'embout de métal entre deux formes sous son bas ventre. T'es terriblement sérieux, en soutenant son regard, comme si tu t'attendais à ce qu'il prenne plaisir à te détromper.

Le truc, c'est que c'est impossible, considérant comment il est attaché.
L'autre truc c'est que, s'il le fait pas, t'enfonces la gâchette.



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Jeu 29 Nov - 1:20


Crowd-pleaser.



Tu t'es mis à genoux tout seul, Aladdin. Moi, je t'ai juste attaché les mains et la tête, comme t'as déjà pu le remarquer.


Le soupir qui s'échappe d'entre les lèvres de Melvin marque le début de quelque chose.. qu'on peut éventuellement éviter, si le dialogue est favorisé à la violence. Michal n'est pas violent. Il est franc. C'est précisément cette franchise qui l'déroute: Il peut aller jusqu'où ce mec, au juste ? Y a pas besoin de blablater pour comprendre qu'il compte pas le relâcher de sitôt. Il prend d'ailleurs un malin plaisir à titiller le jeune homme, qui, par malchance pour Michal, n'est pas le premier punching ball qu'on peut détruire d'un simple coup de poing.

Melvin sait encaisser. Il est doué pour ça, il est tellement doué.
Sa force, c'est d'enregistrer tout ce qu'on lui dit, de bon ou de mauvais, et de caler ça dans un coin de sa tête. Le destin suivra son coup quoi qu'il arrive - et la 'punition', ou plus communément appelé le Karma, chez lui, n'est pas simplement vengeance et rancune. Il est justice rendue, et frappe plus fort que les hommes.
C'est lui que les pas de Mel', suivent sans vraiment le savoir.
C'est lui qu'il attend au fond de lui, bien plus qu'il n'attend la mort elle même.

Pour les âmes en paix, ou bien trop éraflées pour contrôler encore quoi que ce soit, il ne s'agit que de naïveté et d'espérance vaine. Pour d'autres, c'est un dernier recours, une dernière marche, une ultime route.

En attendant, il faut subir, et tenir coûte que coûte, la tête droite, le menton levé, le regard de fer. Ne pas faillir, ne pas tomber. Se courber, éventuellement, peu, pas assez pour donner l'impression qu'on peut s'incliner face à. Se plier, quand notre vie risque de payer le prix fort. Melvin est prêt à cela, il y est mentalement préparé. Le seul truc, c'est qu'il n'a jamais été réellement confronté au lion en face à face. Tout ce temps, il a pensé avoir rencontré le pire - son père, un homme qui n'avait jamais eu autre plus grande force que l'ignorance pour tenter de l'achever.

Ses yeux se relèvent vers Michal. Il l'observe, cette fois ci, avec plus d'intensité dans le regard. Une considération certaine, différente de toutes les fois précédentes où il l'a observé. Il le regarde, comme un être humain venant d'en rencontrer un autre. Il prend du recul, s'dit que c'est pas si mal, et que c'est pas irréversible non plus.

Il a un mouvement de recul en sentant la flamme lécher le bout de son menton. La douleur est vive et rapide : il écarte son visage en tournant sa tête, Michal pouvant voir sa mâchoire se crisper méchamment. C'est qu'un avant goût. Le prologue, avant le début du livre, et c'est comme ça que Melvin le voit. Théoriquement, à nouveau, une personne à peu près normale ne prendrait pas le risque de mettre sa vie en péril. Il ne peut pas nier le fait que l'idée de se faire abattre par Michal lui prend à la gorge.

Humidifiant ses lèvres, prêt à parler, il se ravise instantanément au moment où celui ci reprend la parole avant lui.

Touche-toi… là.

Il beugue sévèrement.
Très sévèrement.

Pardon ?
Touche toi. Là.


C'est pas compliqué à comprendre. Il veut le voir.. entamer la première partie du processus de sa partie d'échec. Le défi, voir, le test. Le fameux, qui fera de sa figure, dans l'esprit de Michal, soit une victime, soit un lâche. La victime obéira, du mieux qu'elle peut, le lâche fuira. Et entre tout ceux qui connaissent Melvin, ou qui ont déjà réussi à percevoir quel genre de personnes il est, 90 % balanceront qu'il est un trouillard.
Et probablement qu'au fond, ils ont raison. Melvin le sait- pire, il l'acquiesce.
Il est d'accord. Qui peut changer de cap, celui d'un homme qui se sait déjà condamné, injustement, debout devant la guillotine?

Il lui foutrait une beigne à Michal, s'il était pas attaché.
Pire, Michal savait qu'il n'allait pas pouvoir le faire: Les liens empêchent tout mouvements, et même si l'appréhension l'assaille, il refuse d'obtempérer. En fait.. il a déjà un plan en tête. Vil et risqué, mais c'est plus fort que lui : il va falloir qu'il fasse le con.
Là, il sait qu'il va avoir son tour, et il compte bien en profiter. Si bien en profiter qu'il fait le vide, et met de côté tous les éléments qui peuvent ralentir sa course.
La carte du joker - le retournement de situation, le défi, la sournoiserie. Est invisible, et planté au creux de sa paume. Ses doigts se tournent lentement, imitant le mouvement d'une carte qui pivoterait, et changerait de face pour en dévoiler une autre.

Il se redresse comme il peut, et approche son visage au plus près de Michal - qu'importe ce qu'il a en face de lui, ses yeux, ou son torse, ou même sa bite, sous le tissu, tant qu'il a un oeil dessus, ça lui suffit. Tout est bon à prendre chez l'ennemi : ses forces, ses faiblesses, et même ce qu'il ne pense pas lui même posséder. D'un regard, Melvin emprisonne un bout de lui.

- Pourquoi ne le faites vous pas, vous même?, susurre t-il d'un ton affreusement sensuel.

Paraît il que si les coups ne sont pas assez puissants pour abattre un homme, les mots et la parole le sont - ils perdurent, s'imprègnent de notre esprit, attise nos vices les plus refoulés, et réveillent d'anciennes douleurs. Tout est souvenirs, pensées, craintes et tortures psychologiques. Qu'importe la force des coups, les séquelles sont invisibles pour les yeux, si elles sont perfidement injectées en nous comme le poison au bout de la pointe d'une aiguille. Ses iris sombres sont maintenant plus claires, comme s'il voit dans ses propres propos, l'ombre d'une échappatoire, d'une seconde, qui peut lui être fatale, à lui ou Michal.

- Je sens que vous en mourrez d'envie... monsieur.

Il en oublie totalement la présence du briquet dont le tortionnaire est 'armé'.
Peut être qu'il va se brûler, c'est même ce qu'il va se passer. Ou alors Michal décidera t-il de ne pas lui laisser ce plaisir. Il peut tenter tout ce qu'il veut, Melvin le lui fait suffisamment comprendre, non ? Il ne peut pas gagner aussi rapidement. Il s'en rendra compte, quand même le feu de son zippo n'arrivera pas à brûler assez Melvin pour le faire grimacer.

- Montrez moi comment on fait. Juste une fois.

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Re: Crowd-pleaser
Jeu 29 Nov - 10:26


    Tu le vois bouger, se redresser et se concentrer sérieusement. Tu te dis qu'il est vraiment con, s'il essaie de le faire, et tu te dis qu'il l'est encore plus s'il n'essaie même pas. Tu te dis qu'il envisage les deux options et qu'elles t'offrent davantage d'emprise sur l’interieur de sa tête, comme il te donne l'impression de réfléchir et de t'accorder enfin l'attention que tu mérites de sa part. Son silence, tu l'aimes. Il te fait entrevoir la rotation de la terre. En le considérant qui approche son visage, toi aussi, t'as envie d'approcher le tien, pour entendre les petits mécanismes qui se mettent en branle.

T'es curieux, parce qu'il l'est — curieux, étrange, bizarre. T'as pas encore compris comment il marche, alors t'es pas capable de deviner ce qu'il va faire ni ce qu'il est en réelle capacité d'entreprendre. Ça, ça te plaît, comme t'es pas du genre à lister les options et à décrire la procédure, pas plus que tu n'es disposé à faire de prévention : toi, tu fais de la rétention d'information, naturellement, par habitude. T'as jamais été doué pour t'exprimer clairement et pourtant tu diriges admirablement l'orchestre : tu terrorises, avec ta baguette, et il faut être vraiment très intelligent pour tenir la note — il faut avoir une très bonne mémoire pour deviner que tes gestes sont réglés comme du papier à musique et que la clé c'est d'arriver à les associer à la bonne partition.

‘y a des gens qui prennent leurs pieds en prédisant l'avenir, d'autres en se mettant des oeillères : ils conçoivent le monde en carrefours bien rangés dans lesquels chaque chemin mène à une destination unique. Toi, tu sais qu'on peut couper à travers champs et que les panneaux ne sont que des indications pour ceux qui sont perdus. T'es pas perdu, toi : tu sais qu’une fois l'écriteau passé, tout existe. Toi, t'as le muscle qui pompe tout son saoul devant l'anormalité ; être hors-norme, ça t'excite : ceux qui voient plus loin que la consigne et qui interprètent le problème sous un angle inconcevable, ceux qui retournent la formule et l'arrangent, ceux qui se laissent pas biaiser et baiser par la logique commune, t'aimes. Ça te décolle la peau des os et t'électrise les chairs. On n’est bien qu'avec ceux qui nous ressemblent.

Malheureusement, Melvin Meyer ne semble pas beaucoup te ressembler. Tu t'attendais pas à ce qu'il module sa voix de la sorte et à ce qu'il se remette à jouer les putes en manque. Ça t'irrite ; tu figes et votre proximité devient tout à coup dramatique. C'est inconfortable, ce ton. Ça te détracte tout de suite la tête et te crispe les tendons. Ça se voit, maintenant, que sa voix suggestive te touche et va chercher au fond de toi le nerf le plus susceptible. Tu veux pas lui montrer tes faiblesses, mais ton revirement est tel qu'il expose l’évidence : t'es réactif à ce genre de provocation. Elle t'affouille le ventre et arrache ce qu'il y a de plus laid pour l'afficher sur ta face. T'as baissé les épaules, déconfit, et tu te décontenances par petits morceaux.

Il sent que t'en meurs d'envie.
T'ouvres la bouche, à peine, un goût de merde accroché au voile de ton palais.
Montre lui. Juste une fois.
T'as les doigts qui se resserent sur le manche de l'allumeur et des rides qui te remontent autour des yeux.

Tu frappes. Lourdement, du cul de l'allume-feu, poing et batterie ensemble, là où ça fait le plus mal. T'écrases tout le poids de ton bras sous son aine ; tu laisses s'envoler les clopes comme des oiseaux effrayés pour agripper salement sa tignasse. Il a assez de cheveux pour que t'y entraves catégoriquement tes doigts, et tu lui tords la tête sur le côté, fermement. Tu la verses brutalement contre l'ajour.

Ça cogne, mais qu'est-ce que t'en as à branler — t'en meurs d'envie, ouais, ouais, ouais, tu meurs d'envie qu'il crève et tu meurs de l'envie qu'il s'avale la langue, à ce point là que tu lui enfonces la trompe de ton briquet dans la gueule.

Tu forces sa bouche, si elle ne s'est pas ouverte de douleur et de surprise, et tu le fais en lui crachant du feu dans le moelleux de la gorge. Mais l'incendie le plus dangereux, c'est celui que t'as dans les yeux, le torse et le ventre ; c'est le bûcher de ta sanité qui crame sous ton crâne, c'est la lave qui te grignote les bras et te fait trembler les doigts. Tu peux pas plus et mieux violer sa bouche, quand bien même t'essaies en pressant la naissance du manche entre ses dents. Ça doit avoir un sale goût de gaz et de carbone sur sa glotte. Toi, tu sens l'humidité de ses muqueuses contre tes phallanges.

« Juste une fois, que tu craches, le fond de la gorge serré d'énervement.

Juste une fois, putain ça t'arrache les cordes vocales. Juste une fois, juste, juste, juste… ! — tu t'humectes les lèvres nerveusement et avales de l'air qui se bloque dans tes poumons. Tu chuchotes, mais t'as rien de sensuel :

Je sais que je te fais mouiller le gland, mais là, j'ai la migraine. Je sens que je m'emportes. Qu'est-ce que tu dis de me chuchoter des excuses, avec la même petite voix, avant que je me tape une crise d'épilepsie ? »

T'attends, tournant le poignet pour lui faire comprendre que tu déconnes pas, confirmant ta prise sur son cuir chevelu et le fond de sa bouche.



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Re: Crowd-pleaser
Ven 30 Nov - 8:30


Crowd-pleaser.

Montre moi. Juste une fois.

Qu'il lui montre, comme ça fait mal, d'être pris dans la gueule d'un cobra avec plus qu'le cul qui dépasse.Montre lui, qu'il puisse contre attaquer. Quoi de pire pour un tortionnaire d'avoir à ses pieds une victime qui chiale, crie, se débat, et expose tous les critères de l'agonie, mais qui, outre cela, ne le supplie pas une seule seconde, et ne fait rien pour se défendre, sans tomber? La chute, finalement, qu'est ce que c'est? Le moment où on perd pied et tombons dans le vide, ou celui ou nous heurtons le sol?

Melvin entrevoit la réponse. La connaît il? Ça, c'est une autre histoire...
Et Michal à côté d'ça, n'a pas l'air convaincu. Le dégoût se lit sur son visage aussi facilement qu'un nez se voyant au milieu d'un visage. Malheureusement pour lui, Mel a toujours quelque chose à tirer des actes des autres. Il est sur le point d'enchaîner..
Mais un coup s'abat violemment dans son ventre. Plus de surprise que de mal, il se plie en deux en grimaçant sincèrement de douleur. Mal. Mal. Mal. Un long frisson court le long de son échine et il est traître: il a été prit par derrière, comme rat dans une souricière.

- Oh fuck...

Le haut de son crâne, à l'arrière, prend cher également. Bon sang, y a des étoiles qui dansent devant ses yeux même en plein jour. Cette fois, il marque une résistance plus frustrée. Fini les conneries. Il y a forcément un moyen lui régler ses aiguilles à c'mec là. Mais lequel? Il a pas l'air aussi con qu'il en donne l'air, et c'est pas ce qu'il montre non plus. En fait.. il est comme lui, sur les bords. Il est à côté.
Un couinement plaintif s'échappe d'entre ses lèvres férocement étirées en une grimace de douleur. A ce stade là, il va finir par lui couper la tête. Il aimerait bien, éventuellement, éviter ça.
Si ce n'est pas la tête, c'est les dents. Il est en train de lui niquer salement la gencive, et Melvin sent qu'elle le brûle, et qu'elle est en train de souffrir le martyr. Il n'y a pourtant aucune larme dans ses yeux, alors qu'en même temps, il se débat férocement contre les barreaux. Pris comme un con, et cette fois ci, ça fait nettement moins de bien. Il en est de son intégrité, et se sent chopé par une main qui refuse de le lâcher et qui l'enserre avec force. 

Je sais que je te fais mouiller le gland, mais là, j'ai la migraine. Je sens que je m'emportes. Qu'est-ce que tu dis de me chuchoter des excuses, avec la même petite voix, avant que je me tape une crise d'épilepsie ?

C'est là, que ça devient problématique pour le petit. Il a pas forcément entrevu l'idée que Michal pourrait à son tour lui foutre la lame sous la gorge. Il est imprévisible, mais d'autres le sont encore plus. Un cri retentissant s'extirpe du fond de sa gorge au moment où il sent la flamme lécher son univers intérieur. La douleur est telle qu'il n'a plus en tête, autre chose que l'envie de se libérer. Tapant du pied contre le sol, y a quand même une partie de son cerveau qui trouve le moyen de se raccrocher à une dernière flamme d'humanité. La voix de Michal.

Il a peur. 
Et il doit s'excuser.
S'excuser.
 

Il lui obéit, et aux yeux du tortionnaire, il le sera le soumis. Celui qui a parlé, et qui s'est contredit. Oh dieu. Mais il va crever, avec le feu dans la gorge. Des larmes d'impuissance roulent le long de ses joues. Son honneur prend un putain de coup. Il le repousse avec violence - de toute façon, il peut pas s'excuser s'il le tient. Il pisse du sang dans la bouche, et une vive douleur reste ancrée partout dans son crâne. La pression du briquet lui a refilé la migraine, comme si Michal avait essayé de lui enfoncer dans le cerveau.

- O-ok.. J'suis désolé putain.. J'suis désolé.

À moitié. 
Il déglutit pour s'assurer qu'il a encore d'la salive - qu'il déconne pas, qu'il va pas tomber dans les pommes. Il a pas beaucoup mangé, il a peur que ça arrive.
Ça arrivera, si Michal décide de jouer sur le plan psychologique. Les deux mélangés, ça fait jamais un très bon ménage.

Il se met à s’excuser platement, non sans une pointe de dérapage dans la voix : il est dépravé et sali. Néanmoins, il espère que le tortionnaire a le cœur bien accroché. À chaque fois qu’il esquisse la moindre trace de soumission, c’est toujours pour passer à la suite et non arrêter de faire le con.

Votre seule..force est elle donc de vous rendre un minimum bien au travers de la souffrance des autres?

Et en disant ces mots, même avec la bouche en sang, il réussit à éclaircir son visage brisé d’un sourire. En fin de compte, ça ne fait mal que si on décide d’être malheureux.. on lui a dit cela un jour. Foutaises. Dites ça à quelqu’un à qui on vient de couper une main. Puis finalement, il a comprit que cette phrase est particulièrement destinée à ceux qui saignent de l’intérieur.

Sans retenue, il relâche un molard de sang sur le carrelage impeccable du balcon, les cheveux dans les yeux. Et la manière dont il regarde Michal juste après est effrayante : il ne faillira pas. Il peut le lire dans ses yeux. Le voir imprimé en grosses lettre dans son regard.

- Je vous plains sincèrement.

Il lui lâche ça, tout en sachant qu’il a encore le briquet, la flamme et la corde.
Sa voix sonne comme une simple conclusion - empathique mais remplie de pitié. Il n’y a rien à dire de plus.


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Re: Crowd-pleaser
Ven 30 Nov - 12:08


    Il faut l'embecquer à la cuillère, Melvin. Une bouchée après l'autre, la pelle appuyée derrière les dents, il faut s'assurer qu'il mange correctement. Il est comme le rejeton de la portée : pour pas qu'il s'étrangle, il faut lui masser la gorge et lui apprendre à déglutir, comme sa mère refuse de le nourrir. Il sait pas manger : il était pas censé vivre. Il sait pas avaler : il a jamais rien intégré et n'a connu aucun maître.

C'est une page blanche, on dirait : il sait pas comment ça se passe, ici, et il le montre de la pire façon. Lui non plus, il sait pas s'exprimer — t'es en train de le comprendre. Sa frustration vis à vis de l'indifférence générale est énorme et la dissonance entre ce qu'il connaît et ce qu'il lui arrive lui flingue la cervelle. Il fait tout n'importe comment ; il jauge, il tâte mais il ne s'adapte pas.

C'est pour ça qu'il s'arrête jamais de parler, que tu te dis, contenant tes tremblements tant bien que mal, les muscles contractés et l'expression dure. T'es en train de te projeter sur lui, en voyant sa douleur, en lisant sur son visage des expressions que t'as vues sur le tien. Découvrir que votre sang a la même couleur aide beaucoup.

Tu crois entrevoir le début de son portrait mais tu refuses bien vite de lui reconnaître son individualité : Melvin Meyer n'est personne. Melvin Meyer n'est pas ce petit con qui grimace, les joues rouges et les cils plein de larmes. Il n'est pas cet idiot qu'il faut incendier pour avoir des excuses. Il n'est pas ce gamin qui se désavoue aussitôt que sa langue est prise à partir. Il n'existe pas, ce Melvin Meyer, que personne ne regarde, que personne n'écoute et que la Terre maltraite. Il n'existe pas.

Sauf si tu décides de le faire exister.

Ça se passera comme ça : ce sera toi, la main nourricière et, s'il veut balancer indéfiniment dans le chaos, t'es d'accord pour tenir le cordage. Tu relâches à peine ta prise. T'es pas plus calme, même si tes traits s'adoucissent. Un peu d'obéissance, un peu de considération et te voilà moins bête hideuse : c'est bien s'il t'écoute, c'est bien s'il t'entend, c'est bien s'il te suit et qu'il te donne un tout petit peu de matière à buriner. Juste un peu. T'es pas avide, franchement. Tu peux te suffire de quelques graines pour faire pousser un champs. T'es satisfait de sa coopération, si ridicule et falsifiée soit-elle. C'est pas grave si tu dois te mouiller les mains pour acheter — contraindre à céder — sa contribution. T'as déjà les mains très sales et elles se blanchissent plus avec du savon. C'est pas grave s'il a besoin de faire connaître son mécontentement et c'est pas grave s'il essaie de te retourner la tête de nouveau, avec un sourire, avec une phrase trop longue et trop bien formulée pour ta concentration. T'as déjà eu ce que tu voulais et le reste tombe loin de toutes tes considérations.

Ça se voit peut-être pas, mais tu viens de décider de le garder. Ici. Là. Comme ça. Jusqu'à ce qu'il te plaise mieux, jusqu'à ce qu'il se plaise moins, jusqu'à… — t'y penses pas, tu te dis : « il va rester là » et rien d'autre ne se définit dans ta tête.

C'est pas vraiment de la séquestration si Melvin fait en sorte de provoquer le kidnappeur. C'est pas vraiment un kidnapping s'il n'appartient à personne, ou que la personne à qui il appartient ne se fait pas connaître — de toute façon, le martyr ne sait rien de ses droits et moins encore de ses devoirs : tu peux tout inventer à loisir et lui faire gober ce que tu veux. Toi ou l'Émir des émirs, l'Émir des émirs ou Nans Trigger, ça ne change franchement rien à sa condition : Melvin Meyer est perdu. Pire : il a disparu à la seconde même où il a retiré son couteau de ta gorge.

C'est lui qui va te rendre dingue, qu'il a dit, et ça te reste bien dans la tête. Ça ne marchera pas si tu le conditionnes en premier ; ça ne marchera pas si tu le coupes de ce qu'il connaît. La manipulation se fait certes de mille façons mais, dans toutes, il faut un fou et un niais qui s'entretiennent ; un pervers et un romantique qui s'aliénent, complices l'un de l'autre, mutuellement affamés par le manque, tous les deux lovés dans l'exclusivité d'une seule et même existence dénigrée par le reste du monde. La claustration, c'est la meilleure façon d'apprendre à se connaître — la meilleure, aussi, pour se métamorphoser.

« Fais-le. Plains moi sincèrement », que tu lui ordonnes, desserrant les doigts pour descendre la main. T'écartes ton arme : tu ne le menaces plus. Ta voix s'est faite plus profonde, doucereuse et conciliante. C'est encore une sommation grotesque et pas moins sérieuse que les précédentes. T'as l'air tellement touché, à l'intérieur. T'as l'air tellement accessible — non, alors, t'es pas seulement capable de te faire du bien dans la douleur. Ça ne te fait pas plaisir de mortifier, mais ça ne te fait pas plaisir non plus d'encenser l'amour et la paix. Encore moins au prix de ton égo.

« Vas-y, je t'écoute. »

Oh oui, tu l'écoutes, même s'il semble n'avoir rien à dire. Tu l'écoutes, maintenant qu'il a l'air d'en avoir fini de parler, le regard posé sur sa bouche plissée, l'attention veloutée et la main délicate, qui revient pour dégager affectueusement ses yeux de leur voilage.

Tu lui montres comment on fait.



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Sam 1 Déc - 1:49


Crowd-pleaser.


Fais-le. Plains moi sincèrement.

Ces mots. Et ses poignets qui sont en train d'se faire salement sciés, au point qu'il sente des fourmillements qui parcourent ses phalanges. Ses doigts, qu'il ne sent plus. Et cette pseudo-corde, accrochée à son cou, qui est en train de l'étrangler et de lui laisser de sales marques violettes. Tout ça, ça laisse des séquelles physique, et ça l'marque sur le moment. Par contre, ces mots là, c'est différent. Ils pénètrent dans son esprit et l'foutent devant un ultimatum. Il va pas 36000 choix. Il obéit, ou qu'il reste là à s'péter les genoux.. jusqu'à, dieu seul sait combien de temps.

Toutes les douleurs causées par les liens, les coups, le feu ou les mots se propagent progressivement dans l'intégralité de son corps. Las, si, las. Il dégage son visage de la main de Michal qui feint la délicatesse - c'est juste pour le faire qu'il a dégagé ses putains d'cheveux là. Etonnement, il se retrouve à frissonner malgré lui. Il renifle, indifférent, déjà ailleurs. Il fixe un point invisible, là, sur l'carrelage du balcon. Il commence à trembler de froid, et son sang passe plus par tous les vaisseaux. Ça devient douloureux, mais il a mal, il a déjà tellement, tellement mal au fond d'lui qu'il a pas la force, bordel, de lutter contre ça. Il l'a plus depuis longtemps, et il se laisse crever, à petit feu, tout en continuant d'exister. Pathétique.

Fais-le. Plains moi sincèrement.
Il devrait l'faire, pour son intégrité, pour son honneur, sa vie, peut être, pour lui même, tout simplement. Pourtant, si Michal attend des supplications, il sent que celles ci restent clouées au fond d'son gosier, et refusent d'en sortir. C'est contre nature, il fait rarement ça. Et d'un autre côté, les traces de certaines sont maintenant en train d'essayer de s'échapper de ses lèvres entrouvertes, mais il les ressent qu'elles tirent la commissure de ses lèvres, comme pour s'en décoller, en vain. Putain il peut pas. Il en est incapable.

Même au prix de sa vie.. jamais. Pourquoi merde le ferait-il? Ou pourquoi a t-il l'impression qu'il aimerait le faire, sans le vouloir vraiment? Il ferme les yeux, presse les paupières. Il a envie de dégager toute cette merde, , qui le rend littéralement fou. Il a plus envie de se compliquer la vie, ou que les autres s'enjaillent à bousculer son corps comme un pantin qui s'fait jeter de mains en mains. Il baisse son menton, le collant à son torse, zieutant la partie entre ses jambes, le sol sous ses pieds. Une brève inspiration, et il s'adresse pour la première fois à Michal sans l'regarder, d'une voix pâteuse et bourrue.

- J'le ferai pas.

Il veut pas l'supplier. Il est persuadé que c'est ce que t'attend Michal, ou probablement ce qu'il lui demandera de faire après ce stade là. Il s'est excusé bon sang, au prix de sentir sa gorge, en tout cas, toutes les parties touchées par la flamme, qui s'arrachent une à une, transpercées par une lame invisible. C'est là, qu'il a envie de pleurer - et que d'ailleurs, les premières perles chaudes apparaissent au coin de ses yeux. Il inspire dans un bruit semblable au début d'un sanglot. Quand ça devient compliqué, et pas forcément pour une raison précise, ou à cause d'une personne en particulier, il fuit à sa manière. Soit en suppliant, s'il a moins envie de mourir que d'habitude, soit en faisant ce qu'il fait actuellement: se condamner indirectement.

- J'le ferai pas parce que j'en suis incapable.

Ce qui veut dire, "tuez moi, ou libérez moi". Le stade intermédiaire passe pas, pas maintenant. Il secoue négativement la tête pour s'auto-refuser quelque chose, ou s'assurer d'une autre.

- Vous m'aurez pas,

qu'il répète. Puis, il relève ses yeux sombres et planqués derrière une barrière de larmes, reniflant à peine, les muscles détendus. Il pensait pas avoir la force de le regarder une nouvelle fois, mais il le fait. Au fond, il sait que pour l'instant en tout cas, c'est Michal qui tient les rennes. Mais quitte à rester attaché comme un chien à cette balustre, dans le froid de la nuit, et la chaleur du jour, il ne se pliera pas.


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Re: Crowd-pleaser
Sam 1 Déc - 15:15


    « … Pourquoi tu le dis si t'es pas capable de le faire, alors ? » que tu demandes, sincère, la main haute comme il t'a repoussé, la tête légèrement penchée et le regard questionnant.

Tu le vois qui pleure et, malgré toi, ça te soulève le coeur, ces larmes muettes qui lui redessinnent salement la face. T'aimes pas ça, voir des hommes pleurer. T'aimes pas ça du tout : ça irrite ta vision de la masculinité et ça va remuer tout ce à quoi il vaut mieux pas toucher — ça te touche, ouais, mais pas de la meilleure façon : ça te donne envie de frapper, et de frapper fort, pour faire disparaître les pleurs ; ça te donne envie de secouer, et secouer fort, la carcasse vide de celui qui chiale pour lui donner une bonne raison de le faire. Pourquoi Melvin sanglote, t'es incapable de le voir ; t'es incapable d'imaginer, t'es incapable de t'en rendre compte même si l'évidence est éclatante : il est en train de lâcher prise, d'abandonner le plan, d'oublier les raisons pour lesquelles il s'est pointé ici ; il se désabuse, il se laisse tomber et, devant toi, ne reste que son corps pour prouver qu'il a eu, à un moment donné, assez de volonté pour s'échouer là. C'est un naufrage de l'âme et son vaisseau n'a plus de capitaine.

T'auras pas de réponse à ta question — ou peut-être bien que si, mais elle n'a pas beaucoup d'importance puisqu'il s'agit davantage de rhétorique. Tu le confrontes à lui-même, en demandant ça, plus que tu n'espères réellement comprendre pourquoi il te plaint et pourquoi il s'en persuade sans prouver seulement de quelle manière. Ça t'intrigue pas plus que ça, toi. Ça va pas te tracasser la tête de pas savoir ce qui peut provoquer sa pitié : il te connaît pas et jusqu'à présent l'image qu'il a de toi est celle qu'il a choisi de se fabriquer. Avec des petit bouts de provocations mal jaugées, comme des petits bâtonnets taillés n'importe comment sans réfléchir, forcément que la structure ne tient pas la route et il est peut-être en train de le réaliser, ramassé comme il est, à te regarder comme on accuse la table d'avoir mal porté le château de carte. T'es pas à l'origine de son effondrement, non : c'est juste lui qui brasse du vent. Il a beau t'assurer une fois encore que tu l'auras pas, tout ce qu'il t'a prouvé, jusqu'à présent, c'est que ses mots n'ont aucun fond.

Ça ne marchera pas. Tu prends pas le défi — ouais, c'est ça, il te défie encore et toi t'es trop bon joueur, tu reconnais ceux qui ne savent pas jouer. Il faudrait que tu lui expliques les règles des échecs, à lui, là, qui a bêtement cru qu'il s'agissait d'une partie de dames.

C'est ce que tu vas faire. T’humectant furtivement les lèvres, tu te pivotes sur tes talons et te bascules en te tenant à la balustre, pour t'asseoir et détendre l'une de tes jambes. Tu l'étends devant toi et ton genou passe sous le pan tendu du piège dans lequel il est pris, juste à côté de lui, et déjà l'atmosphère se charge d'une autre énergie. Plus sérieuse, plus disposée, ton expression n'est pas plus grave ni plus sévère : t'as l'air entendu, t'as l'air accort, tu te fais beau joueur.

T'es pas le mec le plus indulgent du Harem et t'es pas facile à vivre un jour sur deux ; t'es changeant et plutôt brouillon mais ça fait pas de toi le pire des chacals non plus : t'es capable d'aller vers le mieux quand t'es trop dans le pire. L'avantage d'un esprit binaire comme le tien c'est que, aussitôt le fond atteint, tu ne peux que remonter. Là, ça n'est pas toi qui le touches et ça n'y change rien. Le truc, c'est que personne ne saura jamais dire si tu te rends aimable par empathie et par réelle peine ou par intérêt pour l'opportunité que ça t'offre.

Tu te grattes la joue du pouce et t'as pas besoin de beaucoup chercher tes mots. T'inspires et tes yeux s'égarent sur le bordel de la terrasse.

« Selon moi, la première des choses qui me semble être la moindre des politesses, c'est qu'on ne rentre pas chez les gens sans prévenir. Ça se fait pas. Vraiment pas. Principalement parce que ça surprend les gens chez eux, et aussi parce qu'on ne sait pas si les gens sont chez eux. Qu'est-ce que c'est un “chez soi” sinon une sécurité qu'on a, un… une place forte dans laquelle on se sent bien et où on n'imagine pas une seule seconde se faire braquer ? C'est sécurisant de se dire qu'on a un “chez soi” et, le truc, enfin, quand tu pénètres une maison qui n'est pas la tienne, c'est que tu pénètres une… intimité qui n'est pas la tienne non plus et que tu dois respecter un minimum. Parce que, oui, une intimité, ça se respecte et, ça, peu importe le pays où tu te rends. En Europe, ça commence par la pudeur du corps et, en Afrique, par exemple, ou en Europe de l'est, ça commence carrément par la pudeur de la pensée.

Tu parles bien, articulant autant avec les mains qu'avec la langue les mots qui te semblent les plus essentiels. Tu monologues, et tu vas continuer à le faire. On ne sait pas dire si c'est par plaisir de t'entendre parler ou si tu cherches réellement à démontrer quelque chose. Tu ne te laisses pas réellement interrompre.

Tu vois, les Africains ne disent pas ce qu'ils pensent, ou très mal, alors qu'ils n'ont aucun problème à montrer leur cul : c'est de l'intimité. En Europe, surtout occidentale, c'est l'inverse, et ça n'est pas moins de l'intimité. Les Slaves, c'est encore différent, et les Asiatiques aussi… En Thaïlande, on t'obligera presque à entrer dans la maison si tu demandes ton chemin et… en Estonie, on refusera catégoriquement de t'adresser la parole si tu touches ne serait-ce que la clôture de la propriété…

» Tu vois, c'est très différent. L'erreur que t'as faite, je pense, c'est de ne pas te rendre compte qu'ici, là — tu désignes le sol de l'index, puis partout autour de vous —, t'es dans un Harem et, dans ce Harem, il y a toutes les catégories de populations. Alors, peut-être que t'aurais dû te dire, avant de rentrer dans cet appartement, qu'il y avait déjà quelqu'un et que le balais dans la porte t'indiquait qu'il ne fallait pas entrer. MAIS ! Tu l'as fait quand même. Est-ce qu'il faut te plaindre — tu interroges le couvert de la terrasse — d'être tombé sur un… disons, chien de garde et de t'être retrouvé coincé comme un pauvre imbécile dans le coin de la balustrade ? Oui, peut-être. Et non, parce que tu l'as cherché, d'une façon certes involontaire, quoique j'en doute. D'un autre côté, tu ne pouvais pas savoir, parce que chez toi, ‘y a pas de mal à entrer chez le voisin pour lui apporter le courrier. Le truc, c'est que parfois ce n'est pas le voisin qui est là, mais son frère, admettons, ou son chien, et peut-être que son frère, ou son chien, n'est pas aussi… sympathique que le voisin. Chez moi, par exemple, ça ne se fait pas, d'entrer chez les gens, pour ces raisons là, sauf quand on est un voleur, et encore, chez moi, il y a tellement de voleurs qu'il n'est pas rare qu'ils se battent pour la même maison. »

Tu penches la tête et le regardes de côté, les sourcils relevés pour souligner l'évidence désolante. T'es pas rancunier. Et tu reprends.

« C'est pour ça que, chez moi donc, il y a tout un protocole pour se faire accepter dans une maison. C'est un peu débile, mais plus on est important dans la société, plus on peut prétendre au respect d'un code moral qui veut, par exemple, qu'on prévienne avant d'arriver, qu'on soit à l'heure, qu'on sonne à la porte et qu'on attende qu'on vienne ouvrir. Je… — tu te touches le torse, la bouche émue, le menton relevé pour chercher le terme qui convient le mieux à ton ressenti — … crois que, si je devais me plaindre sincèrement de quelque chose, là, ça ne serait pas le fait que tu sois venu comme un voleur et que tu m'aies menacé avec… un couteau que tu te caches peut-être dans le cul, d'ailleurs, ce qui est sincèrement dégueulasse, surtout que j'étais en train de déjeuner… bref… Ce que je regrette sincèrement, c'est que tu ne m'aies pas apporté de fleurs. J'adore les fleurs. Je trouve que c'est la plus belle des attentions. D'un autre côté, tu pouvais peut-être pas te permettre d'en arracher dans les quelques douzaines de jardins que t'as amplement eu le temps de visiter en cherchant Nans. »

Tu secoues négativement la tête et hausse des épaules impuissantes. Tu le regardes, te tournant légèrement vers lui, et poses une main chaleureuse sur son torse froid, comme pour le retenir.

« AH MAIS ! Sache que je ne t'en tiens absolument pas rigueur. Je… je comprends que ça ne soit pas facile de respecter le minimum de politesse dans ta situation sans craindre de vexer quelqu'un qui pourrait te le faire payer !

T'as l'air tellement franc.

D'ailleurs, puisqu'on en est à s'expliquer nos points de vues, est-ce que tu sais seulement où tu te trouves et pourquoi tu t'y trouves ? Moi, je le sais, mais ça n'est peut-être pas évident pour tout le monde, après tout. »



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Dim 2 Déc - 4:32


Crowd-pleaser.



Oh.. mon.. dieu.
Mais.. damn. Est-ce que c'est du sérieux, là? Le menton baissé, de nouveau, contre son torse, les yeux qui fixent l'sol.. d'un coup, le carrelage devient plus intéressant que le flot immense de mots que Michal lui fout entre dans la bouche. Quoi que, c'est pas inintéressant, non. En fait, c'est même assez profond, très réfléchi, prononcé d'une manière telle qu'elle ne peut que séduire, et attirer l'attention. Ça marche dans un sens, parce qu'il enregistre tout sans vraiment prendre en considération chaque mot du tortionnaire. C'ets une histoire interminable, il est même pas sûr qu'il y ait une réelle chute; d'ailleurs y en pas et en touchant le mot de la fin, Melvin en conclut qu'il n'a eut à faire à rien d'autre qu'une sale petite morale. Certes, qui s'est étendue, conquérant l'intégralité de l'espace libre de son esprit, le lavant à sa lessive préféré, le pimentant à sa sauce.. manque plus qu'il vienne le lui vider à la petite cuillère.

Il souffle, ne répondant pas directement et prenant le temps de digérer tout ce qu'il vient de lui sortir comme une petite fleur, d'un naturel hallucinant, sans sembler faillir une seule fois. Puis il gigota pour essayer de retrouver une énième position, non explorée encore, assez confortable. À son tour, de trouver les mots. Il peut l'faire, ça y a pas de problème. Quand il le veut, il peut lâcher tout un tas de discours qui rentrent dans les oreilles des gens sans réussir à en ressortir. Le pouvoir de la parole.. tiens. Puis surtout le pouvoir des mots. Indéniablement, puissant et inébranlable.
Il arque légèrement ses sourcils pour s'assurer qu'il peut encore bouger la moindre partie de son faciès sans trop de difficulté.. puis humidifie ses lèvres d'un coup vif de sa langue. Entre temps, son nez s'est bouché, sa gorge s'est noué encore plus - à l'intérieur, ça s'est asséché. Ses yeux se sont mis à l'piquer, à force d'être obsédés par l'même point durant tout le... monologue, finalement.

- Euh.. ouais.

C'est.. typiquement, le genre de réactions qui peuvent rendre fou, n'importe qui. Un mot. Alors qu'on s'attend à une réponse.. explicite, réfléchi, un truc à la hauteur de ce qu'on vient de sortir.. à son interlocuteur. Il tourne son visage vers Michal. Pourtant en attendant, de ce qu'il en a retenu, c'est qu'il est dans l'erreur. Ouais c'est probablement le cas. Comme depuis longtemps, depuis toujours, sans doute.. une erreur qu'il redoute à peine, et dans laquelle il se morfond: l'ignorance. Ou juste, le refus d'accepter. Ce monde, là. C'est un merdier.

Le chaos version organisé.
Un pilori pour les naïfs,
la lame d'une guillotine pour les cous trop tendus...

Il a clairement pas envie de faire la machine à parler dans la seconde là. S'il commence, dieu seul sait quand il s'arrêtera et Michal a pas envie de l'écouter pendant des heures. Parce que ça va se compter en heures, ça c'est certain. Et il perdra l'fil, il s'perdra lui même tout simplement. Il en oubliera son latin, et son français, et son italien, à force d'avaler les mots d'un chenapan. Il va se contenter d'aller au plus vite, et au plus précis possible pour une fois.

- Concrètement. Vous avez raison, j'ai rien à foutre là. Sachez que c'est pour ça, que j'suis là. C'est justement parce que j'ai pas le droit.
Ça, dans un premier temps. Ça marque les bases. Michal peut imaginer l'parquet de sa structure intérieure qui s'aplatit sur l'sol.. il connait le plus.. logique, aux yeux de Mel. C'est interdit donc.. bah.. théoriquement, il le fait. Pour les fleurs, je penserai à vous voler des roses roses la prochaine. J'sais pas si ça existe mais après tout si un mec comme vous existe, tout doit exister, non?

Il fronce les sourcils et se rappelle, ou du moins, tente de le faire, de chacune des remarques de Michal, qu'il ne prendra évidemment pas toutes en compte.. ils en auraient pour la nuit. Allez droit au but. Toujours. Il a tendance à s'éparpiller, et on l'retrouve plus. On l'perd dans la rue. Il a bien envie pourtant de s'attarder sur.. ce ton mielleux, théâtrale, sur ce visage resplendissant de malice et doué pour enfiler des masques. Michal est un vrai acteur, putain. C'est pas une blague. Et pourtant ! pourtant. Melvin sait. Qu'il ne joue pas autant qu'on peut le penser. Le ton malsain dans sa voix, est camouflé de façon à ce qu'à travers toutes les autres tonalités empruntées, il ne puisse y voir que du feu. Mauvais point pour le tortionnaire : ses oreilles filtrent les masques de la voix. C'est quelque chose qu'il évitera évidemment de lui préciser. Al contrario, il peut définitivement pas se résigner à l'ignorer totalement, ou à lui faire croire qu'il ne l'a pas remarqué. Il risquerait de se perdre.

Il a pas zappé le fait que c'est lui, qu'est attaché comme un con à la balustre, et qu'il suffit d'un geste à Michal, pour l'faire valser dans l'autre monde.

La politesse.
Le respect.
La prudence, surtout.
Pas trop de conneries.

- J'ai conscience que j'suis pas un superbe concitoyen. En attendant.. votre manière de réagir à été un peu excessive, non? - Il redresse ses poignets, pour les lui montrer- Comprenez moi.. et puis, entre vous et moi.. Nans, il est vraiment important dans l'histoire, sérieusement?

Son dernier mot feint la lassitude. Il a retrouvé un peu de limpidité et de fluidité dans sa voix, bien qu'elle n'en soit pas moins rouillée. La sensation de la corde autour de son cou commence à lui peser, si bien que son cerveau décide lui même d'en faire abstraction. Il inspire par le nez. Des cernes creusent ses yeux. Bordel, il est trop crevé pour faire le philosophe maintenant. Ça sert à rien de déblatérer, ça lui coûterait probablement rien d'autre qu'un coup aux couilles, ça. Ou à l'honneur, tiens. Il s'en fout.
Il lâche un petit soupir.. lui signifiant qu'il va certainement pas l'imiter et commencer à parler.. "tout seul", parce que vu comment Michal a réagit dès le début, il est fort probable qu'il trouve le mur plus attentif que lui au bout de trentes secondes et demi.

- Où j'me trouve? Attaché à la balustre, de l'appartement, d'un immeuble, d'un quartier, d'un village, ou d'une ville, d'un harem, d'un royaume, d'une dynastie. Si c'est ça, la réponse que vous attendez. Putain. J'vous la donne. Mais j'suis pas sûr que ça soit l'cas.

Là, il devient plus irascible. Irrité, il incline son visage vers lui - étudie les moindres détails de son visage alors que ses pupilles se déplacent dans tous les sens et que Michal peut clairement le remarquer.

- J'crois que j'suis ici parce que vous voulez bien d'moi. Du moins, tenter d'me vouloir.

Tellement de sous-entendus que Michal peut comprendre, mais un seul sens à cette phrase. Faut être fou pour piocher dans l'tas. D'ailleurs, il se demande même.. non.. il a pas pensé à ce détail avant. Et si..
Redressant sa tête, il réetudie la question secrète dans sa tête, cherchant vainement à se répondre.

- Putain mais d'ailleurs, comment vous m'avez connu?

Il est pas populaire au sein des royaux quand même.. si ?


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Re: Crowd-pleaser
Dim 2 Déc - 15:12


    Il t'épate. Vraiment, là, il t'épate. D'habitude, tes interlocuteurs perdent le fil et voient leur attention se réduire à peau de chagrin devant leurs yeux à mesure que tu soliloques. C'est rien de grave, c'est juste le cerveau qu'est pas fait pour avaler et traiter une telle somme d'informations informes, qui ne vont nulle part, qui vont partout, grosse bête tentaculaire qui ébauche des traits sans jamais les finir et qui flagelle la tête. C'est de la frustration cérébrale, ça. C'est rien de conscient, c'est le corps humain qui souffre et qui débilite ses structures mentales pour se protéger. Réaction basique. T'as pas fait de psychologie avancée, ni de physiopathologie, mais on a tellement voulu te retourner le crâne que t'as pu que devenir autodidacte : c'était ça ou tu devenais un bon monsieur tout le monde sans plus la moindre capacité de jugement.

Toi, typiquement, t'es pas capable de suivre une telle envolée lyrique : ça te fatigue trop et, si ça n'était pas toi qui parlais, t'aurais abandonné la chorale depuis longtemps. Peut-être dès le début, en t'apercevant que le propos ne fait aucun sens et n'a pas le moindre intérêt. D'avoir tant parlé, d'ailleurs, ça t'a épuisé la racine des cheveux. Tu pourrais continuer longtemps, comme t'es endurant de bien des façons mais, à terme, et parce que tes médicaments t'encadrent, te sacquent et te sapent le mental, t'aurais certainement fini par t'embrouiller et délinéer exagérément de ton but.

Comme la majorité des gens, t'aurais peut-être vaguement retenu ce qui t'a le plus marqué dans ce discours soporifique. C'est ça, le but d'une telle palabre : dans le brouillon fumeux, laisser le destinataire montrer de lui-même ce qui le touche ; c'est en faire une victime consentante qui pointe sa propre vulnérabilité du doigt. Là, regarde, c'est là que c'est le plus merdique, dans tout. T'as plus qu'à appuyer dessus généreusement.

Même avec Melvin.

Il est doué d'un esprit synthétique impressionnant — vraiment, il t'impressionne, et en te reculant un peu pour abandonner ton dos et ta tête contre la dureté de l'ajour, en observant sa réaction, t'es comme un daron trop fier de réaliser que sa progéniture fait mieux que lui : Melvin est un génie, une vraie tête, et t'en savais rien. Là, t'es obligé de l'admirer. T'as le regard qui brille d'une affection curieuse, toute entièrement dévouée à son sujet, qui n'est autre que ce gamin dans lequel tu pensais pas une seule seconde trouver un formidable complice. Il t'apprend que son point faible c'est sa place dans ce monde et tu le retiens bien.

Vous êtes complémentaires, que tu te dis, en l'écoutant. Vous arrivez à vous entendre — mieux, encore : vous arrivez à vous écouter. C'est assez rare pour être fêté, un tel exploit. Vous êtes en train de communiquer, là ; tu sens que vous trouvez le rythme qui vous va, prémices d'une symphonie qui peut être fabuleuse, tant que vous êtes sur la même longueur d'onde, autant qu'horrible, si jamais vous tirez trop sur la note, si jamais l'un se dit qu'il peut prendre le pas sur l'autre.

Vous allez vous bouffer, que tu te dis encore, le sourire fin, attendri, enjôleur sans le vouloir nécessairement. Vous allez vous bouffer le nez, la bouche, les oreilles et la gorge à la moindre occasion, comme vous êtes capables de bien vous comprendre et qu'il sera frustrant de ne plus le faire.

Vous allez vous aimer, que tu te dis aussi, le regard languissant, le bras appuyé à ton genou, l'autre main à plat sur ta cuisse, prête à effleurer la sienne au moindre mouvement. Vous allez vous aimer tendrement, passionnément, furieusement et follement à la moindre occasion, comme vous êtes capables de trouver en l'autre ce qui vous manque et qu'il sera frustrant d'en manquer de nouveau.

Ouais.
Tu manquais d'avoir une telle entente et tu manquais qu'on abonde en ta faveur. T'as pas besoin de plus que ça : Melvin est en train d'apprendre dans quel sens on te prend et il le fait très bien. T'as envie de le flatter, de le féliciter, de lui montrer qu'il marque des points. T'as envie de tout lui pardonner, de discuter longtemps, de reprendre à zéro et d'oublier ce qui est important.

Tu le trouves beau, là. T'as envie de nager dans ses yeux et de te laisser bercer par la vulgarité de ses vagues. T'as envie de te parfumer la peau de son sel à t'en brûler les plaies. Tant pis si ça te gratte les chairs et tant pis si ça te ronge les os.

T'aimes comment il parle de toi. T'aimes comment il parle de lui. Peut-être que t'entrevois le « nous » entre lui et toi, et peut-être que ça t'arrache pas autant la gueule que ça de te le figurer, maintenant.

C'est pas plus compliqué que dresser un chien, finalement : ordre, punition, récompense. Il a eu son lot d'ordre et de punition. T'as peut-être réagi de manière excessive, ouais, t'es capable de l'entendre — tu fais une moue perplexe en regardant ses poignets : c'est pas ta faute, il a abusé de ton hospitalité, que tu te justifies tout de suite pour toi-même, tout en te disant déjà que, franchement, t'aurais pu faire pire. Pire que le plaquer contre la pierre, pire que lui enfoncer l'oeil, pire que l'attacher par le cou, pire que le déshabiller, pire que lui cramer le gosier… t'as tellement pas conscience que tu débordes, tu te vois tellement pas faire que tu te dis toujours que tu peux faire pire. Mais, pire que réagir impulsivement, c'est quoi, Junior ? Réagir sciemment. Le jour où ta démesure sera délibérée, l'escalade de la violence aura atteint son paroxysme — ça n'est jamais arrivé, voilà, il faut le dire : ça n'est jamais arrivé et Melvin t'oblige à le considérer, alors, t'aurais pu faire bien pire, mais ça veut pas dire que c'était pas déjà exagéré.

De toute façon, là, faut que tu le récompenses, parce qu'il avale et intuite bien. ‘y a plus rien de bien important à partir du moment où il comprend dans quel sens tourne le manège. Nans n'a pas d'importance dans l'histoire — tu dis rien, restes stoïque, mais c'est vrai.

Il te fait rire et t'élargit le visage d'un sourire incrédule. Tu peux être beau quand de grandes expressions t'animent la face. Tu peux rester accessible sans t'arracher en deux : il t'a touché, là, en décrivant où il se trouve. Il t'a touché et tu t'y attendais pas. La réponse, c'est pas celle que tu voulais mais il te la donne quand même — oh, tu prends tout ce qu'on te donne. L'autre réponse, c'est toujours pas la bonne, mais t'aimes voir comment son esprit travaille. Tu comprends pas la nuance entre vouloir et tenter de vouloir mais ça te frustre pas : dans tes oreilles, ça sonne tellement faux qu'on dirait qu'il se décrit lui en se projetant sur toi et, alors, il te donne plus qu'il ne pense et plus qu'il ne devrait certainement.

Tu déglutis, le sourire entre tendresse et amusement pudique, et ça se voit que t'aimes son attitude. C'est flagrant et plus encore quand t'essaies de suivre le trajet de ses yeux pour arrimer les tiens dedans. Quel voyage, putain.

T'es espiègle, d'un coup : tu veux qu'il t'apprivoise mieux que ça pour avoir ses réponses. Tu veux qu'il les gagne en restant loyal. Tu veux qu'il te montre plus et mieux. Tes lèvres se figent de gêne, un brin secrètes, hésitantes, et on dirait que c'est très dur pour toi de parler, d'un coup. Ton attention sur lui se fait plus profonde, comme si tu voulais sonder son âme sans te mouiller.

« Tu te souviens pas… ? »

Oh, ça te peine, putain, qu'il se souvienne pas d'un souvenir qui n'existe pas. Ça vous blesse tellement s'il répond non, toi et ton air vulnérable monté de toute pièce. T'es un putain de pervers narcissique, ouais : tu crois tellement les conneries que tu racontes que le mensonge est la seule clé pour t'approcher.




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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Lun 3 Déc - 0:11


Crowd-pleaser.




Il a l'air sincèrement touché, là, Michal.
Wow. Faut lui j'ter des fleurs la. Faut l'applaudir. Faut.. faut en pleurer bordel !
Melvin remarque cet air presque attendri, il peut croire qu'il joue.. mais même si ça n'a pas l'air si naturel que ça à cause de ses multiples visages, masques, facettes.. y a un peu de sincérité sur ce si beau visage, tiens. Pourtant, ça n'en change rien quant à son comportement : Il joue, encore. Il fait l'malin, il a envie d'essayer de lui faire croire de sombres conneries, et il s'attend à ce que Melvin les gobe une par une. Tu t'en souviens pas? Non.

Non.
En fait.
Il admet être totalement perdu, mais pas au point d'oublier les choses.
Melvin n'oublie rien, et ne zappe rien. C'bien ça le problème.

Il ferme les yeux - et repense à toutes ces fois, où c'était Paulo, son frère, qui s'amusait à l'prendre pour le dernier des cons. Il s'dit ça, y repense, et en vient à la conclusion qu'il ne peut pas y avoir pire que lui pour s'rassurer. Seul truc : Paulo est pas Michal. Personne n'est Michal. Michal, c'est.. c'est Michal. Et il aime le faire savoir. Il a pas en face de lui le dernier des imbéciles. Il est face à un mec qui a du vécu, et qui n'est pas devenu ce qu'il est aujourd'hui juste par la force de la sainte marie.
Il sait ce qu'il fait, même s'il est complètement paumé, les trois quarts du temps.

- Vous savez. Vaudrait mieux pour vous que vous évitiez de me prendre pour un véritable. con.

Soudain, il a plus peur. Il sent que le comportement de Michal et son pré-avis sur lui a changé. Il s'est calmé, lui aussi. Il s'amuse lui même, il ferme les yeux en riant tout bas, pour souligner son infime.. sidération. Il l'est pas autant, mais.. disons que ça en donne l'air. Y a pas un millions de solutions possible, bon sang. S'il le cherchait, quelqu'un a du lui signifier son existence d'une manière ou d'une autre...

- J'me demande si.. vous n'avez pas entendu parler de moi, par le biais de rumeur.. ça doit être ça, j'vois pas d'autres solutions.

Ce ne serait pas étonnant. Sa réputation naît toujours par le biais de murmures, de non-dits, de ragots, sur lesquels les gens aiment bien s'étendre tous les matins en se levant jusqu'au soir et à l'aube. Puis, à côté d'ça, il pense à cette histoire là.. y a pas très longtemps, quand il a gentiment demandé à un garde de l'emmener faire du cheval. Un martyr. Qui fait du cheval. C'est interdit. Et ça a mal tourné. C'est la seule raison assez valable que Michal aurait pu avoir et qui lui aurait donné envie de le rencontrer. À ce moment là, il n'avait pas de maître. Il sait pas si c'est le cas aujourd'hui.

Est-ce que Michal peut être, un bon maître ? Est-il seulement quelqu'un qui a le pouvoir d'en être un, ou joue t-il un rôle? C'est une question importante. De tout ce qu'il a vu jusqu'à présent, Melvin se demande sincèrement quel genre de mensonges ou dans quel genre de jeu il peut venir à l'entraîner. Il n'a pas peur, non ça, il a apprit à se contrôler par rapport à la peur. Elle est subjective. Notre vie commence derrière les barrières de la peur. C'est ce qu'il se repète sans arrêt. A force de se poser trop de questions, on finit par se rendre compte que nous n'avons besoin que d'une seule réponse pour comprendre tout le reste.

- Je n'ai pas envie de jouer les rabats-joie, mais les liens serrent ma peau. Auriez-vous.. l'obligeance, de les déserrer un peu, au moins ?

Avant le dernier stade, passer par l'intermédiaire. Il sait bien que Michal ne va pas chercher à ressentir la moindre once de compassion à son égard ou le décharger d'un poids. C'est fatiguant d'essayer de toujours satisfaire les autres quand on ne l'est pas soi même. Ses yeux commencent à le picoter un peu beaucoup. Il les ferme pour laisser la brise fraîcher lécher ses paupières.

Il sent que la suite de l'histoire sera compliquée à écrire. Cependant, comme toutes les histoires, elle devra être écrite. De quelques manières quelles soient, il devra continuer d'écrire pour la faire avancer, malgré les rebondissements, les obstacles, qui se sémeront sur sa route. Oui, c'est ça. La vie est un énorme livre, qui n'a jamais fini de se poursuivre, et au fil des chapitres, il trouvera forcément un sens à tout ça. Avec ou sans l'aide de quiconque. C'est une tragédie de voir les choses comme cela, parce que l'on se rend compte de la vérité de nos piètres existences.

Tout ça, c'est pas grave.

- Allez. Soyons honnêtes l'un envers l'autre. Arrêtons de jouer cinq minutes.

Sa voix à la tonalité plate, englobait deux autres tons : l'insistance, et la demande. Oui, il lui demandait d'être sérieux cinq minutes.
Après, il verra par la suite.

- Vous avez entendu parler de cette histoire avec c'cheval et le garde, et vous avez décidé de venir me voir, c'est ca ?


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Re: Crowd-pleaser
Lun 3 Déc - 10:23


    Et voilà. Ça n'aura pas duré deux minutes, ce petit bonheur partagé. On peut compter son existence en secondes et crier au nouveau record : il te déçoit déjà. Ça va vite, avec toi. Mais ça va plus vite encore avec Melvin. C'est souvent comme ça avec les occidentaux : on leur sourit, on se rend aimable, et tout de suite ils pensent pouvoir se mettre à leur aise et profiter de l'occasion. Dommage pour lui, l'occasion était inexistante : si tu tends la main c'est jamais pour te faire bouffer le bras.

Pas de récompense, alors. Pas de début de chapitre pour cette belle histoire. Séance retardée. T'es tellement déçu, merde, et t'es tellement vexé qu'il se dérobe à ta jolie petite balade que tu te sens plus bien à côté de lui. Tu sais pas à quel moment tu lui as laissé croire qu'il pouvait te donner des conseils, ni quand est-ce que t'as laissé entendre que t'étais disposé à les suivre, mais ça prend pas. Voilà : ça prend pas, le piège se referme pas. ‘y a plus rien d'intéressant qui se passe pour toi si Melvin esquive l'obstacle. Quelle bourrique, putain. On n'a pas idée d'être aussi mauvais et de nier ses chances.

Tant pis, alors. Il en aura pas d'autres. Le temps passe et, celui qui le perd, c'est celui qui refuse de bouger. Melvin fait deux pas en arrière chaque fois que tu l'invites à avancer. Elle pourrait se résoudre vite, la situation : tu lui as montré qu'il savait bien répondre. Suffisait de dire oui, mais faut croire que c'est trop compliqué. Faut croire que c'est trop demander. Faut croire qu'il est aveugle ou qu'il prend pas son problème au sérieux.

Considérant tout ça, il vaudrait mieux, en plus, pour toi, éviter de le prendre pour un véritable con. Sinon… ? Sinon… ? Haha : sinon rien, voilà. ‘y a même pas d'option tellement les propos de ce bel imbécile sont vides. Tu ressens aucune pression — il est juste drôle, en te disant ça, mais t'as plus envie de rire. Il se fait passer pour un con tout seul, depuis le début, et toi tu te déresponsabilises vite. Il fait de toute façon trop le beau pour avoir l'air vraiment intelligent — ton estime de lui chute d'aussi haut qu'elle est montée et ça te lasse déjà d'essayer de la relever. Il n'y met aucune bonne volonté. Il se vend terriblement mal. Il s'aide pas lui-même. Il ne gagne que ta désobligeance, alors.

L'expression innocente, les pupilles légèrement brillantes, c'est l'incompréhension, vraiment : t'assistes au cri mécontent du singe et tu parles pas sa langue. C'est marrant au début mais ça saoule rapidement. ‘y a des animaux plus beaux, plus gros et plus calmes dans ce zoo.

Tu mérites mieux que ça, non ? T'as déjà ton modèle de l'ado contestataire à la maison et t'es pas assez pervers pour t'en traîner un deuxième en vacances.

« Tu es rabat-joie » que tu rétorques, profondément irrité.

Puis, tu te relèves, parce qu'il t'emmerde et que tu vois bien qu'il est pas disposé à discuter — dommage pour lui, une fois de plus : toi tu l'es jamais à écouter — d'autre chose que ce qui l'intéresse. Le truc, le truc, le truc, c'est que tu t'en bats les couilles, toi, de la manière dont tu l'as connu. Qu'est-ce que ça apporte, cette information, sinon un moyen pour lui de lustrer son Priape ?

Tu vas pas participer à la messe : tu vas prendre sur toi, te faire sérieux et te reconcentrer sur ce qui importe. T'enjambes le lien tendu, un pied après l'autre, et tu fais peut-être pas volontairement exprès de trébucher salement dans le tissu.

Soyez donc honnêtes l'un envers l'autre — tu pouffes imperceptiblement, le sourire mauvais invisible comme tu lui tournes le dos. Combien de fois t'as entendu cette phrase ? Combien de fois tu l'as dite ? C'est lui qui te prend pour un véritable con, là : tu sais depuis longtemps qu'une telle phrase n'invite absolument pas à l'honnêteté ; tu sais bien qu'une personne qui demande de l'honnêteté en attend davantage des autres qu'elle n'en présente d'elle-même. C'est le symptôme d'une autorité désillusionnée qui ne sait plus comment s'y prendre pour être entendue — technique de manipulation commerciale de niveau un : Melvin sait pas que t'es un grand stratège de la vente et que ton honnêteté se lit même pas dans ton chiffre d'affaire.

Tu récupères ton calendrier en carton rigide et t'assieds lourdement dans le fauteuil, l'écoutant d'une oreille, profondément absorbé par le détail des jours et des mois qui s'alignent sous tes yeux. On peut pas plus avoir l'air d'en avoir rien à foutre, franchement — ah, si : suffit que tu te redresses, grimaces sévèrement, levant les yeux au ciel, te tordant le bras dans le dos pour attraper ton feutre dont tu vérifies la marque. Très important, ça, la marque du feutre — tu te l'enfonces entre les dents et le débauches promptement, regardant brièvement l'Italien. Il en a pas fini de conjecturer.

Tes yeux retombent vite sur le calendrier que tu retournes, face vierge vers toi, pour entamer de tracer de longs traits consciencieux dessus. T'es tellement concentré, en mâchant le bouchon — tu te retiens de rire : une histoire avec un cheval et un garde… si tu la connaissais pas déjà, elle aurait eu l'air franchement louche présentée comme ça.

« ‘a l'air in'éressant gomme his'oire, ‘a. Hâ'e gue ‘u la ragon'es. »

Pas plus, franchement, pas plus : le ton juste embrouillé par ce que t'as dans la bouche, on sait pas dire si tu te fous de sa gueule ou si t'es réellement intéressé. T'es certes déjà captivé par ton oeuvre d'art, mais t'es peut-être pas contre un peu de bruit de fond — t'étends les jambes, encore, et croises les chevilles dans une magnifique pose d'alanguissement. T'as les orteils qui pianotent impatiemment sur la laisse relayée : cinq minutes, tu lui accordes cinq minutes d'arrêt de jeu.



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Melvin Meyer
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Re: Crowd-pleaser
Mer 5 Déc - 19:10


Crowd-pleaser.

Melvin pour raconter des histoires, il est très fort.
Seulement, il a pas l'habitude de faire le récit dans cette position là. Ça l'fatigue, pour être honnête. Et quand Mel' fatigue, c'est généralement très mauvais. Michal est vil, et il le voit bien à travers quelques petits gestes : alors qu'il trébuche sur l'écharpe, le penchant en avant - alors qu'il s'étouffe à moitié, ou qu'il ignore délibérément sa demande. Putain non, il va rester attaché comme un con jusqu'à ce qu'il l'oublie, la voilà la vérité. Du coup, alors qu'il est censé rester bien sagement à attendre que son pseudo-futur maître décide d'arrêter de faire le mariole, parce que dans l'histoire, c'est clairement lui qui l'est, il l'voit qu'est en train de se désintéresser complètement de lui. Ça l'rend fou.

Il essaye de passer outre. En vain. Dieu, ce qu'il est chiant cet homme. Il pose le haut de son crâne contre la balustre en essayant de se rappeler qu'un peu moins d'une heure auparavant, il gambadait, dans la prairie d'un jardin à côté. En s'disant ça, en essayant de se rappeler des odeurs de la verdure et de l'air "frais" du matin, il se prend à en vouloir à mort à son agresseur. Piqué au vif, il balance ses deux pieds joints dans l'carton qu'il tient, par en-dessous et en fait valser plus de la moitié dans l'vent.
C'est en voyant les feuilles qui s'envolent qu'il prend conscience, non pas de son acte, mais des conséquences qui risquent d'être désastreuse.
A défaut de pas pouvoir lui foutre une tarte car il est ligoté, ses pieds sont ses seuls membres encore libres de leurs mouvements.

- Pfiou. Ca v'nait du coeur, ça, souffle t-il en feignant d'être amusé.

En fait, il vient de se rendre compte qu'il fallait peut être pas faire ça. Par réflexe, il se recroqueville dans un coin, n'osant plus lui jeter autre chose que de simples regards en coin. Puis, merde, qu'est ce qui peut être pire que la douleur qui le ronge de l'intérieur ? Faut qu'il trouve quelque chose... un truc, pour s'défaire de cette merde qui va le rendre infirme. C'est là qu'il sent quelque chose de froid sous son fessier.. un petit rectangle glacial qui se fait sentir, comme posé là par le destin. Sa "lame."
Son coeur commence à s'affoler contre sa poitrine. Il relève les yeux droit devant lui, comme s'il venait de se rendre compte de quelque chose d'existentiel.

Ses doigts se tendent douloureusement dans son dos, alors qu'il les sent à peine et que le simple fait de faire ça réveille des douleurs qui étaient en train de pourrir au creux de sa main. C'est tellement serré... ça lui donne le tournis. Puis il sait même pas si c'bordel va réussir à l'libérer de quoi que ce soit. D'aventure, ça lui est déjà arrivé: y suffit qu'il regarde un peu Michal pour faire comme si de rien n'était, puis l'homme sera plus concentré sur ses yeux que c'qu'il est en train de faire. Mais ça, tout le monde sait que c'est du chiqué. Les menteurs nés savent où mettrent leurs yeux.

- J'irai chercher votre carton, vous en faites pas va.

Sa voix est chaude alors qu'elle doit être un tantinet maussade - au moins pour lui faire croire qu'il a peur. Mais non, non. Non non, pas du tout. Lâchant un soupir affreusement las, du genre "haaaaaan", il claque sa langue contre son palais, et se redresse un chouia pour pouvoir faire glisser le métal au creux d'sa paume. Il a du oublier que le support avait du rentrer dans l'nez de Michal avant d'faire son vol plané. Putain, ça, ça doit faire mal. Putain d'mal. Il tente un regard vers lui en mode discretos - j'suis innocent, me tuez pas - avec l'air aussi indifférent que possible.

- Hm.

Il s'apprête à dire une connerie mais la ravale immédiatement. Déjà qu'le ciel est en train de pleurer un bout de carton et un feutre... fuck damn. Il sent qu'il va devoir guetter la meilleure position pour passer le restant de la nuit à la balustre. A moins que.. à moins que c'bout de métal se revèle plus utile que prévu.


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Tortionnaires Personnels
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Re: Crowd-pleaser
Jeu 6 Déc - 9:44


    C'est moins douloureux que ça n'est surprenant. Tu t'y attendais pas, à cette ruade sortie de nulle part qui envoie valser le carton dans ta face. Il te tape dans le nez et, dans le coup, t'en perds feutre et bouchon, tu fermes instinctivement les yeux et te figes en réaction.

Ça te court-circuite la tête quelques secondes. Tu restes bête, les mains hautes, sans réaliser qu'elles sont vides, le menton relevé, une grimace profonde imprimée sur tes traits.

T'as pas l'impression d'avoir mérité ça, franchement. T'as pas l'impression de l'avoir cherché non plus. T'as l'impression que c'était purement gratuit et, le problème, là, tout de suite, c'est que Melvin Meyer vient encore de gâcher une opportunité. Oh, tu n'aurais pas été mauvais avec lui, ce coup-ci : est-ce que tu avais l'air de préparer un mauvais coup ? Est-ce que tu avais l'air de comploter contre lui ? Pourquoi... ? Pourquoi est-ce que ce pett bâtard s'en prend à toi quand, très justement, tu retrouves ton calme ?

C'est un véritable couteau dans le dos — un véritable coup de pied dans le ventre : qu'il ait délibérément frappé dans le carton, c'est comme s'il t’avait délibérément touché, toi. C'est peut-être pire, même. Et tu ne prends pas vraiment le temps d'en comprendre les raisons — peu importe : il vient de perdre plus qu'il ne pense.

Tu rouvres les yeux rapidement et reprends le dessus sur l'effarement : tu t'attrapes l'arête du nez, délicatement, et te verses la tête en arrière sur le dossier. Tu soupires — Pfiou, ça v'nait du coeur, ça, et pour toi aussi, ça vient du coeur : tu veux plus l'entendre, ce clébard ; tu veux plus le voir, tu veux plus que sa respiration polue ton air.

T'es terriblement las et tu te contiens, pressant tes doigts sur les deux faces de l'os pour ravaler la migraine atrabilaire qui tambourine sous tes yeux — tu sens les petits nerfs de tes paupières tiquer et tu sais, là, que si tu bouges, si quoi que ce soit bouge, c'en est fini des enfantillages et autres niaiseries.

Fin de jeu, donc. Melvin aurait dû profiter de la pause pour ajuster sa stratégie, mais c'est un enfant, décidément, un véritable enfant qui ne sait pas quand s'arrêter. Il gâche tout. Il gâche vraiment tout — mais, le pire, c'est qu'il se gâche lui-même et te retires l'honneur de le faire. Tant pis, que tu te dis, expirant mentalement, redescendant vivement la main pour la faire claquer sur ta cuisse, tant pis : il a perdu ton intérêt pour la partie.

Les épaules encastrées dans le cuir, tu rabaisses la tête et le dévisages, désapprouvant totalement son attitude. Il y a de ça une minute, tu l'adorais ; quelques minutes encore avant, il te dégoûtait. Là, il t'ennuie et le gris intense de tes yeux le plaint : pauvre Melvin. Pauvre, pauvre, pauvre Melvin. Il n'a rien compris. Il n'a vraiment rien compris. Il se met en échec avant même d'avoir eu le dossard ; il est pas taillé, ce bouffon, pour courir les même courses que toi.

Tu vas pas t'emmerder longtemps avec lui — parce que c'est ça qui se passe : c'est toi qui te fais emmerder, là, et pas l'inverse. T'oublies déjà le carton, sur lequel on peut lire le début d'un mot, d'un nom, d'une information qui aurait pu lui servir mais qui se retrouve indéchiffrable, et te reconcentres sur lui. Tu le vois qui peine, évidemment, et tu le vois qui trafique, mais tu t'en branles. Honnêtement, tu te branles de tout, maintenant.

Tu te relèves, prompt et vif, habité par l'élan d'une grande prise de décision. Sans rien dire, tu rejoins la porte. Tu récupères le balais en bois, que tu soupèses négligemment dans ta paume, puis le pan de tissu retenu par le fauteuil. Le premier, tu le fais glisser jusqu'à la tête de la brosse et le retiens fermement à l'horizontale. Le second, tu te l'enroules autour du bras jusqu'à voir le martyr s'étrangler. Là, tout près de lui, le surplombant, t'as l'air d'un maître chien mécontent. Le chien sait déjà qu'il a fauté. Tu le vois prêt à aboyer et se raviser — vaut mieux, franchement : t'es dissuasif, d'un coup, à la fois dans la manière que t'as de te tenir et dans celle que t'as de le regarder. Toi aussi t'as l'air bien indifférent.

« Tes jambes. »

Tu l'incites, d'un petit coup de la pointe du manche sur la rondeur de sa cuisse, à les déplier. T'es déjà saoulé qu'il réagisse pas immédiatement — pour pas te gonfler, dans cette situation, faudrait qu'il devine ta pensée avant que tu la penses. T'en as tellement marre de parler que tu te donnes pas vraiment la peine d'articuler.

« Allez, Monsieur Je-sais-tout. Puisque tu sais tout, tu dois bien savoir quand même que t'es dans un genre de super paradis SM et que personne va venir sauver ton gros cul. Tes jambes » que t'insistes, la voix plus dure, « s'il-te-plait. »

Tu relèves le manche, suivant la moindre de ses gesticulations d'un mauvais oeil. Tu désapprouves encore, secouant faiblement la tête de droite à gauche, et on dirait que t'es contraint d'agir. C'est vrai : c'est lui qui t'oblige. Il comprend pas la gentillesse.



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Re: Crowd-pleaser
Jeu 6 Déc - 10:56


Crowd-pleaser.



Il est calme. C’est flippant. Il est tellement calme. C’est son silence qui est plus hard que sa folie en fait: c’est en lui qu’elle se complaît et se protège. Un petit cocon de soie que Melvin n’arrive pas à apprécier. La lame dans sa main lui scie légèrement la peau: il avait zappé qu’il l’avait assez bien taillé pour qu’elle soit un minimum aiguisée et utile. Ça va être plus dur que prévu. Même s’il libère ses mains, son cou est toujours pris aux pièges.

Ce détail la, est devenu futile le temps d’un instant, alors que dans sa maigre espérance vaine, il pensait pouvoir trouver un peu de réconfort. À présent, la moitié de son corps est paralysé. Les vaisseaux sanguins coupés par les liens, le font frissonner et l’intérieur de son être tout entier devient plus réceptif encore à la douleur. Elle est devenu lourde et pesante. Il la sent à peine, ne serait-ce que par le biais de sa respiration sifflante qui s’est renforcée ainsi par le chaos qui s’installe dans son esprit: la menace est proche.

C’est plus qu’une certitude. Michal se relève, il le suit de ses yeux clairs.. presque innocents,traversés par autant de clarté que ceux d’un ange qui découvre le monde. Pourtant, ceux ci sont également creusés par des cernes, qui creusent ses joues à leurs tours et lui donnent un air affreusement pâle. Dieu, ce qu’il est fatigué.

Il pense à un matelas moelleux, à la douceur du coton, à la finesse du drap. Il pense à l’eau glaciale coulant au fond de sa gorge, et a la saveur d’un raison entre ses dents. Tout ça.. ce n’est pas fini. Mais Michal semble être d’un autre avis : pris par surprise, ses yeux s’étant fermés tout seuls par la fatigue, il se retrouve subitement à s’étrangler.

Putain. Il inspire en vain, ne se privant pas de le montrer en émettant des rames silencieux. Par réflexe, il se débat, tendant les bras en arrière pour chercher la lame - Et vérifier qu’elle n’est pas retombée. Puis finalement, il le retrouve dans sa main et le serre jusqu’à ce qu’elle coupe sa paume assez fort pour lui rappeler qu’il est toujours là, avec lui même.

Le balais tapant contre sa cuisse lui fait crisper la mâchoire: il connaît la tactique, ils vont se déplacer. Va savoir où, mais vu le silence flippant de Michal, ça va pas lui plaire. Il se retrouve redressé, le dos tendu, la tête balancée en arrière - accroché au pan que le tortionnaire tend et immobilise au bout de son bras.
Le visage de Melvin vire au violacé : la douleur se lit sur son faciès à travers des traits fins, déformés par la colère.

- Vous allez m’faire quoi ?

Il essaye de garder contenance, mais c’est à peine s’il croit en l’utilité de sa question. Il aimerait gémir parfois, oh oui, il aimerait - juste histoire qu’on ait pitié. Seulement ça c’est pas Melvin. Melvin c’est l’mec qui sait tout de ce qu’il veut, et en même temps absolument rien.
Docile, soumis à la peur de se faire arracher l’cou, il tend ses mains, persuadé que dans moins d’une minute, il va se relever, pouvoir marcher un peu, avant d’être rassit. Il le sait.

Michal le sait aussi.
Jamais il ne le laissera partir.
Du moins, pas après ce qu’il vient de faire.


- J’suis désolé, ok ?

Ouais il est désolé. Désolé d’être aussi con. Il a bien envie de lui demander, avec le ton le plus suppliant du monde, d’le laisser en vie. Parce qu’il veut pas mourir.
Mais ça serait mentir. Au fond. Bien au fond.

Parfois il tente de s’assurer que non - Que c’est passager, que c’est impossible de penser ça, encore ça, après tout ce temps, sans n’avoir rien fait.

Puis, en fin d’compte. Sérieusement.
C’boulot. C’est pas à Michal de le faire.


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Re: Crowd-pleaser
Jeu 6 Déc - 13:41


    Impassible, tu le regardes se défigurer. C'est fou comment tu peux être insensible à la détresse et l'être affreusement au moindre petit mot de travers — non, c'est pas si fou que ça : suffit de s'aimer plus qu'on n'aime les autres. T'es quand même capable de te faire remarquer que le violet lui va bien : ça fait ressortir le bleu de ses yeux assez salement, et le rouge aussi, en petits éclairs très fins, qui lui zèbrent le globe. Un peu comme les éraflures sur une bille, que tu te dis, immobile devant ce tableau grotesque. T'es un iconoclaste, toi, en fait. La beauté des choses, tu ne la vois que lorsqu'elles sont brisées.

Mais Melvin n'en est pas encore à se briser. Tu vas lui faire quoi ? Il fait bien de se le demander, et mal de le faire à haute voix. T'es excédé de l'entendre, sa voix. Son petit ton qui n'en est pas, sa formulation qui n'en est pas, sa question qui n'en est pas non plus… putain, ça te tape dans l'oreille et tu te démontes pas.

Tu vas lui faire quoi ?
Quoi ? Quoi ? Quoi ? Quoi ?
T'es capable de quoi ?
C'est qui le sale con ?
Il va faire quoi ?
QUOI ?


Tu vas être honnête, pour lui montrer que tu sais l'être. T'es un leader magnanime, quand l'heure n'est plus aux petites blagues inappropriées. Tu lui réponds froidement.

« Te péter les chevilles. »

Il s'excuse, et ça recouvre facilement ta voix — tu parles bas. Ça t'irrite, ça aussi : ce manque de respect total, cette précipitation à utiliser sa langue et à baver n'importe quoi pour peu que ça touche un peu la cible. Tant pis s'il atteint pas le coeur : il veut juste te faire reculer, hésiter, te trahir, renoncer. Ça ne marchera pas : tu te ravises jamais, toi. Faut aller te chercher, lutter, se faire mal et être sûr de soi pour t'arrêter.

Tu fais pivoter le bois dans ta paume et la matière siffle, souffle, frotte bruyamment sur ta peau. Tu gères ton impatience. Il est lourd, ce con ; il te force tellement à prendre sur toi. Tu sais pas pourquoi tu t'emmerdes autant avec lui — t'aurais dû te questionner avant ; maintenant, c'est trop tard : tu te raviseras pas. Tu lui as déjà donné plus que ce que tu dois. Il est tant de prendre ce qu'il ne t'offre pas. Il t'appartient, après tout. S'il le voulait pas, alors c'était à lui de mieux se questionner avant. Vous allez plonger ensemble, pour le même manque de raisonnabilité. Il veut te rendre dingue mais, pour ça, va falloir qu'il le devienne lui-même.

Tu sais très bien qu'il n’est pas désolé. Et c'est pas sa petite face de Candide qui va te tromper. T'es pas naïf. T'as des valeurs, même si tu les caches, et prétendre être désolé, sans savoir pourquoi et en ayant malgré tout fait, n'en fait pas partie. On n'est pas très bien éduqué, dans ton pays, mais on travail dur. Se faire pardonner est le plus long de labeur : on sait, dans les Balkans, que demander pardon à un vase cassé ne le recolle pas.

« Prouve-le », que t'ordonnes, sèchement, le regard appuyé dans le sien. Il baissera ou fermera les yeux avant toi. D'une manière ou d'une autre.

Il n'arrivera pas à te prouver à quel point il est désolé, c'est une évidence. Sa parole n'est pas d'or, contrairement à la tienne. Supplier et implorer ta pitié ne marchera pas, s'il s'y abaisse: maintenant que t'as dit que tu allais lui péter les chevilles, c'est très exactement ce qu'il va se passer. D'une manière ou d'une autre — il aurait mieux fait de pas demander : ça l'a condamné.

Tu cognes le manche par terre, désignant un morceau de carrelage. Tu tires, d'un mouvement simple de la main, sur le collet pour lui scier plus fort la gorge — lui sous-titrer des larmes, ce serait vraiment très laid — et détends instantément la pression.

« Tes jambes ! »

Tu montres les dents, pressé. Tu cris pas, non : ça te vient de la gorge et, plus tu t'énerves, plus ton accent adriatique revient, sussuré et sulfurisé.

Tu perds patience : s'il est désolé, qu'il te le prouve en acceptant d'être estropié.  



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